Conférence sur le climat en Afrique : vibrant plaidoyer de la BAD pour un savoir climatique “made in Africa”

25/10/2013
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La Conférence annuelle sur le climat en Afrique (CCA 2013), qui s’est tenue à Arusha, en Tanzanie, du 15 au 18 octobre 2013, avait pour thème “ L'Afrique dans la course : les opportunités du changement climatique peuvent-elles conduire le continent vers un développement transformatif ?”.

Parrainé par la Banque africaine de développement (BAD), l’évènement vise à rapprocher la production de savoir sur le climat et les besoins des usagers de l’information – une information qui soit à la fois à jour, fiable et prévisionnelle.

Institution experte en changement et finance climatiques sur le continent, la BAD avait pour rôle, durant cette conférence, de fournir les éléments nécessaires à l’élaboration d’un programme de recherche sur le climat. Ce programme est destiné à combler le fossé existant entre recherche sociale et recherche biophysique, ainsi qu’entre recherche et applications, afin de mieux faire correspondre les résultats de la recherche avec les besoins des usagers.

Aussi la BAD a-t-elle organisé une session spéciale lors de la conférence, afin de partager les enseignements retenus et son expérience s’agissant de l’intégration de l’information climatique dans les processus nationaux de planification du développement. La Banque a mis en exergue le travail abattu par l’équipe chargée de la finance climatique, au sein de son Département de l’énergie, de l’environnement et du changement climatique, pour concevoir, en collaboration avec le Département de l’agriculture et de l’agro-industrie, des programmes pilotes de résilience climatique (dit PPCR en anglais). En Afrique, ces programmes ont notamment été élaborés pour le Niger, le Mozambique et la Zambie.

Cette session a été l’occasion, pour le public de la conférence, de comprendre la façon dont l’information climatique a été intégrée dans les programmes stratégiques de résilience climatique des trois pays africains suscités. Avec l’appui du PPCR, le Mozambique, le Niger et la Zambie ont pu valoriser l’action climatique et le changement transformationnel, en intégrant la résilience climatique dans leurs plans nationaux de développement respectifs.

Les progrès enregistrés dans la mise en œuvre du Fonds spécial ClimDev-Afrique, hébergé à la BAD, ont également été présentés à l’auditoire des experts en recherche scientifique, en applications et politiques du climat. « Un des objectifs de ClimDev est d’accroître la capacité de l’Afrique à générer de l’information climatique de haute qualité, pour un développement durable. Les partenaires de ClimDev doivent plaider pour la mobilisation de davantage de fonds pour que l’Afrique relève le grand défi du changement climatique. 40 milliards de dollars EU sont nécessaires chaque année pour répondre, à la fois, à l’adaptation et à l’atténuation en Afrique », a expliqué Tounkara Samba Bocary, coordonnateur par intérim de ce Fonds spécial.

Au cours des échanges, des suggestions ont été faites sur le développement de l’information et des connaissances en matière de climat, dans les domaines de l’agriculture, de la production alimentaire, de la gestion des ressources hydrauliques, de la gestion des risques, de la santé, et de la planification de l’adaptation.

La CCA 2013 a réuni plus de 300 personnes – scientifiques, experts du changement climatique, représentants d’organisations nationales, régionales et internationales, partenaires au développement et usagers de l’information climatique. Ensemble, ils ont procédé à un état des lieux des connaissances climatiques en Afrique ; identifié les lacunes et les domaines prioritaires, et esquissé un programme pour faire avancer la recherche climatique, de manière à éclairer les prises de décisions en matière de développement et d’adaptation ; élaboré une feuille de route pour l’intégration de l’information climatique dans la prise de décision ; et identifié les institutions africaines clés, à même de formuler des propositions de recherche panafricaine.