La BAD aura besoin d’une augmentation de capital en 2011 pour répondre à la crise financière et tenir son mandat de développement

12/03/2009
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Dar es Salaam, le 12 mars 2009 – La Banque africaine de développement envisage une augmentation drastique de ses financements annuels, en les portant à 11 milliards de dollars USD pour aider les pays africains à faire face à la crise financière et économique actuelle. Le président de l’institution, Donald Kaberuka, en a fait l’annonce en marge d’une conférence du Fonds monétaire international sur la création de partenariats gagnants pour la croissance économique en Afrique.

Lors de cette conférence de deux jours organisée les 10 et 11 mars 2009 à Dar Es-Salaam, en Tanzanie, sur le thème « Changer : nouveaux défis et nouveaux partenariats pour la croissance en Afrique », M. Kaberuka a déclaré à la presse que la BAD venait de lancer un vaste dispositif d’appui aux pays africains pour faire face à la crise financière et économique. Ce dispositif comprend trois grandes initiatives: une Facilité de liquidité d’urgence d’un milliard et demi de dollars, une Initiative de financement du commerce d’un milliard ainsi qu’un plan d'action pour l’accélération du transfert des ressources aux pays éligibles au Fonds africain de développement (FAD).

Le président Kaberuka a rappelé qu’il était important que les institutions internationales de financement du développement soient dotées de ressources additionnelles pour être en mesure de soutenir leurs pays membres en cette période de crise. «La BAD dispose de suffisamment de capital risque pour poursuivre son programme de prêt normal défini dans sa stratégie à moyen terme », a-t-il précisé

« Nous estimons, a-t-il poursuivi, que ce programme de prêt consommera 90% du capital risque de l’institution à l’horizon 2012. Toutefois, la nouvelle demande induite par la crise à laquelle la Banque est en train de répondre implique que l’on renforce le capital risque de l’institution fin 2011. »

La conférence de Dar Es-Salaam a exploré des questions clés de politique économique, avec l’objectif commun de forger des partenariats africains rénovés pour la croissance en Afrique au XXIe s. Les débats ont notamment porté sur les questions suivantes :

 

  • Que nous enseignent les succès de l’Afrique à propos des principaux risques et entraves à la croissance soutenue et à la réduction de la pauvreté ? De quel meilleur moyen les pays disposent-ils pour puiser dans les potentialités du secteur privé et du secteur financier pour faire avancer ces objectifs ?
  • Comment les pays peuvent-ils réduire les risques posés par les chocs exogènes et une économie mondiale agitée et éviter la « malédiction des ressources » ?
  • Dans quelle mesure le modèle de financement du développement a-t-il besoin de s’adapter ? Dans quelle direction l’Afrique doit-elle orienter ses partenariats, déjà en mutation, avec des institutions telles que le FMI ?

La conférence, place sous les auspices du directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn, a été ouverte par le président tanzanien Jakaya Kikwete. Parmi les participants, citons l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan.