Le président de la BAD au Forum de Charm el-Cheikh : l’Afrique est opérationnelle

23/02/2016
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« Cela ne fait aucun doute : on ne pourra plus arrêter une Afrique ouverte », a déclaré dimanche le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, lors de son discours d’ouverture prononcé au Forum Africa 2016, à Charm el-Cheikh, en Égypte. « La suppression des barrières est la clé de la croissance et de la prospérité à long terme de l’Afrique », a-t-il indiqué.

Sur l’invitation du président de la République arabe d’Egypte,  Abdel-Fattah Al-Sissi, les chefs d’Etat africains se sont réunis aux côtés de leaders d’opinion, d’investisseurs et de partenaires dans la station balnéaire de la mer Rouge, les 20 et 21 février 2016, pour la conférence intitulée « Des affaires pour l’Afrique, l’Egypte et le monde ». Cette rencontre avait pour but d’accélérer l’engagement et l’investissement du secteur privé en Afrique, de nouer de nouveaux partenariats et de mettre en évidence l’opportunité que représente l’Afrique.

Tout en reconnaissant les difficultés économiques auxquelles est confrontée l’Afrique, notamment la chute des prix des matières premières, le président de la BAD a souligné la résilience du continent, en notant que le processus de « l’Afrique qui monte » était loin d’être terminé.

« Nous ne devons pas croire au discours pessimiste sur l’Afrique », a-t-il expliqué. « Regardez les faits : alors que le FMI et l’OCDE prévoient une croissance de 3 % de l’économie mondiale pour cette année, on prévoit pour 2016, en Afrique, une croissance de 4,4 %, qui devrait atteindre 5 % en 2017. C’est une bonne nouvelle ! Les économies africaines ne se disloquent pas, elles sont résilientes ! L’Afrique reste le meilleur endroit où investir. »

 Adesina a salué l’Egypte et son président pour leur ambitieux programme de développement. « Monsieur le président, votre vision de l’Egypte est audacieuse : vous voyez les choses en grand, faites les choses en grand, et agissez rapidement », a-t-il lancé.

Il a ensuite appelé les pays africains à suivre l’exemple de l’Egypte, en citant les progrès accomplis dans le projet égyptien d’extension du canal de Suez de 8,2 milliards de dollars, achevé en seulement un an, ainsi que le projet du Caire, qui prévoit de construire une nouvelle capitale moderne pour un coût de 45 milliards de dollars.

En 2015, la Banque africaine de développement a accordé 140 millions de dollars EU de cofinancement pour soutenir le gouvernement égyptien dans le projet d’extension de l’aéroport de Charm el-Cheikh, et a approuvé et entièrement décaissé 500 millions de dollars en appui budgétaire, portant ainsi le portefeuille actif de la BAD en Egypte à 2,23 milliards de dollars EU (32 opérations).

« Le message et l’enseignement à tirer sont clairs », a indiqué Adesina. « Les pays africains doivent accélérer leur rythme de croissance et de développement. L’Afrique doit voir les choses en grand, faire les choses en grand et agir en grand. Nous ne devons jamais manquer d’ambitions pour l’Afrique. La Banque africaine de développement – votre banque – sera là pour vous aider ».