L’Afrique vise à obtenir une meilleure part des marchés internationaux du carbone

08/07/2011
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Les experts en énergie et climat ont cherché les moyens d’aider l'Afrique à capter une plus grande part des marchés internationaux du carbone lors du Forum africain du carbone, organisé à Marrakech, au Maroc, du 4 au 6 juillet 2011. L'Afrique a longtemps été sous-représentée dans ces marchés, ne recevant que 2 pour cent de la somme de 2 à 3 milliards de dollars EU négociée chaque année à travers le Mécanisme de développement propre (MDP), le courtier reconnu pour le commerce des émissions de carbone.

«L'Afrique est à un stade de développement économique important, avec de gros investissements dans l'énergie et les infrastructures. Il importe de mettre en place un mécanisme approprié pour veiller à ce que ce développement rapide suive une voie à faible émission de carbone», a déclaré Hela Cheikhrouhou, directrice du département Énergie, environnement et changement climatique de la Banque africaine de développement (BAD), lors de son discours au Forum.

Mme Cheikhrouhou, comme bon nombre des 1000 participants du Forum, a reconnu que le Mécanisme de développement propre s'est avéré efficace. Même si l'Afrique n'a jusqu'ici que peu bénéficié du MDP, les choses commencent à changer.

Continuer à améliorer le bilan de l'Afrique vis-à-vis du MDP a été un important sujet de conversation pendant le Forum, de même que les incertitudes qui continuent à peser sur les marchés du carbone après 2012, lorsque le Protocole de Kyoto et ses plafonds d'émissions arriveront à échéance. Sans ces plafonds, le marché des crédits de carbone pourraient être considérablement réduits, ce qui laissera peu d'incitation au  secteur privé pour investir dans des projets à faible émission de carbone, et moins de possibilités à l'Afrique pour bénéficier des marchés du carbone, comme la Chine, l'Inde et le Brésil l’ont fait il y a plusieurs années.

La BAD a déjà pris des mesures audacieuses pour relever ces défis. Elle prépare la Facilité de carbone Afrique, pour fournir des garanties dans l'après-2012 visant à atténuer les incertitudes d’investissement, à travers la souscription de l'achat des réductions d'émissions certifiées sur les projets africains jusqu'en 2020. Elle a également lancé le Programme d’appui au carbone Afrique pour briser certains obstacles à l'accès au MDP. Cette initiative comprend un volet d’aide aux promoteurs de projets à élaborer des projets pour le MDP, la formation des organismes gouvernementaux, et la sensibilisation sur les opportunités dans les marchés du carbone. La Banque travaille également sur d'autres instruments de financement adaptés pour aider l'Afrique à financer ses efforts en faveur du climat.

Au cours du forum, les représentants de la BAD ont partagé ces outils et leurs autres domaines d'expertise  dans le cadre d’un certain nombre de séances, entre autres le suivi du MDP et les rapports sur ce mécanisme, les financements pour atténuer les risques du MDP, les moyens permettant aux banques de développement de faciliter la participation des banques locales au MDP, les conseils aux promoteurs des projets potentiels de MDP, le système communautaire européen de commerce du carbone et son impact sur la demande de crédits carbone en Afrique. La Banque a aussi organisé deux événements parallèles, l'un sur les possibilités nationales d'atténuation et l’autre sur la promotion de la participation du secteur privé aux marchés émergents de carbone de l'Afrique.

Le Forum du carbone de l'Afrique est une foire commerciale et une plate-forme de partage du savoir pour les investissements du carbone en Afrique. Le Forum de cette année a mis en évidence les plus récentes évolutions sur le marché du carbone et les moyens pour le MDP de réussir en Afrique.

Il était de mise que ce forum se tienne à Marrakech, car cette année marque le 10e anniversaire des Accords de Marrakech, qui ont lancé l'utilisation du Mécanisme de développement propre.