L’Afrique doit tirer parti des technologies mondiales pour doper sa croissance

03/11/2014
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« En tant que bien public, une technologie de pointe peut bénéficier à d’autres pays grâce à un processus de diffusion », juge Abdoulaye Seck, enseignant à la Faculté des Sciences économiques et de Gestion de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal), dans une communication présentée dimanche 2 novembre 2014. Il intervenait au deuxième jour de la 9e édition de la Conférence économique africaine, qui se déroule à Addis-Abeba (Éthiopie), dans le cadre d’un panel qui avait pour thème « les technologies au service de la transformation de l’Afrique ».

Dans son exposé intitulé « La diffusion de la technologie à l’échelle mondiale a-t-elle bénéficié à la croissance des pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine ? », le conférencier explique que ce processus repose sur deux volets : importer des biens qui incorporent de nouvelles technologies et attirer les entreprises originaires de pays relativement avancés en matière d’innovation.

Dans quelle mesure les pays africains en général, ceux d’Afrique de l’Ouest en particulier, ont pu bénéficier de technologies mondiales, et quels facteurs pourraient expliquer leur capacité d’absorption ? Selon Abdoulaye Seck, les résultats montrent que les pays africains et ceux de l’Union monétaire ouest africaine (UEMOA) ont, en effet, tiré parti de la diffusion de technologies mondiales en termes de croissance économique. Toutefois, a-t-il précisé, ces gains de croissance sont plus faibles que ceux des autres pays en développement.

Ce qu’il explique en grande partie par la composition du commerce international, la faible attractivité du continent, la faiblesse du capital humain (niveau d’éducation faible), la maigre qualité de l’environnement institutionnel eu égard au système de protection des droits de propriété intellectuelle, et le lourd héritage pour certains pays du Droit civil français, comparé au Droit commun britannique.

« Dans le but d’étendre la capacité de l’Afrique à bénéficier de la diffusion internationale de technologies et améliorer le profil de croissance, il faudrait envisager des reformes commerciales qui reconnaissent qu’il faut choisir ce que nous importons (plus de biens de capital et intermédiaires qui véhiculent les innovations étrangères) et avec qui nous échangeons (plus avec les pays à l’avant-garde de l’innovation mondiale), » a expliqué Abdoulaye Seck.

En outre, a-t-il poursuivi, il est important de refonder l’éducation, en particulier l’enseignement des sciences ; d’améliorer le cadre institutionnel dans le sens d’une meilleure protection des droits de propriété et une plus grande attractivité pour les investisseurs étrangers. Et d’ajouter que les technologies étrangères devraient être vues comme un « input », une matière première dans l’activité d’innovation du pays.

Plusieurs participants au panel ont tenu à souligner la nécessaire bonne maitrise de ces technologies importées par les populations africaines qui en bénéficient. Entre autres obstacles à la maitrise des transferts de technologies, a ainsi été mentionnée la difficulté de la langue.

Cette 9e édition de la Conférence économique africaine réunit jusqu’au lundi 3 novembre 2014 des décideurs politiques, chefs d’entreprises, économistes et universitaires venus du monde entier, autour du thème « Savoir et innovation pour la transformation de l’Afrique ».

Organisée chaque année par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), la CEA et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), elle offre l’occasion d’étudier la façon de mettre à profit le savoir et l’innovation pour la transformation économique du continent.