Journée de l’Afrique au cœur des débats à la COP 20 : l’Afrique montre la voie de l’accord sur le climat post-2015

12/12/2014
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La Journée de l’Afrique, qui s’est tenue en marge de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP20), s’est voulue un plateforme où débattre du prochain accord sur le changement climatique, qui doit être conclu à Paris lors de la COP21, notamment de ses incidences pour le continent africain – entre autres, sur la façon dont d’importants enjeux relatifs à l’adaptation, au financement du changement climatique, aux femmes et aux jeunes, peuvent être dûment pris en compte. Cette journée de l’Afrique était donc l’occasion idéale de souligner les préoccupations et les priorités spécifiques du continent africain.

Cet événement est devenu le symbole représentatif de l’Afrique à la Conférence de l’ONU sur le changement climatique, ainsi que l’a rappelé, lors de la séance d’ouverture, Mohamed Gharib Bilal, vice-président de la République unie de Tanzanie et représentant du coordonnateur du Comité des chefs d’États et de gouvernements africains sur le changement climatique (CAHOSCC par acronyme en anglais).

La séance d’ouverture a été suivie d’une réunion-débat qui a porté pour l’essentiel sur des questions liées au financement du changement climatique, de façon à prendre en considération l’adaptation, un développement sobre en carbone et la croissance inclusive en Afrique ; ainsi que sur l’appui nécessaire dont ont besoin les pays africains pour pouvoir accéder aux financements du changement climatique. Alex Rugamba, directeur du Département de l’énergie, de l’environnement et du changement climatique de la BAD, a commencé par se féliciter des promesses faites concernant les fonds de financement du changement climatique, tout en appelant à des promesses « plus ambitieuses ». Et de souligner que « le financement représente un véritable défi, et quels que soient les plans excellents mis au point pour lutter contre le changement climatique, sans financement pour les exécuter, ils ne restent qu’à l’état de plans. »

Autre volet essentiel pour garantir une résistance durable au changement climatique sur le continent africain : l’inclusion sociale. C’est un fait établi, les femmes et les jeunes sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique. Tosi Mpanu-Mpanu, membre suppléant du Conseil d’administration du Fonds vert pour le climat (FVC), a expliqué que la politique sur le genre qu’applique le Fonds s’inspire de celle de la BAD et qu’elle permettra d’intégrer la question du genre dans ses activités.

« Les négociations sont entrées dans une phase cruciale », a indiqué Olusha Olayide, du Département de l’économie rurale et de l’agriculture de la Commission de l’Union africaine, au nom de la commissaire Rhoda Peace Tumusiime. Elle a demandé à ce que l’on redouble d’efforts et que l’on apporte plus de réponses pour inclure et prendre en compte les aspirations des femmes et des jeunes dans le futur accord.

Fatima Denton, directrice de la Division des initiatives spéciales de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), a rappelé que le nouvel accord sur le climat concerne « la sécurité collective de l’Afrique, mais aussi la détermination de l’Afrique à poursuivre une trajectoire de croissance qui ne s’inversera pas dans une spirale descendante. »

« L’accord de 2015 sera valable pendant des décennies et ne devrait pas compromettre le droit de l’Afrique à poursuivre dans la voie du développement durable », a insisté Nagmeldin Goutbi Elhassan, président du Groupe africain des négociateurs. C’est pourquoi « nous devons être fermes sur nos positions et travailler étroitement ensemble », a déclaré Jesca Eryo, secrétaire générale adjointe de la Communauté de l’Afrique de l’Est. « L’accord doit contenir ce que nous attendons », conclut-elle, forte de son expérience de ministre d’État de l’Ouganda et de sa participation aux précédentes négociations sur le changement climatique.

Un large consensus s’est dégagé parmi les participants à la réunion et le public quant au fait que le changement climatique pose des défis complexes pour le développement des pays africains – défis qui doivent être pris en compte dans le futur accord sur le changement climatique. Les opportunités que peut offrir le changement climatique, si elles sont bien exploitées, permettront d’améliorer le programme de développement de l’Afrique et engendreront de nouvelles perspectives en matière de développement, pour rendre ce dernier plus résilient et plus durable.

La Journée de l’Afrique a été organisée conjointement par le gouvernement de la République unie de Tanzanie, le gouvernement de la République du Mozambique, la Commission de l’Union africaine (CUA), l’Agence de planification et de coordination du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD, NPCA), le Centre africain de politique climatique de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CAPC/CEA), la Banque africaine de développement (BAD), ainsi que le secrétariat de la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement (CMAE) organisée par le Bureau régional pour l’Afrique du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).