L'Afrique et le Sommet du G-20 à Seoul

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De: 10/11/2010
A: 11/11/2010
Lieu: Séoul, Corée

La BAD souhaite que les conclusions du G-20 soient bénéfiques à l’Afrique

"L’Afrique met en marche une dynamique sans précédent, malgré les risques et les incertitudes de l’environnement mondial", a dit M. Kaberuka. 


Contexte

A l’heure où le groupe des 20 pays développés converge vers Séoul pour leur Sommet de 2010 prévu les 11 et 12 novembre, les experts estiment que cette rencontre, qui sera accueillie pour la première fois par une économie émergente non membre du G-8, constitue une occasion historique de remodeler l'avenir de l'économie mondiale, qui a été secouée par la crise économique et financière récente.

L'impact de la crise s’est fait ressentir très durement dans de nombreux pays africains, qui ne font pas partie du G-20.

Toutefois, la décision de tenir le Sommet en Corée du Sud, pays considéré comme un «pont» entre le monde développé et le monde en développement, laisse entrevoir une certaine ouverture dans le processus d’affaires du G-20, avec la possibilité pour le sort des pays africains de commencer à retenir une attention considérable.

L'Afrique fait partie de la solution économique à la récession économique mondiale. Dans le passé, et dans une certaine mesure, à l'heure actuelle, les questions du développement de l’Afrique semblaient n’être qu’un appendice au débat des dirigeants du G-20 sur l’économie mondiale. L’Afrique ne semblait venir à l’ordre du jour des délibérations que lorsque tous les autres sujets importants de l’économie mondiale avaient été épuisés.

Le continent a manifesté une résistance surprenante à la crise économique. Il est donc important que les dirigeants du G-20 perçoivent l'Afrique comme faisant partie de la solution économique mondiale.

"L'Afrique fournit des ressources naturelles au monde, un marché d'exportation pour le monde, et donne sa main-d'œuvre au reste du monde," a déclaré l’économiste en chef de la Banque africaine de développement (BAD), Mthuli Ncube. Notant que l'Afrique est également intégrée au reste du monde, M. Ncube a ajouté qu’ "investir en Afrique serait une stratégie saine pour le reste du monde."

"Ce faisant", a-t-il souligné, "le monde ne fera pas que relever l’Afrique, mais il se propulsera lui-même plus haut en permettant à l'Afrique de jouer sa partition dans les relations économiques."

Seule une Afrique jouissant d’une croissance économique forte, partagée et soutenue, sera un partenaire valable pour résoudre les problèmes économiques mondiaux.

Investir en Afrique et soutenir l'Afrique exigent la promotion de certains secteurs économiques identifiés par le Comité des 10 ministres africains des finances et gouverneurs des banques centrales (C10). Ces secteurs ont été examinés lors de la dernière Conférence ministérielle Corée-Afrique, qui a accepté de rechercher la coopération et l'assistance au niveau du G-20, dans les domaines essentiels pour le développement de l'Afrique.

Il s'agit notamment des infrastructures, des ressources humaines, de l'accès au financement, du partage des expériences de développement et de l'amélioration des institutions.

"Reconnaissant que le développement économique de l'Afrique est indispensable pour maintenir une croissance économique mondiale forte et durable, les deux parties sont convenues d'amplifier la voix de l'Afrique au Sommet du G20, en étroite coopération entre les pays africains, la Banque africaine de développement (BAD), le C-10 et le gouvernement coréen », indique le communiqué final des participants à la Conférence ministérielle Corée-Afrique.