La BAD va soutenir des initiatives communautaires en matière de soins de santé en Afrique

27/08/2016
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La Banque africaine de développement (BAD) s’est engagée à fournir l’appui technique et financier nécessaire au lancement d’initiatives communautaires en matière de santé à travers l’Afrique. Cet engagement a été pris au cours de la Sixième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD VI), qui s’est tenue à Nairobi.

Intervenant devant la Conférence, le président de la BAD, Akinwumi Adesina, a déclaré que le lancement d’initiatives sanitaires communautaires comme celles qui ont été mises en œuvre au Rwanda pourrait être reproduit dans d’autres pays pour améliorer les résultats dans le domaine de la santé.

Le Rwanda a déployé un système de soins de santé innovant dans le cadre duquel des agents de santé sont à la disposition de communautés, tout en assurant la distribution de moustiquaires pour prévenir l’apparition de maladies. 

Ce système prévoit également une stricte réglementation des médicaments afin de prévenir les risques dans ce domaine.

« Nous avons à renforcer la réglementation contre l’usage de médicaments contrefaits, et je parle ici en connaissance de cause, car j’ai perdu des parents qui ont utilisé des médicaments contrefaits », a déclaré vendredi le président Adesina au cours d’une table ronde de haut niveau sur la « Couverture sanitaire universelle en Afrique » tenue vendredi lors du sommet de la TICAD. « Il y a un manque d’agents de santé qualifiés. Nous avons à travailler pour combler ces lacunes en renforçant la réglementation ».

Évoquant les investissements sanitaires requis pour prévenir toute répétition d’épidémies catastrophiques, comme la récente épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, le président Adesina a souligné que le débat sur la réalisation de la couverture de santé universelle joue également un rôle important pour l’éradication de la pauvreté.

« Ce débat est important parce qu’il nous permet de progresser sur le Programme de développement durable. L’Afrique a absolument besoin d’assistance. L’Afrique a fait des progrès formidables dans la lutte contre la mortalité infantile et maternelle, mais l’incidence du paludisme est en hausse », a dit M. Adesina.

Il a d’autre part déclaré qu’il était vital pour l’Afrique d’assurer l’égalité en matière de croissance économique, car on y a enregistré un déclin de la qualité de la vie, mesurée par l’espérance de vie, laquelle a baissé de 13 ans. En revanche, d’autres pays, comme le Japon, ont enregistré des gains sur le plan de l’espérance de vie, et ces gains sont liés à la qualité des soins de santé.

« La personne humaine doit être placée au cœur du développement. Il est crucial de toucher les gens dans leur vie », a souligné M. Adesina au cours de la discussion, à laquelle assistaient plusieurs chefs d’État.

M. Shinzo Abe, Premier ministre japonais, qui était aussi présent à cette table ronde, a déclaré que son pays investirait dans le renforcement des capacités et les moyens dont dispose l’Afrique pour réagir aux épidémies.

« Le Japon a démontré qu’il était capable de prendre des mesures de prévention pendant des épidémies. Au cours de la dernière épidémie de fièvre jaune, nous avons dépêché des équipes d’intervention au Congo pour aider à contenir l’épidémie », a déclaré M. Abe devant des ministres de la Santé et des chefs d’agences internationales.

Le Premier ministre japonais a ajouté que, outre l’assistance à l’élaboration de politiques, son pays appuierait la formation de personnel.

« Travaillons ensemble pour une Afrique plus résiliente », a-t-il dit.

Les responsables japonais se sont engagés à consentir des fonds au renforcement de capacités rendant possible la détection d’épidémies, et à aider des pays à appliquer des mesures et des directives susceptibles de créer un cadre d’action conjoint face à toute épidémie, a ajouté le Premier ministre Abe.

Au cours du sommet, le ministre japonais de la Santé, du Travail et du Bien-être social, M. Yasuhisa Shiozaki, a annoncé que le Japon ferait une contribution de 1,1 milliard de dollars EU aux institutions mondiales de la santé, en accordant notamment 50 millions de dollars EU à l’Organisation mondiale de la santé. Ces fonds seront canalisés également par le Mécanisme de financement d’urgence en cas de pandémie de la Banque mondiale. Ce mécanisme a été mis en place par la Banque mondiale pour servir de canal aux mesures de financement destinées à faire face à l’apparition d’épidémies, et pour fournir des financements appuyant les efforts entrepris en vue de mettre en place des dispositifs de réaction rapide aux épidémies.

Le ministre japonais de la Santé a dit que ces fonds permettraient à des institutions mondiales d’être mieux à même d’affronter des épidémies en Afrique. Les représentants japonais au sommet ont indiqué que l’offre de ces fonds s’inspirait d’un esprit de solidarité avec l’Afrique.