Conférence KOAFEC : l’Afrique peut tirer parti de l’expérience de la Corée en matière de transformation agricole

25/10/2016
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La transformation de l’agriculture africaine était au centre de la seconde journée de la Conférence sur la coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC), qui se tient à Séoul.

S’adressant aux ministres des Finances des pays africains présents, le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a souligné l’importance d’investir dans les infrastructures rurales et de développer rapidement l’industrie agroalimentaire, avant d’insister : « L’Afrique ne doit pas être un centre de consommation. Elle doit exporter du cacao transformé et du café fin, et non des fèves ; des produits textiles finis, et non de la fibre de coton. »

Adesina a cité l’expérience de la Corée, un pays autrefois pauvre et au même niveau que l’Afrique subsaharienne (ASS), mais qui enregistre désormais un produit intérieur brut 17 fois supérieur à cette dernière. La transformation de la Corée, selon lui, résulte de réformes des politiques économiques favorisant la transformation structurelle et l’investissement dans différents secteurs, y compris l’agriculture. La Corée fait aujourd’hui partie des 15 plus grandes économies mondiales et des principaux donateurs internationaux.

« La transformation de la Corée n’aurait pu être possible sans l’accent mis sur la transformation agricole, comme cela a été le cas avec son village populaire modèle, Saemaul Undong », a-t-il souligné. Cette approche a permis d’accroitre la productivité agricole pour atteindre l’autosuffisance alimentaire par un appui massif à l’utilisation de technologies d’intensification de la production, des investissements colossaux dans les infrastructures rurales, et par l’installation de réseaux ruraux d’électricité et de télécommunications. Ce sont là les fondements de l’industrialisation du pays.

Au cours de la réunion, la Corée a réaffirmé sa volonté de venir en aide à l’Afrique, en particulier en partageant son expérience et son modèle de développement. « Nous sommes un réel partenaire de l’Afrique et nous contribuerons à son développement. Nous devons travailler de concert pour un avenir meilleur sur le continent africain », a déclaré Yoo Il-ho, vice-premier ministre et ministre de la Stratégie et des Finances.

L’appui au secteur agricole africain doit également aider les agriculteurs à s’adapter au changement climatique. Janvier Manzanares, directeur général par intérim du Fonds vert pour le climat, a signalé l’importance d’intégrer le changement climatique dans les systèmes agricoles. Il a mis en avant les efforts déployés par son organisation pour soutenir les petits exploitants agricoles en Afrique au sud du Sahara, en renforçant leur résilience face aux effets du changement climatique.

Pour Eugene Wamalwa, secrétaire de cabinet chargé de l’eau et de l’irrigation au Kenya, les conditions climatiques irrégulières, caractérisées par une pluviométrie faible et des épisodes de sécheresse fréquents, nécessitent de réduire la dépendance à l’eau de pluie. « L’agriculture africaine est, dans une large mesure, pluviale. Il est urgent de passer à une agriculture reposant sur des systèmes d’irrigation, ce qui demande des investissements importants dans l’infrastructure hydraulique », a-t-il ajouté.

Le Kenya est l’un des pays à avoir signé un accord de cofinancement avec le gouvernement de la Corée et la BAD à l’occasion de la KOAFEC en vue de renforcer son infrastructure d’approvisionnement en eau. Une partie du financement convenu dans l’accord sera utilisé pour investir dans des systèmes d’irrigation, selon M. Wamalwa.

Pour de plus amples informations sur la Conférence KOAFEC, veuillez consulter le site : http://bit.ly/2eC9DkS