« L’Afrique est à un tournant », déclare le président de la Bad

15/05/2006
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Ouagadougou, le 19 avril 2006 – Le président du Groupe de la Banque africaine de développement, M. Donald Kaberuka, a souligné l’évolution économique positive de l’Afrique et insisté sur le besoin de soutenir et d’approfondir les réformes en cours.

S’adressant aux journalistes à Ouagadougou en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque qui s’y tiennent les 17 et 18 mai 2006, M. Kaberuka a relevé une série d’indicateurs encourageants: des taux de croissance plus soutenus aussi bien dans les pays producteurs qu’importateurs de pétrole, amélioration de la gestion macroéconomique et de la gouvernance, baisse significative des zones en proie à des conflits armés.

M. Kaberuka a indiqué que le continent avait enregistré une croissance économique de 5 % en 2005, les pays producteurs de pétrole et de minerais enregistrant une moyenne de 8 % et les pays non producteurs de pétrole réalisant une croissance moyenne de 4,5 %. Même si l’Afrique n’a pas la place qu’elle mérite et si les taux de croissance actuels ne permettraient pas d’atteindre les objectifs de développement du Millénaire, le président a déclaré que la région franchissait bel et bien une nouvelle étape.

« Au bout du compte, nous estimons que les réformes économiques des dix dernières années commencent à porter leurs fruits. Le message que nous transmettrons à nos gouverneurs est donc que nous franchissons certes une nouvelle étape mais que la route est encore bien longue d’œuvrer d’une manière qui nous rapproche des objectifs de développement du Millénaire », a analysé M. Kaberuka.

Répondant aux questions sur les réformes en cours à la banque, le président a fait état de la solide situation financière de l’institution et de sa capacité croissante à soutenir les risques, le tout devant profiter à ses pays membres régionaux. Il a toutefois expliqué que la banque avait besoin de s’adapter aux nouveaux défis qui se posent à l’Afrique en révisant sa structure organisationnelle, ses procédures et ses opérations.

Le président a évoqué l’importance de la réduction du coût des affaires en Afrique, en insistant sur la nécessité de construire l’infrastructure économique. Il a mis en relief l’importance des partenariats, précisant que la mobilisation des ressources nécessaires pour relever le défi de l’infrastructure de la région ne relevait pas d’un seul pays ou d’une seule institution.

L’un des défis majeurs du continent, analyse M. Kaberuka, est l’intégration régionale, qui nécessite une harmonisation des politiques fiscales et l’interconnexion des routes et des réseaux électriques et de télécommunication. Des progrès devraient être faits dans le domaine de l’infrastructure, a-t-il observé, en relevant que les pays ou les institutions n’avaient pas les ressources pour faire face au problème.

« Nous avons réalisé des avancées avec les communautés économiques régionales en termes de convergence macroéconomique, d’harmonisation des politiques fiscales et monétaires ou de l’environnement des affaires. Mais il nous reste un long chemin à parcourir et le défi aujourd’hui est d’éliminer les barrières physiques, surtout les routes, les télécommunications et l’électricité », a dit le président Kaberuka.

Les ministres des Finances et du Développement économique, les gouverneurs des Baqnues centrales des 77 pays membres du groupe de la Banque ainsi que des acteurs clés du secteur public et privé, des organisations de la société civile et les médias participent à l’événement au complexe du centre de conférences Ouaga 2000. Ils ont assisté lundi à une présentation sur l’analyse financière et opérationnelle du Groupe de la Banque.

Les participants travaillent sur des questions clés du développement en Afrique telles que l’intégration régionale, les marchés de capitaux, les investissements, le développement de l’infrastructure, l’impact de la hausse des prix du pétrole sur les économies africaines, les perspectives pour le commerce africain, la prévention et la lutte contre la fraude comme facteurs de l’efficacité du développement…

La 39e conférence des ministres africains des Finances, de la planification et du développement de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) se tient parallèlement aux assemblées annuelles du Groupe de la banque.

Les deux réunions fusionneront mardi au cours d’une conférence ministérielle de haut niveau BAD/CEA sur le thème « Développement des infrastructures et intégration régionale: problèmes, chances et défis ». L’édition 2006 des Perspectives économiques africaines, un rapport annuel conjoint de la BAD et de l’OCDE, sera lancée mardi également.

Le Groupe de la Bad a été créé en 1964 pour mobiliser des ressources afin de financer le développement économique et le progrès social dans les pays africains. Son actionnariat est composé de 53 pays africains (pays membres régionaux) et de 24 pays non africains (pays membres non régionaux).


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