L’Afrique, ouverte aux opportunités économiques : la Banque africaine de développement lance un appel au secteur privé du continent

21/03/2016
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Le secteur privé africain continuera d’impulser la transformation économique du continent, a déclaré, lundi 21 mars 2016, le président de la BAD, Akinwumi Adesina, lors de l’ouverture du quatrième Africa CEO Forum, à Abidjan. 

S’adressant à quelque 500 chefs d’entreprise venus de 43 pays africains, outre 20 autres en provenance du monde entier, le président de la BAD a déclaré : « Le décollage de l’Afrique reste vigoureux. Oui, les pays africains rencontrent des difficultés économiques suite à la forte baisse des prix des produits de base [...], mais les économies africaines demeurent solides. Alors que l’économie mondiale devrait croître de […] 3 % cette année, l’Afrique devrait enregistrer un taux de croissance de 4,4 % en 2016 et de [...] 5 % en 2017. »

Dans une allocution de bienvenue au président et au Premier ministre de la Côte d’Ivoire, ainsi qu’au vice-président du Kenya, M. Adesina a comparé les chefs de gouvernement à des « les PDG d’une société nationale ». Il a esquissé une vision claire des efforts que les gouvernements doivent déployer pour aider le secteur privé à atteindre son potentiel maximal : assurer la stabilisation macro-économique et l’assainissement des finances publiques, élargir l’assiette fiscale et développer les marchés financiers nationaux. En outre, a-t-il ajouté, les gouvernements doivent continuer à s’occuper des problèmes d’infrastructures, à éliminer les obstacles à l’intégration régionale et à accélérer les réformes clés. 

Le président Adesina a détaillé certaines initiatives visant à approfondir l’intégration financière et à accroître les liquidités, notamment le projet de la BAD qui consiste à interconnecter quatre bourses africaines, et une joint-venture conclue avec Bloomberg pour faciliter l’émission d’obligations souveraines et d’obligations de sociétés sur les marchés africains. Soulignant la hausse des transferts de fonds et l’augmentation des fonds souverains en Afrique, il a ajouté : « Avec toutes ces ressources, l’Afrique peut financer son propre développement, et décider ainsi de la direction à prendre et de son rythme de croissance ».

« La formule permettant aux nations de s’enrichir est simple », a-t-il poursuivi. « Les pays riches créent de la valeur ajoutée en transformant les matières premières en produits finis, alors que les pays pauvres ne font qu’exporter leurs produits naturels bruts. L’Afrique ne représente que 1,9 % de la plus-value mondiale dans le secteur manufacturier ».

Le président de la BAD a appelé le secteur privé à prendre l’initiative, en redoublant d’efforts pour transformer les produits de base en Afrique même et pour diversifier ses économies, surtout dans des secteurs comme les services et le tourisme. Le secteur privé représente 80 % de la production totale, 90 % des emplois et les deux tiers du total des investissements. « Dans un contexte économique mondial difficile, ce sont les pays africains à l’économie diversifiée qui résistent le mieux aux turbulences économiques. Si le contexte actuel est difficile, il représente aussi une grande opportunité, notamment pour les pays riches en ressources, de diversifier leur économie en développant d’autres activités que l’exportation de matières premières [...] Le moment est venu pour l’Afrique de grimper dans la chaîne de la valeur ajoutée », a-t-il précisé.

Akinwumi Adesina a conclu en présentant la vision de la Banque africaine de développement pour les années à venir, une vision énoncée dans les « 5 grandes priorités » de la Banque (dites “High 5s” en anglais), qui ont pour but de mieux cibler sa Stratégie décennale pour la période 2013-2022. Il a présenté le contexte et les objectifs de chacune de ces 5 grandes priorités : éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie ; nourrir l’Afrique ; industrialiser l’Afrique ; intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie des Africains. « Nous ne réussirons à atteindre les objectifs des “5 Grandes priorités” que si le secteur public coopère avec le secteur privé », a déclaré le président Adesina. « Nous devons voir grand et agir en conséquence pour obtenir des résultats ambitieux pour l’Afrique ». 

Amir Ben Yahmed, vice-président du Groupe Jeune Afrique à Paris et président-fondateur de l’Africa CEO Forum, avait présenté plus tôt le thème de la conférence, « Nouvelle réalité, Nouvelles priorités », dans un contexte où l’Afrique cherche à s’adapter à la chute des cours des produits de base et à créer de nouvelles opportunités de diversification économique.

Concluant la cérémonie d’ouverture, le président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, a souligné à son tour la résilience de l’Afrique et la nécessité pour le continent de créer de la valeur ajoutée. « C’est vous, le secteur privé, qui contribuerez le plus à créer des emplois pour les jeunes de ce continent » a-t-il déclaré, soulignant que si les secteurs public et privé collaborent, le partenariat est « gagnant/gagnant ». Et d’appeler le secteur privé africain à financer davantage la croissance de l’Afrique et à formuler des propositions concrètes dans le cadre de l’Africa CEO Forum.