La BAD examine les options qui se présentent pour la transformation économique de l’Afrique

27/05/2015
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Première institution de financement du développement en Afrique, la Banque africaine de développement (BAD) est restée fidèle à sa mission en se positionnant au cœur de la transformation de l’Afrique, conformément à sa stratégie décennale pour la période 2013 à 2022.

Ancrée sur deux piliers – une croissance inclusive et la transition progressive vers une croissance verte –, la stratégie est axée sur les principaux champs d’intervention de la Banque que sont le développement d’infrastructures, l’intégration régionale, le développement du secteur privé, la gouvernance et les compétences, et les technologies.

La Banque s’attache à financer en priorité les initiatives visant à répondre aux besoins des États fragiles, à renforcer l’agriculture et la sécurité alimentaire et à améliorer l’égalité entre les sexes dans le développement.

Ainsi, selon une présentation financière soumise lors des 50e Assemblées annuelles de la Banque à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le développement d’infrastructures a bénéficié d’un investissement massif de pas moins de 28 milliards de dollars EU ces dix dernières années, contre 18 milliards dans ce secteur en quarante ans (1964 à 2004).

La présentation financière, effectuée conjointement par le vice-président chargé des Ffinances, Charles Boamah, et la responsable de la Trésorerie, Hassatou N’Sele, a également été l’occasion de passer en revue le potentiel, les défis et les scénarios possibles pour la transformation du continent.

En Afrique, se trouvent près de 30 % des réserves de minerais du monde, 95 % de ses ressources inexploitées en énergie hydroélectrique, 10 % de ses réserves pétrolières et 8 % de ses réserves gazières. Pendant les 40 prochaines années, la population du continent sera la plus jeune au monde. Par ailleurs, l’Afriqe connaît des précipitations annuelles parmi les plus importantes au monde (bassin du Congo).

Dans des circonstances normales, ces atouts naturels stratégiques devraient pouvoir propulser l’Afrique, à ce jour le deuxième continent à la croissance la plus rapide au monde – après l’Asie.

Toutefois, l’analyse indique que la croissance du continent est également en proie à de sérieuses difficultés, notamment des taux élevés de pauvreté, avec plus de 400 millions de citoyens vivant avec moins de 1,25 dollar EU par jour.

Par ailleurs, ces taux de pauvreté élevés sont encore aiguisés par une grave pénurie d’énergie ; d’après les estimations, près de 620 millions de personnes en Afrique ne sont pas raccordées à un réseau d’électricité.

En outre, avec ses 54 pays et micromarchés, l’Afrique est si fragmentée, que l’idée de développer des économies d’échelle dans la plupart de ces pays semble farfelue. Ainsi, on estime que les échanges commerciaux au sein des pays africains et entre eux ne dépassent pas 12 % des échanges globaux du continent.

La gouvernance est également perçue comme posant un problème de développement majeur en Afrique, car elle a de fortes répercussions sur les coûts de gestion des activités d’affaires.

Toutefois, la bonne nouvelle est que, malgré ces difficultés, beaucoup de pays africains sont sur la voie de la croissance depuis ces dix dernières années, et l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est affichaient les taux de croissance les plus hauts, de 6 % et 7,1 %respectivement en 2014.

« Les facteurs qui favorisent cette croissance incluent la hausse des investissements dans les infrastructures, la croissance du secteur privé et l’augmentation de la production agricole et de la production minière », a fait ressortir la présentation financière.

Elle a également souligné l’importance croissante des envois de fonds de la diaspora vers l’Afrique, qui ont atteint 67 milliards de dollars EU en 2014, dépassant ainsi l’aide publique au développement et les investissements directs étrangers, qui étaient jusqu’ici les sources principales de financement d’investissement en Afrique.

Selon la BAD, l’amélioration des infrastructures et la facilitation accrue des échanges pourraient générer une croissance du PIB à plus de sept %, soit un taux supérieur à la croissance démographique. À ce niveau, il serait possible d’ouvrir la voie à la transformation du continent.

Pour télécharger le rapport annuel 2014 complet : http://www.afdb.org/fr/knowledge/publications/annual-report/


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