Aly Abou Sabaa, vice-président de la BAD : « Nous sommes prêts à travailler avec le gouvernement égyptien sur les réformes engagées »

16/03/2015
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Face à un large auditoire, le vice-président de la Banque africaine de développement (BAD) en charge des opérations sectorielles, Aly Abou Sabaa, qui dirige l’importante délégation que la Banque a dépêchée à Charm el-Cheikh pour participer à l’Egyptian Economic Development Conference (EEDC), a pris la parole au deuxième jour de l’évènement, samedi 14 mars 2015.

En présence de la ministre égyptienne de la Coopération internationale, Naglaa Al Ahwany, Aly Abou Sabaa intervenait au sein d’un panel de haut niveau réunissant les représentants d’institutions financières internationales, sur le thème : « Comment soutenir de façon efficace la trajectoire de développement de l’Égypte ? Vues et perspectives ».

Outre le vice-président de la BAD, Jin Yong Cai, vice-président exécutif et directeur général de l’International Finance Corporation (IFC) à la Banque mondiale ; Abdellatif Al Hamad, directeur général et président du conseil d‘administration du Fonds arabe pour le développement économique et social (FADES) ; Ambroise Fayolle, vice-président de la Banque européenne d’investissement (BEI) ; et Hafez Zainudeen, vice-président de la Banque mondiale pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, composaient cette table ronde.

Face à ses pairs des institutions financières internationales (IFI) et à l’ensemble de l’auditoire – représentants des secteurs public et privé – venu assister au débat, le vice-président de la BAD a appelé à accompagner l’Egypte dans sa trajectoire de croissance. Soulignant que le pays est « le deuxième actionnaire de la Banque africaine de développement » et qu’il a engagé de nombreuses réformes, Aly Abou Sabaa a déclaré : « Nous sommes prêts, à la BAD, à travailler avec le gouvernement égyptien sur les réformes engagées, d’autant qu’il faut des mesures courageuses et audacieuses. » Et le vice-président de la BAD d’indiquer qu’il faut veiller à « s’aligner sur les priorités du gouvernement », qui entendent favoriser une croissance inclusive.

Aly Abou Sabaa a également évoqué les contrats importants qui sont en cours de négociation dans le pays, pour des projets à grande échelle. Dans une référence aux partenariats public-privé (PPP), un mode de financement plutôt nouveau en Egypte, il a dit combien il importe de s’inspirer des expériences enregistrées à travers le continent –  à l’instar de la BAD, qui a développé près de 50 PPP en Afrique depuis 2006.

Pour illustrer l’appui de la BAD à l’Égypte, Aly Abou Sabaa a rappelé le chiffre de quelque 500 millions de dollars EU que celle-ci a engagés pour 2015, et souligné le rôle que pourrait être amené à jouer Africa50, le fonds dédié aux infrastructures et qui s’adresse au secteur privé. Le vice-président de la BAD a d’ailleurs annoncé qu’une délégation de la BAD va prochainement rencontrer les autorités égyptiennes, afin de discuter de la « meilleure façon de cibler ces investissements ».

Le nouveau programme de réformes économiques que les autorités égyptiennes ont lancé en juillet 2014 devrait porter ses fruits dès 2015, d’après les projections : la croissance devrait atteindre 3,3 % cette année, contre 2,5 % en 2014 ; et le déficit budgétaire s’établir à 10 %, contre 12 % en 2014.

L’EEDC, qui a ouvert vendredi 13 mars 2015, fermait ses portes ce dimanche 15 mars. Plus de 2 000 personnalités venus du monde entier – ministres, chefs de gouvernement, hauts fonctionnaires, dirigeants de banques multilatérales de développement et d’institutions financières, Pdg de multinationales, experts en économie du développement…– sont venues y participer. Cette conférence d’envergure internationale avait pour but de capter l’intérêt des investisseurs et d’exposer la vision de l’économie future du pays.