L’Afrique va mieux : garder le cap sur la transformation

21/05/2014
Share |

Dans six ans, en 2020, 22 pays africains connaîtront une croissance supérieure à 6 %, et le taux de croissance de l’ensemble du continent devrait s’élever à 5,7 % en 2013, à lire la Revue annuelle 2014 sur l’efficacité du développement, publiée le 21 mai 2014 à Kigali, au Rwanda.

Ce rapport, rendu public dans le cadre de la Présentation de l’efficacité financière et du développement  – événement de prestige des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) –, souligne le fait que ces taux de croissance élevés marquent l’amorce d’un changement vers un schéma de développement autonome pour l’Afrique.

« Le rapport de cette année nous indique que l’Afrique d’aujourd’hui, après une décennie de croissance, remet en cause les vieux schémas de pauvreté et de dépendance pour écrire une nouvelle histoire faite de changement et d’opportunités », a déclaré Simon Mizrahi, directeur du Département des résultats et du contrôle de la qualité de la Banque, qui a publié le rapport.

Et d’ajouter que l’Afrique est en train d’accomplir d’énormes progrès en matière de développement, désormais en passe de devenir un pôle mondial de développement. De fait, elle englobe 9 des 15 économies qui connaissent actuellement la plus forte croissance au monde.

Selon le rapport, ces statistiques de croissance ne sont pas seulement une question de chiffres, mais indiquent qu’émergent les conditions économiques permettant à davantage d’Africains de vivre plus longtemps et de donner plus de sens à leur vie.

Le cas de Domina Dusabe, une Rwandaise mère de cinq enfants vivant sur les contreforts de Kigali, illustre la dimension humaine des quelque 820 projets de développement engagés actuellement par la Banque à travers le continent africain : ses conditions de vie et celles de sa famille ont été transformées favorablement grâce à un projet laitier financé par la BAD et le gouvernement rwandais.

« Qu’il s’agisse d’espérance de vie, de scolarisation ou de mortalité infantile, l’Afrique a fait des progrès considérables pour ce qui est d’améliorer les conditions de vie de ses habitants » au cours des deux dernières décennies, a ajouté Simon Mizrahi.

Toutefois, ces réussites soulignent également d’importantes contradictions et difficultés auxquelles il faut remédier. Par exemple, si l’Afrique est l’une des régions à la croissance la plus rapide de la planète, elle compte également 6 des 10 pays les plus inégalitaires au monde.

Les deuxième et troisième défis qui se posent sont liés à l’insuffisance des infrastructures et à la question de la viabilité du développement. Ainsi, du fait d’infrastructures inadaptées, les pays africains paient les produits alimentaires importés d’Amérique latine moins cher que ceux qu’ils achètent à des pays voisins. Autre exemple critique : le rétrécissement de 90 % de la surface du lac Tchad souligne de façon aiguë le caractère crucial du développement durable. « Ce que le lac Tchad nous dit, c’est que les perspectives de développement de l’Afrique sont inextricablement liées à la bonne gestion de ses ressources naturelles », est-il noté dans le rapport.

La Stratégie décennale de la Banque pour la période 2013-2022 met en exergue la nécessité de relever ces défis, en se fixant pour objectifs primordiaux la croissance inclusive et la transition vers une croissance verte.

Pour atteindre ces objectifs, la Banque investit 22 milliards de dollars EU afin de créer des opportunités à travers le continent, dans les domaines des infrastructures, de l’intégration économique régionale, du développement du secteur privé, de la gouvernance et de la responsabilisation, ainsi que dans les compétences et les technologies.

Le Département des résultats et du contrôle de la qualité a mis au point un outil Web interactif, MapAfrica, afin de cartographier son travail sur le terrain. MapAfrica montre ainsi qu’en 2013, 71 % de l’ensemble des opérations de la Banque ont atteint, voire dépassé, leurs objectifs de développement. Par ailleurs, la Banque s’est vue décerner en 2013 deux récompenses en matière d’impact sur le développement, décernées par le Trésor américain – consacrant ainsi la précieuse contribution de la Banque, axée sur la transformation économique de l’Afrique.