Le Forum de la BAD sur les transports se penche sur des solutions durables pour l’intégration du continent

26/11/2015
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Le tout premier Forum sur les transports, organisé par la Banque africaine de développement (BAD) a donné lieu dès son ouverture, le jeudi 26 novembre au siège de la Banque à Abidjan, à des débats animés sur l’adoption de solutions durables aux problèmes qui se présentent en matière de transport et d’intégration en Afrique.

S’exprimant à la séance plénière, le vice-président de la Banque pour les infrastructures, le secteur privé et l’intégration régionale Solomon Asamoah, a passé en revue un tableau de la situation des infrastructures en Afrique. Il a évoqué la croissance économique sans précédent qu’a récemment connue le continent ainsi que sa dynamique, en soulignant que l’Afrique avait besoin de politiques appropriées pour résoudre ses problèmes de transport. 

« Le continent africain compte un grand nombre de pays enclavés pour lesquels l’accès à l’économie mondiale est vital. Cependant, les infrastructures de transport actuelles ne suffisent pas pour répondre à leur demande, aussi bien en termes de qualité que de quantité », a-t-il dit. « Cette situation continuera à exercer un impact négatif sur les efforts du continent pour parvenir au degré de croissance socioéconomique souhaité et assurer l’inclusion sociale ».

Pour Asamoah, le défi à relever n’est pas seulement financier : la participation pleine et entière du secteur privé s’impose également. Il a rappelé le rôle de premier plan que la BAD et d’autres institutions internationales de développement jouent en appuyant des pays africains dans leurs efforts pour mobiliser des ressources et accroître les investissements en infrastructures de transport. Néanmoins, le déficit de financement demeure énorme et l’aide publique au développement (APD) ne suffira pas à elle seule pour le combler, a-t-il insisté. Le vice-président Asamoah a également invité les experts présents au Forum à formuler des politiques et des programmes futurs susceptibles d’amener un développement durable de moyens de transport au sein d’une Afrique intégrée. « En l’absence de politiques appropriées, aucun volume de ressources ne sera suffisant pour régler le problème des transports de l’Afrique », notera-t-il.

M. Asamoah a souligné la volonté de la BAD d’appuyer le développement général des infrastructures de transport, et de promouvoir des moyens de transport durables et l’intégration régionale. Dans ce contexte, il a réaffirmé le souci de la Banque de promouvoir des partenariats public-privé et d’encourager l’harmonisation de législations nationales afin de catalyser le développement de moyens de transport durables dans la région.

Les gouvernements et le secteur des transports doivent travailler ensemble

L’importance sociale et économique des transports figurait également à l’ordre du jour de la première table ronde du Forum axée sur le thème « Transports : nouveaux  défis pour l’ Afrique ». Les panélistes se sont penchés sur le rôle de l’innovation pour le transport commercial routier et ferroviaire et pour le frêt aérien et le transport de passagers, ainsi que sur les moyens pour les gouvernements et les compagnies aériennes d’harmoniser leurs pratiques et services afin que les Africains puissent voyager en toute sécurité dans des  aéroports fonctionnels.

Gaoussou Touré, ministre ivoirien des transports, Mamadou Machim Koumaré, ministre malien de l’équipement et des transports ; Paolo Ciccarelli, commissaire européen à la coopération internationale et au développement ; Raphael Kuuchi, vice-président de l’Association du transport aérien international (IATA), et René Décurey, directeur général d’Air Côte d’Ivoire, ont également discuté de la situation actuelle du transport aérien en Afrique et du marché international du transport routier. Tous ont souligné le rôle des infrastructures routières pour le développement socioéconomique de l’Afrique.

Ils ont fait ressortir qu’en dépit de la libéralisation du ciel africain, il n’y a pas une pléthore  de compagnies aériennes et de concurrents, car les impôts, le coût des billets et les frais de carburant sont élevés en Afrique. Un autre élément dont l’importance a été soulignée pour le développement durable et l’intégration, concerne  le renforcement des capacités des acteurs et des opérateurs des secteurs des transports.

Les représentants des gouvernements et des opérateurs aériens ont fait état des perspectives offertes par le développement des transports en Afrique et des avantages éventuels à tirer de l’intégration régionale, mais ils ont souligné la nécessité d’un renforcement de la coopération et d’actions vigoureuses. Pour que le transport aérien africain puisse devenir concurrentiel, ont-ils dit, il sera nécessaire d’engager des investissements adéquats en infrastructures de transport, de mettre fin au monopole des prestataires de services aéroportuaires, de réduire le niveau des prix du carburant et des taxes, et aussi de rendre moins onéreux les billets et les frais associés aux déplacements par avion.

Mouvements des biens et des personnes

Le manque d’infrastructures appropriées et l’application de barrières réglementaires dressent de tels obstacles au mouvement des biens et des personnes sur le continent qu’il est souvent plus facile pour des pays africains de commercer avec le reste du monde qu’avec leurs voisins.

La conférence, qui s’achève vendredi, réunit de hauts fonctionnaires, des experts, des partenaires au développement, des organisations internationales, des représentants du secteur privé et de l’université, des ONG et d’autres parties prenantes sélectionnées.

Pour plus de précisions sur la conférence : http://www.afdb.org/atf2015

Hashtag : #2015ATF