Afrique 2050 : réaliser le plein potentiel du continent

20/05/2014
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Un nouvel ouvrage portant une vision de l’Afrique et intitulé Afrique 2050 : réaliser le plein potentiel du continent, a été présenté au cours de la deuxième journée des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), à Kigali.

Cet ouvrage est né d’une étude commandée lors de la 5e réunion annuelle conjointe de l’Union africaine (UA) et de la Conférence des ministres de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) des Nations unies, avec le soutien de l’Institut de recherche de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA).

Selon Callisto Madavo, co-auteur de l’ouvrage, l’Afrique se trouve à un tournant décisif et les actions que ses dirigeants entreprennent aujourd’hui détermineront ce que sera le continent en 2050 au plan socio-économique et si les aspirations en plein essor des Africains seront satisfaites ou laissées en souffrance.

« Afrique 2050 donne une vision de ce que serait une Afrique qui répond aux aspirations de son peuple et qui rattrape le reste du monde en termes de niveau de vie et de compétitivité », a déclaré Callisto Madavo, également professeur invité de l’Université de Georgetown dans le cadre du programme d’études africaines.

Et de préciser que, dans un tel scénario, en 2050, le revenu moyen par habitant aura été multiplié par six, 1,4 milliard d’Africains rejoindraient la classe moyenne, le nombre de pauvres serait divisé par dix et que la part de l’Afrique dans le PIB mondial serait triplée.

Pour les populations du continent, des emplois moins précaires et de meilleure qualité, assortis d’une productivité accrue, constitueraient le plus grand bouleversement entre aujourd’hui et 2050. Du point de vue des économies africaines, une amélioration notable de la productivité constituerait l’évolution la plus importante. Pour le continent, la transformation majeure serait une meilleure intégration de ses sous-régions et des relations avec le reste du monde qui soient fondées sur les échanges commerciaux et l’investissement, plutôt que sur l’aide.

« Cette vision est possible, mais assurément pas garantie. Il s’agit seulement de l’un des nombreux scénarios possibles », a souligné Théodore Ahlers, autre co-auteur du livre et associé principal chez Centennial Group International. Il a déclaré que l’excès de confiance et le manque de détermination politique sont les principaux facteurs qui menacent la réalisation de cette vision. « Il est facile de verser dans l’illusion et de croire que les excellents résultats obtenus récemment constituent une tendance qui se poursuivra de manière quasi automatique, » a-t-il fait remarquer.

Afrique 2050 souligne que, pour que sa vision devienne réalité, l’Afrique a besoin d’États compétents, qui assurent la sécurité, disposent d’institutions fortes, instaurent la primauté du droit et rendent des comptes à leurs citoyens. L’ouvrage instaure un cadre stratégique et un programme d’action afin de réaliser cette vision audacieuse. Si ce programme d’action doit être spécifique à chacun des pays, Afrique 2050 identifie dix priorités communes à tout le continent, faisant valoir que la réalisation de la vision dépend, en définitive, d’un leadership pragmatique, de la qualité de la gouvernance et du bon fonctionnement des institutions.

Kunio Okamura, conseiller spécial principal du président de la JICA, qui a présidé la présentation, a félicité les auteurs pour la qualité de leur travail : « Nous espérons que le débat autour de cet ouvrage aidera à façonner les décisions politiques qui permettront de concrétiser le scénario d’une Afrique telle que présentée dans Afrique 2050 ».

Publié au mois de mars 2014 par Oxford University Press, cet ouvrage, est également disponible sur Amazon. 

Plus de 3000 personnes se sont donné rendez-vous aux Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) à Kigali, pour débattre des nouvelles stratégies visant à lutter contre la pauvreté et le sous-développement et pour peser sur les négociations internationales, afin de faire en sorte que le continent entre dans une nouvelle ère.