La BAD dévoile son « New Deal pour l’énergie en Afrique »

17/09/2015
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Un plan d’action pour venir à bout de la pauvreté énergétique de l’Afrique d’ici à 2025

Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a dévoilé son Nouveau pacte pour l’énergie en Afrique (New Deal for Energy in Africa), une initiative historique et ambitieuse, qui vise à combler l’énorme déficit énergétique de l’Afrique d’ici à 2015. L’annonce en a été faite lors d’une réunion consultative de haut niveau, à laquelle participaient des décideurs issus de la sphère politique et des milieux d’affaires, au siège de la BAD à Abidjan, le 17 septembre 2015.

Esquissant la voie d’un partenariat transformateur en matière d’énergie, ce New Deal pour l’énergie en Afrique qui met l’accent sur le soutien et les financements qu’il faut mobiliser pour le développement énergétique de l’Afrique, recense  cinq grands axes.

En premier lieu, la BAD compte accroître sensiblement ses investissements en ce domaine. De leur côté, les partenaires au développement devront redoubler d’efforts, tandis que les pays africains, de leur côté, devront augmenter la part de leur contribution financière. En même temps, il leur faudra faire preuve d’une volonté politique plus forte pour garantir le succès de ce nouveau Pacte. Les partenaires au développement sont également priés de collaborer ensemble et de coordonner leurs efforts pour soutenir des réformes cruciales des politiques publiques et en matière de réglementation dans le secteur de l’énergie, afin d’inciter davantage à investir dans le secteur énergétique africain.

« Des financements importants sont requis. Ensemble, nous devons combler le déficit de financement de l’énergie, [qui s’élève à] 55 milliards de dollars EU en Afrique subsaharienne. Nous aurons aussi à affermir notre volonté de réunir les 22 milliards de dollars nécessaires pour garantir un accès universel à l’énergie dans la région », a déclaré le président Adesina en présentant le Pacte.

Il a dit combien la mobilisation des ressources domestiques pouvait jouer un rôle Prélever ne serait-ce que 10 % des recettes fiscales du continent rapporterait 500 millions de dollars EU par an, selon les estimations. Et le président de la BAD d’ajouter qu’amplifier le développement énergétique de l’Afrique serait possible si l’on mettait fin aux plus de 60 milliards de dollars EU de flux financiers illicites qui sortent d’Afrique chaque année  serait d’une grande aide ; et si les pays développés honoraient leur engagement d’allouer 0,7 % de leur PIB à l’aide au développement – ce qui se traduirait par 178 milliards de dollars EU de financements en plus.

« Ce New Deal pour l’énergie en Afrique facilitera la création d’un mécanisme de financement énergétique au profit des populations situées au bas de la pyramide en Afrique, a déclaré le président de la BAD. Ce mécanisme devrait aider quelque 700 millions de personnes à se procurer des fours de cuisson à énergie propre. 4,2 milliards de dollars devraient suffire pour ce faire, c’est un coût à notre portée. C’est un problème que nous pouvons et que nous devons résoudre. Et il nous faudra le faire vite »..

Akinwumi Adesina préconise de développer de grands projets régionaux dans le secteur de l’énergie, à l’instar du barrage d’Inga, en République démocratique du Congo.

L’Afrique doit voir loin et résoudre son défi énergétique d’ici à 2025, juge le président de la BAD :« Pour e faire, nous devrons avancer ensemble. C’est pourquoi, à la Banque, nous avons proposé de conclure un Partenariat transformateur sur l’énergie en Afrique. Dans ce partenariat, nous joindrons nos forces pour impulser les réformes dont le secteur africain de l’énergie a besoin pour réaliser l’accès universel à l’énergie d’ici à 2025. Le succès ne se fera pas attendre longtemps ! »

Tony Elumelu, banquier nigérian et coprésident du Groupe des leaders africains sur l’énergie, a souligné quant à lui combien le secteur privé pouvait jouer un rôle crucial dans le développement du secteur énergétique africain, à condition de bénéficier d’un environnement favorable.

Au vu des 600 millions de personnes qui n’ont pas accès à l’énergie en Afrique, Tony Elumelu a indiqué qu’il faudra explorer toutes les sources d’énergie valables pour combler l’énorme déficit. Et d’ajouter que la BAD est la mieux placée pour inciter les entreprises, les gouvernements et les organisations internationales à travailler ensemble pour réussir ce pari.

L’ancien secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a quant à lui salué l’initiative dans un message vidéo, déclarant que les dirigeants africains n’ont pas d’autre choix que de s’employer à combler le déficit énergétique de l’Afrique aussi rapidement que possible.

Le vice-premier ministre de la République démocratique du Congo, Thomas Luhaka, et le Premier ministre de Côte d’Ivoire, Daniel Kablan Duncan, ont félicité le président de la BAD pour avoir formulé une initiative aussi ambitieuse à peine deux semaines après son entrée en fonction. Ils se sont engagés à mobiliser le soutien politique nécessaire pour que l’Afrique puisse venir à bout de sa « pauvreté énergétique » d’ici à 2025.