Afrique : les progrès par rapport aux objectifs anti-pauvreté associés à des politiques audacieuses et novatrices

21/09/2010
Share |

New York, le 21 septembre – L’Afrique a progressé de manière constante sur la voie de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). C’est ce que note un rapport lancé aujourd’hui par la Commission de l’Union africaine (CUA), la Banque africaine de développement (BAD), la Commission économique pour l’Afrique et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Le rapport annuel de cette année, intitulé Évaluation des progrès accomplis en Afrique dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement souligne le fait que les progrès accomplis ont été accompagnés de politiques audacieuses et novatrices.   

L’Afrique a réalisé des avancées extraordinaires en vue de la réalisation de l’éducation universelle, son taux de scolarisation nette dans l’enseignement primaire se situant à 76 % en 2008, alors qu’il n’était que de 58 % en 1999. Il y avait près de 91 filles pour 100 garçons scolarisés en 2008, contre 85 en 1999. Le taux de mortalité des moins de cinq ans est passé de 184/1000 en 1990 à 144/1000 en 2008. L’Afrique est en bonne voie pour atteindre la cible prévue concernant l’eau, 60 % de ses habitants ayant accès à l’eau potable en 2008, contre 49 % en 1990.

Une conjoncture économique favorable, avant la survenue de la crise économique mondiale, et toute une gamme de politiques appliquées dans les pays africains ont joué un rôle clé dans l’obtention de tels progrès rapides. Au nombre des mesures figurent des programmes de protection sociale nouveaux et élargis, une meilleure coordination des politiques et l’intégration des OMD et d’indicateurs de performance au cœur des stratégies de développement des pays africains.

« Les preuves sont là, a déclaré Helen Clark, Administrateur du PNUD. Quand les bonnes politiques sont en place, les progrès en matière de lutte contre la pauvreté sont rapides, ce qui signifie tout simplement une vie meilleure pour des millions d’Africains. »

Le rapport signale l’obtention de résultats significatifs en matière de développement et indique les politiques qui ont autorisé les progrès. C’est ainsi, par exemple, que le Burkina Faso a presque doublé le nombre d’enfants scolarisés dans l’enseignement primaire, en fournissant des repas quotidiens pour tous les enfants et des rations à ramener à la maison pour les filles. Le Ghana a déjà atteint sa cible relative à la réduction de la proportion de gens malnutris, en accroissant sa productivité agricole par le biais de subventions pour l’achat de fertilisants, la fourniture de suppléments nutritifs et des programmes d’alimentation scolaire.

Le Rwanda se classait premier au monde en 2009 avec une représentation des femmes de plus de 50 % au parlement national, ce taux étant de plus de 25 % en Afrique du Sud, en Angola, au Burundi, au Lesotho, au Mozambique, en Namibie, en Ouganda et en Tanzanie.

Par ailleurs, le Mali, le Sénégal et le Togo sont en bonne voie pour atteindre la cible relative au VIH et au sida, grâce à une combinaison d’exercice de leadership, de sensibilisation, de programmes de dépistage volontaire et de traitement antirétroviral gratuit. En 2008, l’Afrique du Sud, le Botswana, les Comores, Maurice, la Namibie et l’Afrique du Sud ont atteint une couverture de plus de 90 % pour l’accès à l’eau potable.

Mais il reste un certain nombre de défis à relever. La santé maternelle présente des difficultés significatives, la proportion d’accouchements assistés par du personnel de santé qualifié n’ayant augmenté que marginalement de 1990 à 2008. L’assainissement est un autre domaine qui pose problème, la proportion de gens qui n’ont pas accès à des installations d’assainissement améliorées représentant encore 50 % de la population du continent en 2008, alors qu’elle était de 56 % en 1990.

La vulnérabilité à des facteurs extérieurs continue de menacer l’aptitude de la région à progresser sur la voie de la réalisation des OMD. La volatilité des prix alimentaires présente des difficultés pour une région qui s’efforce encore de parvenir à la sécurité alimentaire pour tous. L’incertitude du relèvement de la crise financière et économique mondiale continue de se faire sentir sur l’économie de l’Afrique. Et dans le long terme, les effets des changements climatiques menacent la durabilité des progrès réalisés.

« Nous savons aujourd’hui que l’Afrique a été gravement touchée par les chocs récents, a déclaré le Président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping. Toutefois, de nombreux pays ont mis en place des mesures pour lutter contre ces effets et continuer de favoriser un développement s’inscrivant dans le long terme. Le continent dispose des resources necessaries pour accomplir les OMD, nous devons donc nous assurer que les bonnes politiques sont en place pour que l’Afrique sorte de la pauvreté. »

Pour accélérer les progrès de la réalisation des OMD au cours des cinq années à venir, le rapport propose un programme d’action qui comporte de larges interventions afin de créer un environnement propice à une croissance inclusive. Il recommande notamment de continuer d’appliquer des politiques macroéconomiques saines, de promouvoir une croissance avec création d’emplois et d’accroître la productivité agricole, ainsi que d’offrir des opportunités aux groupes vulnérables, y compris les femmes.

En outre, les pays sont encouragés à adopter des stratégies de développement axées sur les OMD, à accroître l’efficacité de leurs prestations de services à tous les niveaux du gouvernement, et à améliorer leur aptitude à exercer un suivi des objectifs. Le rapport souligne également la nécessité de forger des partenariats avec le secteur privé, la société civile et les partenaires au développement, tout particulièrement du Sud.

« Il y a de fortes indications selon lesquelles les OMD sont réalisables, à condition que les pays africains et leurs partenaires au développement soient en mesure de redoubler d’efforts à cette fin », a noté le Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, Abdoulie Janneh.

Le rapport signale également que bien que l’aide publique au développement (APD) allouée à l’Afrique se soit accrue ces dernières années, elle reste néanmoins en deçà des engagements qui avaient été pris. On s’attend à ce que moins de la moitié de l’augmentation de l’APD pour l’Afrique promise à Gleneagles soit effectivement octroyée cette année. En conséquence, le rapport invite instamment les pays développés à augmenter leur aide au développement en faveur du continent.

« Étant donné les résultats encourageants obtenus, le soutien international en faveur de la réalisation des OMD en Afrique reste fort, mais il doit encore être renforcé pour parvenir à une réussite générale », a noté Donald Kaberuka, Président du Groupe de la Banque africaine de développement.

Ces cinq dernières années, la Commission de l’Union africaine, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique et la Banque africaine de développement ont produit conjointement le rapport régional sur les OMD. Le PNUD s’est joint à elles cette année.

Pour de plus amples informations, contacter :

  • PNUD: Sandra Macharia, Spécialiste en communication, +1.212.906.5377 ; 
  • Banque africaine de développement: Chawki Chahed Chargé d’information, relations avec les médias, +216 71 10 27 02;
  • Commission de l’Union africaine : Noureddine Mezni, Porte-parole, Mobile:+251911511723;
  • Commission économique pour l’Afrique: Adrian Gauci, Chargé des affaires économiques, Section OMD et PMA, Division développement économique et NEPAD Tel: 00251-11-5443313.