Améliorer le financement du commerce en Afrique : la BAD soutient les initiatives dédiées

28/05/2015
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La Banque africaine de développement (BAD) apporte son concours aux initiatives destinées à améliorer le financement du commerce sur le continent. Non seulement la Banque finance des activités commerciales et des projets visant à faciliter le commerce, mais elle mène également des études pour identifier les entraves qui se posent aux échanges commerciaux et pour y apporter des solutions.

Mercredi 27 mai 2015, au troisième jour des 50es Assemblées annuelles de la BAD, qui se déroulent à Abidjan en Côte d’Ivoire, une session s’est tenue, intitulée « Financement du commerce en Afrique – les prochaines étapes ». A cette occasion, Issa Faye, directeur de division du Département de la recherche de la Banque, a exposé les conclusions de l’institution sur le commerce. Selon celles-ci, la BAD a fourni à ce jour pas moins de 10 milliards de dollars de financement en faveur de la facilitation du commerce sur le continent.

Issa Faye a indiqué que, dans le cadre de l’étude, la Banque a sollicité 900 banques commerciales pendant une année et que 275 d’entre elles, actives dans 25 pays, y ont répondu.

L’étude a permis d’identifier les lacunes de financement du commerce en Afrique, qui se mesurent en milliards de dollars – indiquant qu’environ un tiers des pays d’Afrique appliquent des taux d’intérêt de plus de 10 pour cent sur les crédits commerciaux offerts sans garantie souveraine et qu’ils imposent des exigences en matière de garanties sous la forme de liquidités représentant jusqu’à 50 pour cent de la valeur des prêts.

De plus, dans le cadre de l’objectif d’amélioration du commerce sur le continent, la BAD renforce actuellement les capacités des banques locales et leur fournit des financements, a déclaré M. Faye.          

Au cours des observations qu’il a formulées, Jean Louis Billon, ministre du Commerce de la Côte d’Ivoire, a fait ressortir que l’intérêt du reste du monde pour l’Afrique était dû à sa croissance et que cet intérêt devrait être perçu comme un avantage et non comme un risque. Selon lui, l’Afrique doit transformer cette croissance en croissance inclusive, car le continent dispose de moteurs de croissance diversifiés.

Reconnaissant que les secteurs des infrastructures et de l’énergie en Afrique présentent des lacunes qui entravent la croissance, il a indiqué que, pour stimuler la croissance, il est nécessaire d’investir dans la construction de barrages et de routes et d’assurer la fourniture d’électricité.

« Pour réussir, nous devons devenir un continent qui non seulement produit, mais transforme également », a-t-il indiqué, tout en lançant un appel pour que l’Afrique ait son mot à dire dans le commerce international, un aspect qui, selon lui, ne devrait pas nécessairement relever du protectionnisme.

Benedict Oramah, vice-président d’Afreximbank, a déclaré que les financements des importations sur le continent ont augmenté entre 2000 et 2013, et qu’Afreximbank a fourni environ 40 milliards de dollars pour combler les lacunes de financement dans ce secteur.

Il a également partagé l’expérience de son institution dans le financement du commerce en donnant pour exemple le financement de la mise en place d’une usine de transformation du cacao en Côte d’Ivoire.

Sebastain Ashing-Katai de l’Ecobank a souligné qu’une partie des difficultés du financement du commerce est due à un manque d’informations, mais il a déclaré qu’Ecobank s’emploie actuellement à résoudre ce problème.

Parmi les panélistes figuraient Mustapha Sow de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et Florian Witt, directeur général et responsable de Commerzbank pour l’Afrique.


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