La BAD : son rôle dans les efforts de développement et d’investissement dans l’agriculture en Afrique

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De: 29/09/2009
A: 30/09/2009
Lieu: Nairobi, Kenya
J.Fernandes.000840

Tunis (Tunisie), le 25 septembre 2009 - La Banque africaine de développement (BAD) va participer au 4e Sommet sur le développement humanitaire prévu les 29 et 30 septembre 2009, à Nairobi, au Kenya. L'événement réunira représentants des gouvernements et décideurs clés des milieux de l'aide et du développement. Il mettra l'accent, en particulier, sur l'investissement dans les infrastructures et l’agriculture en Afrique, tous deux prioritaires pour la BAD. A cette occasion, la Banque donnera un relief particulier aux investissements agricoles en Afrique. L'agriculture en Afrique a un potentiel énorme, au vu de bonnes conditions climatiques dont jouit le continent. Toutefois, la faiblesse de la productivité, les déperditions après récolte et l'insuffisance des infrastructures, en particulier dans les zones rurales, ne sont que quelques-uns des contraintes et des défis auxquels le secteur agricole du continent est confronté."

Selon M. Chiji Ojukwu, chef de division Agriculture, de la BAD, la crise alimentaire a montré sans équivoque que la quantité et la qualité des investissements dans le secteur agricole de l'Afrique sont insuffisantes. Non seulement les donateurs ont réduit leur aide à ce secteur, mais en plus l'assistance na pas été efficace. M. Ojukwu profitera de cette circonstance pour souligner, au nom de la BAD, la nécessité d'investir dans le secteur agricole sur le continent. Cette situation exige que tous les pays membres africains et tous les partenaires mobilisent des ressources supplémentaires en faveur de l'agriculture, par le biais d’interventions plus orientées sur les résultats, dans le cadre du Programme global de développement de l'agriculture en Afrique (Comprehensive African Agriculture Development Program, CAADP). Surtout, ils doivent honorer leur engagement à la Déclaration de Maputo visant à allouer plus de 10% des budgets nationaux au développement agricole et rural."

Le financement de l'agriculture a toujours été l'une des principales priorités stratégiques de la BAD. Entre 1967 et 2008, la BAD a approuvé un total de 3.276 prêts et dons, pour un total de 44,75 milliards d’UC, soit environ 70 milliards de dollars EU, dont 16,1 % pour le secteur agricole. Pour ce qui est de l’aide d'urgence et de l'aide humanitaire, la Banque continue de soutenir les victimes de catastrophes naturelles à travers le continent chaque fois qu'elles se produisent. Entre 2004 et 2008, le soutien de la Banque aux aides d'urgence et aux aides humanitaires a totalisé 20,3 millions d’UC, soit environ 32 millions de dollars EU. Dans la seule année 2008, la BAD a fourni un volume record d'assistance humanitaire d'urgence pour un total de 2,97 millions d’UC, soit environ 4,65 millions de dollars EU, y compris la lutte contre la grippe aviaire et son éradication dans les pays membres régionaux.

Le développement agricole doit retenir l'attention qu'il mérite. Il importe d’inclure un plan de redressement du secteur agricole comme partie intégrante de tout projet de redressement financier. Le rôle des institutions financières régionales, y compris la BAD, devient impératif dans ce cadre, et devrait être pleinement reconnu et respecté. La stratégie à moyen terme de la Banque est axée sur la facilitation des nouvelles initiatives de développement agricole.

L’agriculture dans la Stratégie à moyen terme 2008-2012 de la Banque africaine de développement

Guidée par sa Stratégie à moyen terme et à travers la Réponse à la crise alimentaire africaine (AFCR), la Banque envisage de débloquer environ 1,4 milliards d'UC, soit approximativement 2,19 milliards de dollars EU, sur le moyen et le long terme, pour traiter les questions relatives aux prix élevés des denrées alimentaires et à l'insécurité alimentaire. La Banque a déjà approuvé en 2008 des projets de l’ordre de 219,61 millions d'UC, soit environ 344 millions de dollars EU, et a engagé en 2009 environ 215,3 millions d’UC, soit à peu près 337 millions de dollars EU en faveur du secteur agricole en Afrique.

Les investissements de la BAD dans l’agriculture sont principalement mis en œuvre à travers des domaines prioritaires d'infrastructure, comme l’extension des infrastructures agricoles et rurales, y compris l'irrigation et la mobilisation de l'eau, les voies d'accès rurales et agricoles, l'élevage et la pêche.

Les interventions de la Banque en faveur du secteur public couvrent un portefeuille d'environ 230 opérations, avec des engagements en cours de près 3 de milliards de dollars dans 30 pays africains, hormis les investissements du secteur privé de l'institution.

La BAD encourage actuellement les initiatives agricoles spéciales telles que :

  • La Réponse à la crise alimentaire en Afrique (AFCR), qui fournit un cadre pour favoriser l'accélération l’aide aux pays membres régionaux de la Banque touchés par la hausse des prix des denrées alimentaires.
  • Le Mécanisme africain de financement des engrais (Africa Fertilizer Financing Mechanism, (AGFF), qui aide les pays membres régionaux à accroître la productivité agricole dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement, et s'emploie à créer un environnement propice à la mobilisation des investissements nécessaires à l’augmentation de l'utilisation des engrais.
  • Le Plan d’action pour l’entreprise agro-industrielle, devenu priorité opérationnelle pour la Banque depuis 2007.
  • Le Fonds forestier du Bassin du Congo (FFBC), qui cherche à améliorer la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de la population, à lutter contre la pauvreté et à relever les défis des changements climatiques en réduisant le taux de déforestation dans le bassin du Congo. Appuyé principalement par le Royaume-Uni et la Norvège (contribution initiale de 100 millions de livres), le Fonds servira, au cours d'une période initiale sous contrat de dix jusqu'en 2018, à financer le plan d’action de la Commission des forêts d'Afrique centrale (COMIFAC) dans différents domaines stratégiques visant à préserver la forêt tropicale du bassin du Congo.
  • Le programme « Climat pour le développement en Afrique (ClimDev-Africa) qui vise à renforcer la croissance économique et le développement durable (DD), en atténuant les aléas du changement climatique à travers l'intégration de la Gestion du risque climatique et de l’adaptation (CRAM) dans les politiques sectorielles pertinentes et les processus décisionnels sur tout le continent. ClimDev Afrique sera mis en œuvre sous la direction du Secrétariat conjoint CUA-CEA-BAD Secrétariat.
  • Le Renforcement des opérations du secteur privé pour la sécurité alimentaire. Les interventions du Département du secteur privé de la BAD (OPSM) dans le cadre de la Réponse à la crise alimentaire en Afrique (AFCR) met l’accent sur: i) les lignes de crédit aux banques locales pour rétrocession de prêts aux producteurs agricoles, au niveau des PME ; ii) le programme de prêts directs, en se concentrant sur les principaux promoteurs ou les partenaires stratégiques activement impliqués auprès des petits exploitants agricoles : iii) la promotion des fonds de d’investissement privés ciblant le secteur des entreprises agricoles ; (iv) le développement des projets d'engrais ; et v) la promotion de partenariats public-privé (PPP) pour le développement agricole. À ce jour, OPSM a approuvé en 2008 et 2009 des opérations s'élevant à environ 147 millions de dollars EU pour le secteur privé.
  • Le Fonds africain de l’agriculture (AAF) et le Fonds de développement des petits exploitants en Afrique (AODF) - Les investissements privés dans l'agriculture sont importants pour stimuler la production et la productivité agricoles. En partenariat avec l'AFD, le FIDA, l’AGRA, la BAD a signé un protocole d'accord en avril 2009 pour créer le fonds d'investissement dans l'agriculture africaine pour un capital initial de 200 millions d’euros, qui devrait être porté à 500 millions d’euros. De même, la Banque travaille avec la coopération allemande (BMZ / KWF) sur son initiative de création du Fonds africain de développement des petits planteurs, visant à attirer les investissements privés dans tous les secteurs de l'industrie alimentaire du continent. Le Fonds disposera d'un capital initial de 100 millions d’euros.
  • En tant que principale institution de financement du développement en l'Afrique d’une part, du fait de sa localisation sur le continent et en raison de son mandat ainsi que de ses compétences de l’autre, la Banque africaine de développement se trouve dans une position unique pour jouer le rôle de plaidoyer politique sur le continent.