Le déficit de technologies et de compétences qualifiées, un défi d’ampleur pour l’Afrique

02/11/2014
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« L’avenir de l’Afrique dépend des Africains eux-mêmes et non de consultants qui ne doivent jouer qu’un rôle de catalyseur », a déclaré le vice-président exécutif de la Société minière sud-africaine AngloGold Asanti, David Noko, lors d’un panel organisé dans le cadre de la  9e édition de la Conférence économique africaine, dont les travaux ont débuté samedi 1er novembre 2014, à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.

Lors de ce panel, placé sous le thème « Adapter les compétences aux besoins de l’industrie au XXIe siècle » (“Adapting skills to 21st century industry requirements”), un constat s’est dégagé : les choses ne peuvent rester en l’état, le continent doit relever le défi du déficit de technologies et de compétences qualifiées.

Présente dans six pays du continent, la société que dirige David Noko a été contrainte de retarder le démarrage de plusieurs projets, à cause notamment d’un manque flagrant de personnels africains qualifiés pour ce faire, a révélé son vice-président exécutif.  Et d’inviter les dirigeants africains à faire face au défi d’harmoniser la formation et le marché de l’emploi.

Membre du panel, la directrice de la Division des politiques pour le développement social de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, Takyiwaa Manuh, a insisté quant à elle sur la nécessité de « colmater les brèches’ » entre le système actuel en vigueur dans la plupart des pays du continent et les besoins réels du marché de l’emploi. « En Afrique, se pose surtout actuellement un problème de qualité plutôt que de quantité », a précisé Takyiwaa Manuh, indiquant que l’accent est mis davantage sur l’accès à l’école primaire (un taux de scolarisation de 24 %). Autre constat de cette responsable de division de la Commission économique pour l’Afrique : les universités africaines sont orientées vers l’enseignement des lettres, reléguant les sciences et les technologies à l’arrière plan.

« La consolidation de la forte croissance économique notée ces dernières années dans de nombreux pays du continent doit s’accompagner de la disponibilité d’une main d’œuvre qualifiée, surtout pour la marche des industries extractives », juge  Takyiwaa Manuh. Elle a également plaidé pour qu’une attention particulière soit portée au secteur informel en Afrique, qui emploie de nombreux jeunes.

Prenant la parole à son tour, Hamid Temmar, ex-ministre algérien de l’Industrie, a insisté lui aussi sur l’importance de la formation du capital humain dans la quête de transformation économique du continent.  

Cette 9e édition de la Conférence réunira, jusqu’au lundi 3 novembre 2014, des décideurs politiques, chefs d’entreprises, économistes et universitaires venus du monde entier, autour du thème « Savoir et innovation pour la transformation de l’Afrique ».

Cette Conférence, organisée chaque année par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), la CEA et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), est l’opportunité d’étudier les moyens de mettre à profit le savoir et l’innovation pour la transformation économique du continent.