Côte d’Ivoire - La BAD accorde 28,92 millions de dollars pour doper l’emploi et la formation des jeunes

11/12/2013
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La Banque africaine de développement (BAD) a signé un accord de prêt de 21,34 millions de dollars EU, ainsi qu’un protocole d’accord de don d’un montant de 7,56 millions de dollars EU, tous deux relatifs au programme d’appui à l’amélioration de l’employabilité et de l’insertion des jeunes, que le Conseil d’administration de la Banque a approuvé le 4 décembre 2013.

« Cette cérémonie marque l’aboutissement d’un processus entamé en avril 2013, lors de la préparation de la Stratégie d’intervention de la Banque en Côte d’Ivoire pour la période 2013-2017 », a précisé Agnès Soucat, directrice du Département du développement humain de la BAD, lors de la cérémonie de signature. « Le développement d’un système éducatif flexible et réactif aux besoins du marché du travail est indispensable pour améliorer l’employabilité et réduire les risques de chômage qui touchent de nombreux jeunes Ivoiriens », a-t-elle ajouté.

Quelque 772 000 jeunes Ivoiriens, âgés de 15 à 34 ans, sont actuellement au chômage, et près de la moitié d’entre eux ne disposent d’aucune qualification. L’année 2012 a enregistré un taux de chômage des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle, de 38 % et 23% respectivement, contre une moyenne de 12 % pour l’ensemble des jeunes. Sans compter que près de 27 % des entreprises locales considèrent que la pénurie d’une main-d’œuvre de qualité freine leur compétitivité – un taux bien supérieur à la moyenne de 20 % pour la zone de l’union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Ce programme d’appui à l’amélioration de l’employabilité des diplômés de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur, et à l’insertion des jeunes au chômage (PAAEIJ) entend soutenir le gouvernement de Côte d’Ivoire dans ses efforts entrepris pour faire du développement des compétences et de la promotion de l’emploi les fondements d’une croissance économique soutenue et inclusive, conformément aux objectifs fixés dans le Plan national de développement (PND) 2012-2015. Il contribue notamment aux politiques de réformes que le gouvernement poursuit fermement pour améliorer la pertinence des formations, la gouvernance du secteur de l’éducation et offrir des opportunités d’emploi aux populations vulnérables.

Octroyé en deux tranches pour les années 2013 et 2014, le PAAEIJ permettra de favoriser : (i) l’implication du secteur productif dans les formations, avec la mise en place d’instances paritaires de pilotage public-privé, et d’incitations, avec la révision de la politique des bourses, pour orienter les étudiant(e)s vers les filières prioritaires ; (ii) une meilleure évaluation de la pertinence économique des formations, grâce à la mise en place de dispositifs de suivi de l’insertion professionnelle dans trois établissements de formation professionnelle ; (iii) l’institutionnalisation de l’assurance qualité et l’amélioration de la gouvernance dans l’enseignement supérieur, avec des contrats de performance conclus entre l’Etat et les universités publiques ; (iv) l’opérationnalisation de la politique nationale de l’emploi et la création d’emplois directs pour 2000 jeunes non qualifiés, dont 40 % de filles au moins ; et (v) l’amélioration de la coordination sectorielle, à travers l’établissement d'un processus de coordination entre les trois ministères de l’Education, de la Formation et de l’Emploi

Ces orientations sont dans la droite ligne de celles définies dans la Stratégie de la Banque pour la période 2013-2022, ainsi que dans la Stratégie du capital humain 2014-2018 en cours de préparation, dont le premier pilier est axé sur le développement de compétences pour l’emploi et la compétitivité. Le PAAEIJ concrétise également le nouveau modèle d’éducation en Afrique (NEMA) que la Banque préconise pour relever le défi de l’employabilité et de l’emploi des jeunes, grâce au développement des compétences et des technologies.

« Les présents concours financiers permettront au gouvernement ivoirien de poursuivre ses efforts, afin d’offrir des opportunités d'insertion aux chômeurs de longue durée, par le soutien à l'opérationnalisation de la politique nationale de l'emploi et à la création d'emplois pour les jeunes vulnérables », a déclaré Idrissa Bayo, ambassadeur de la République de Côte d'Ivoire près la République de Tunisie, se félicitant de la solidarité de la communauté financière internationale, plus particulièrement celle de la Banque, à l’égard de la Côte d’Ivoire.

Le PAAEIJ vient compléter les appuis que la Banque a déjà apportés à la Côte d’Ivoire, avec huit opérations dans le secteur social depuis 1979. Ce programme constitue le premier appui budgétaire sectoriel en Côte d’Ivoire et la neuvième opération de la Banque dans le secteur social.