Le Rapport annuel sur le progrès en Afrique presse les dirigeants du continent à livrer des résultats aux populations

27/05/2010
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Abidjan, le 26 mai 2010 – Les dirigeants africains ont été mis au défi de transformer la ruée vers l'Afrique en résultats pour tous les peuples du continent.

Le Rapport 2010 sur le progrès de l’Afrique présenté à Abidjan avant les assemblées annuelles de la BAD, le mercredi 26 mai 2010, note que l’Afrique enregistre des progrès en dépit des problèmes de gouvernance.

Il exhorte également les ministres africains des Finances à protéger leurs économies et leurs plans de développement contre les effets négatifs du changement climatique et à miser sur les femmes, qui représentent environ 50 pour cent de la population de l'Afrique.

Le rapport sur le thème «De l'ordre du jour à l'action - Transformer les ressources en résultats pour les personnes» a été présenté par Graça Machel et Peter Eigen, membres du panel sur le Progrès de l’Afrique. Ils ont été rejoints par Mo Ibrahim, fondateur de la Fondation Mo Ibrahim, Abdoulie Janneh, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA) et Edith Jibunoh de One.org, comme panélistes.

S'exprimant sur les conclusions du rapport de 66 pages, Mme Machel a fait observer que des progrès se font dans divers pays en Afrique, et a exhorté les dirigeants africains à mettre en valeur les richesses du continent, sa nombreuse population en croissance, l'expansion du commerce et les possibilités offertes par le changement climatique pour développer l'Afrique.

Les dirigeants africains, selon Mme Machel, devraient s'attaquer au problème de la faim, du manque d'accès à l'éducation pour plus de 15 millions d'enfants en Afrique, de l'insuffisance des investissements dans l'agriculture et l'énergie, et au problème de la corruption.

Elle estime qu’avec des dirigeants visionnaires et engagés, et davantage de partenariats, l'Afrique réaliserait des progrès significatifs dans ses efforts de développement.

Pour sa part, M. Eigen a déclaré que les gouvernements africains n'ont pas les capacités requises pour faire face à la corruption, à la responsabilisation et à la gouvernance. Il a suggéré l'autonomisation des organisations de la société civile pour être les championnes de la lutte contre la corruption, en particulier dans les industries extractives.

Dans sa contribution, M. Janneh a noté que des progrès sont observables dans le domaine de la gouvernance, précisant que le NEPAD et le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs sont de bons indicateurs de ces réalisations.

Il a plaidé pour l'adoption de politiques appropriées dans l'agriculture, en citant les succès enregistrés par le Malawi dans ce secteur, et a insisté sur la nécessité de mettre fin à la marginalisation des femmes en Afrique.

Le rapport évalue les progrès accomplis par l'Afrique ces cinq dernières années, passe en revue les différents plans élaborés pour aller de l’avant, et identifie six domaines prioritaires d'action, trois pour les décideurs africains et trois pour leurs partenaires internationaux.

Les membres du panel sont convaincus que si leurs recommandations sont adoptées, « elles contribueront à l'obtention de résultats mesurables qui permettront d'accroître le bien-être et les opportunités pour tous les Africains.»