La BAD soutient une extension de l’accès à l’électricité en Guinée, en Guinée-Bissau, en Gambie et au Sénégal

01/10/2015
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La Banque africaine de développement a approuvé, le mercredi 30 septembre, un programme de soutien de 121,5 millions d’euros [1] à l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG) devant servir à améliorer l’accès à de l’énergie propre, renouvelable et abordable en Gambie, en Guinée, en Guinée-Bissau et au Sénégal.

Dans la région couverte par l’OMVG, l’approvisionnement électrique est limité, peu fiable et onéreux. Les taux d’accès y sont de 12 % en Guinée, 19 % en Guinée-Bissau, 35 % en Gambie et 60 % au Sénégal. Cette situation fait peser un lourd fardeau sur des consommateurs habitant dans des zones à fort chômage, et elle réduit les perspectives de création de nouvelles entreprises dépendant de l’électricité. Le projet a pour objectif de porter, d’ici à 2020, le taux d’accès à l’électricité à 20 % en Guinée, 42 % en Gambie, 65 % en Guinée-Bissau et 75 % au Sénégal. De plus, le recours élevé à l’électricité d’origine thermique - 100 pour cent en Gambie et en Guinée et 90 pour cent au Sénégal - entraîne des coûts considérables de production électrique et comporte des incidences négatives pour l’environnement.

Le projet énergétique de l’OMVG vise à réduire ces contraintes d’approvisionnement électrique par la construction du barrage hydroélectrique de Sambangalou, dont la puissance installée sera de 128 MW, et par l’établissement d’un réseau interconnecté d’évacuation d’énergie comportant 1 677 km de lignes haute tension de 225 kV, 15 stations de transformation haute tension/moyenne tension, et deux centres de répartition de charges. La Banque fournira également des services de gestion et d’appui institutionnel au projet.

Évoquant la décision d’approbation, Alex Rugamba, directeur du Département de l’énergie, de l’environnement et du changement climatique à la BAD, a dit de ce projet qu’il «contribuera à établir non seulement l’ossature infrastructurelle nécessaire à la production électrique régionale du Bassin du fleuve Gambie, mais également une ossature pour le marché électrique régional étendu de l’Afrique de l’Ouest. L’intégration progressive de réseaux nationaux isolés dans un système d’interconnexion unifié contribuera à rendre l’électricité plus accessible, fiable et abordable pour les habitants de la région».

Le réseau de l’OMVG jouera un rôle important à l’intérieur du pool énergétique de l’Afrique de l’Ouest par le fait de connecter le réseau existant de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal, au nord, et le réseau Côte d’Ivoire-Libéria-Sierra Leone-Guinée, à l’est.

Ce projet multidonateurs de 937,5 millions d’euros est également soutenu par la Banque européenne d’investissement, l’Agence française de développement, la Banque allemande de développement, la Banque islamique de développement, l’Agence japonaise de développement international, le Fonds Koweïtien pour le développement économique arabe, la Banque de développement de l’Afrique de l’Ouest, la Banque mondiale, la Banque chinoise d'import-export (« China Exim Bank ») et les gouvernements de la Gambie, de la Guinée, de la Guinée-Bissau et du Sénégal.


[1] Taux de l’unité de compte (UC) (en sept. 2015) : 1 UC = 1,25172 EUR