Etude BAD-Banque mondiale : Le secteur financier africain a besoin de plus de compétition

06/06/2011
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Pour se développer et être plus performant, le système financier africain a besoin de plus de compétition, disent des spécialistes de la Banque africaine de développement (BAD) et de la Banque mondiale.

Dans un ouvrage intitulé La finance en Afrique : au-delà de la crise, publié par La finance au service de l’Afrique, une organisation hébergée par la BAD, les spécialistes soutiennent qu’une concurrence accrue favoriserait l’innovation financière, l’adoption de nouveaux produits et de nouvelles technologies, et une diversification permettant à la fois un meilleur service aux clients et l’élargissement de ces services à de nouvelles clientèles.

Comment y arriver ? Par la voie de la réglementation, ce qui nécessite l’intervention des gouvernements. «Encourager l’innovation implique est un état d’esprit plus ouvert de la part des organes de régulation», soulignent les experts, qui insistent sur le besoin d’une réglementation souple, qui vise à la fois à assurer la stabilité du secteur, mais aussi son évolution face aux défis posés par le marché financier, sur le plan local, régional et international.

Cet élargissement doit se réaliser tout en accordant une attention accrue aux utilisateurs des services financiers. Une culture financière plus adéquate doit être infusée à la fois aux entreprises et aux ménages, notamment par le développement des compétences financières et l’instauration de cadres de protection du consommateur.

Cartographie de la finance en Afrique

L’ouvrage recèle une série d’indicateurs sur l’accès, la taille et l’efficacité des services financiers africains. Aujourd’hui, les systèmes bancaires africains sont stables, bien capitalisés et affichent un bon niveau de liquidité. Toutefois, ceux-ci manquent de profondeur, car trop dominés par les banques. Les transactions se font majoritairement à court terme, ce qui ne favorise guère le développement des affaires.  

Les systèmes financiers manquent aussi d’ampleur : le taux de pénétration des agences bancaires par habitant est bien en dessous de la moyenne mondiale, ainsi que la disponibilité des guichets automatiques. Enfin, les services bancaires sont chers et en limitent l’accès pour des populations disposant en majorité de maigres ressources.

Thorsten Beck, Samuel Munzele Maimbo, Issa faye, Thouraya Triki, La finance au service de l’Afrique: au-delà de la crise, 2011.