L'Afrique et les objectifs de développement pour le millénaire-Le R.-U. en appelle à un New Deal mondial pour l'Afrique

24/05/2006
Share |

Abuja, le 24 mai 2006 – Une conférence de deux jours, réunissant les ministres africains des finances et de l'éducation ainsi que d'autres parties prenantes au financement du développement s'est clôturée lundi à Abuja avec l'adoption d'une série de mesures à prendre par les pays et leurs partenaires au développement en vue d'atteindre les objectifs de développement pour le millénaire (ODM).

Ces actions sont énumérées dans un document intitulé "S'engager et agir, L'engagement d'Abuja" qui rappelle l'engagement des parties à accélérer les efforts visant à atteindre les ODM.

Les participants ont mis en avant l'interdépendance entre les divers ODM et la nécessité d'accroître les investissements dans tous les secteurs connexes comme l'éducation, la santé, l'infrastructure et l'agriculture.

La situation particulière des pays sortant d'un conflit a reçu une attention particulière des participants à la conférence qui se sont également penchés sur les besoins spécifiques des pays à revenu intermédiaire où l'aide doit être accrue, face au problème du VIH/SIDA.

S'agissant de la mise en œuvre de ces plans et budgets ambitieux, la conférence a noté qu'un nombre croissant de pays africains a élaboré des plans nationaux de développement qui fixent les actions prioritaires à mener pour lutter contre la pauvreté. "Nous sommes conscients que ces plans ne peuvent effectivement être mis en œuvre que si les gouvernement nationaux, les parlements et les citoyens se les approprient", ont déclaré les participants, en précisant qu'ils attendaient de leurs partenaires au développement qu'ils respectent le droit et la responsabilité des gouvernements et des citoyens africains de décider, de planifier et de séquencer leurs politiques de croissance et de réduction de la pauvreté.

La réunion a salué la décision du R.-U. de consacrer au moins 15 milliards de dollars à la promotion de l'éducation en Afrique au cours des dix prochaines années, et a invité les autres partenaires à ce joindre à cet effort et à mettre à disposition des financements prévisibles à long terme, dans le cadre d'initiatives expresses et de programmes bilatéraux.

Conscients des défis macro-économiques inhérents à la gestion d'afflux importants de ressources résultants des engagements pris, les participants ont rappelé que la volatilité actuelle des flux d'aide entrave la planification budgétaire et ont donc invité les donateurs à fournir des financements prévisibles et à long terme. "Les ODM ne pourront se réaliser que si des politiques budgétaires et monétaires plus efficaces sont en place, et notamment des liens plus étroits entre les plans nationaux et les budgets", ont constaté les participants.

Les ministres ont regretté la lenteur des discussions de Doha et ont appelé l'OMC à intensifier les négociations en vue de conclure un accord ambitieux lors de ce dernier cycle.

La réunion a ensuite dressé la liste des principaux "points d'action" à mener par les gouvernements, les donateurs et la société civile pour favoriser la réalisation, dans les délais prévus, des ODM. 

Dans son discours d'ouverture, le Président nigérian, M. Olusegun Obasanjo, a rappelé les grandes orientations  en ces termes: "Ceci montre que nous sommes prêts à faire nôtre le programme de développement et à le faire avancer en tant que programme africain".

Faisant écho à ces préoccupations, le Chancelier de l'échiquier britannique a déclaré:"Je vois une Afrique capable de se réaliser, de réaliser le potentiel de vos pays en utilisant au mieux les talents de nos populations pour donner le meilleur d'eux-mêmes."

Mais ceci, a souligné M. Brown, ne pourra se faire que par un partenariat entre riches et pauvres dans le cadre d'un New Deal mondial entre pays développés et en développement, un New Deal aussi audacieux et visionnaire que l'était le plan Marshal des années 1940.

"Il est de notre devoir de tenir nos promesses. Le mois dernier, après le FMI, la Banque mondiale a elle aussi accepté un allègement de dette et a annulé un montant total de dette multilatérale et bilatérale équivalent à 170 milliards de dollars. Mais pour la Grande Bretagne, ce n'est pas assez: nous lutterons pour un allégement de dette en faveur de l'ensemble des 67 pays pauvres, et en signe de notre foi en cette option, la Grande Bretagne se propose d'assurer unilatéralement un service de dix pour cent, représentant notre contribution à l'allégement de dette pour tous les pays les plus pauvres, et non uniquement les pays PPTE, qui font de l'allégement de dette le pilier de la réduction de la pauvreté", a-t-il souligné. 

Cette réunion autour du thème "Financer le développement. Le développement en Afrique: De la parole à l'acte" était organisée par le Groupe de la Banque africaine de développement, la Commission économique pour l'Afrique et le gouvernement nigérian. Elle a notamment accueilli le Président du Groupe de la BAD, Donald Kaberuka, la Ministre nigériane des finances, Mme Ngozi Okonjo-Iweala et ses collègues de plus de vingt pays africains, des représentants des donateurs et du FMI. L'économiste de renom, le professeur  Jeffrey Sachs, a demandé aux ministres d'oublier le contrôle des dépenses imposé par le FMI et d'élaborer des plans plus ambitieux pour atteindre les objectifs fixés, notamment la réduction de moitié de la pauvreté et de deux tiers de la mortalité infantile.

"L'époque où le FMI ordonnait de 'geler les dépenses publiques' est révolue", a déclaré que M. Sachs.

Et l'immobilisme n'est pas une solution non plus car l'immobilisme ne nous permettra d'atteindre les objectifs de développement du millénaire. L'immobilisme ne pourra que nous en écarter davantage", a souligné M. Sachs.

Participaient également à la réunion des représentants de la Banque mondiale, le système des Nations Unies, le secrétariat du Forum du partenariat africain et l'Union africaine, au côté de l'archevêque anglican de Cape Town, le Révérend Njongonkulu Ndungane, et du musicien de rock irlandais Bono (Paul Hewson).

Le Ghana accueillera la prochaine conférence sur le financement du développement.

CONTACT: Eric Chinje – Tel.: +216 71 10 21 16 – E-mail: e.chinje@afdb.org


Contact

Felix Njoku Téléphone: +216 71 10 26 12