L’Afrique doit accélérer l’intégration pour promouvoir le commerce et l’industrialisation

21/05/2014
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Les pays africains doivent accélérer l’intégration pour promouvoir le commerce et l’industrialisation en changeant les mentalités, ont estimé les participants à une session consacrée au commerce, qui s’est tenue le mardi 20 mai 2014, à Kigali, dans le cadre des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).

Intitulée « Faciliter le commerce de l’Afrique », cette session a nourri le consensus parmi les participants : le changement des mentalités stimulera l’intégration, entraînera des économies d’échelle et favorisera l’industrialisation, dont l’Afrique a cruellement besoin pour devenir un acteur efficace dans le commerce mondial.

Soulignant que le continent ne pouvait prospérer avec 54 marchés fragmentés, cette conférence – à laquelle ont assisté des ministres du Commerce, des représentants des organisations internationales, des chefs d’entreprise, des chercheurs et des représentants de la société civile venus du monde entier – a abouti à ce constat :  le temps est venu de « la faire [l’intégration], un point c’est tout ».

Le commerce intra-africain progresse lentement, ayant atteint 11 % environ en 2013, tandis que les échanges de l’Afrique avec le reste du monde restent inférieurs à 3 %.

Des participants ont suggéré d’interdire l’exportation des produits de base non transformés et des matières premières, et de permettre la libre circulation des personnes, des biens et des services à travers les frontières des pays africains, afin d’encourager la production, la création d’emplois et le commerce.

La conférence a analysé les tendances mondiales et régionales en matière de facilitation du commerce, et tiré des enseignements pour mieux éclairer les interventions futures au vu des effets potentiels de l’ Accord actuel sur la facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le ministre rwandais du Commerce et de l’Industrie, François Kanimba, a affirmé que l’harmonisation des politiques gouvernementales, ainsi que la volonté politique de mettre en œuvre de telles politiques, sont essentielles à la réalisation du programme d’intégration de l’Afrique.

Pour sa part, la directrice exécutive du Centre du commerce international (ITC), Arancha González, a déclaré que l’Afrique a besoin d’investir dans sa capacité productive et dans l’acquisition des compétences pédagogiques, de favoriser la compétitivité des PME (petites et moyennes entreprises), et de promouvoir les liens commerciaux, – autant de moteurs indispensables pour le commerce africain.

À propos du rôle des institutions financières dans la facilitation des échanges commerciaux, le président de la Banque africaine d’import-export, Jean-Louis Ekra, a exhorté les gouvernements africains à profiter des changements rapides qui ont lieu dans le système bancaire africain, pour permettre aux flux financiers de soutenir les transactions commerciales. Il a aussi préconisé une plus grande coopération entre les banques commerciales sur les enjeux liées aux échanges commerciaux.

Tous sont convenus que l’enseignement de compétences techniques et la pleine participation du secteur privé comme facteurs à même de changer la donne dans la quête d’intégration de l’Afrique, dans la production à grande échelle et la pleine participation au commerce mondial.

Frederick Agah Yonov, de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Richard Sezibera, de la Communauté d’Afrique de l’Est, et Johny Smith, du Groupe Walvis Bay Corridor (WBCG) figuraient parmi les participants clés à cette conférence.