Changement climatique : l’Afrique doit montrer l’exemple en réduisant ses émissions industrielles

28/05/2016
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La Banque africaine de développement (BAD) a mis l’Afrique au défi de montrer la voie dans la mise en œuvre de stratégies afin d’en finir avec les émissions de carbone dans le processus global de fabrication.

Responsable de la division Conformité et Sauvegarde du Groupe de la BAD, Anthony Nyong a rappelé que l’Afrique a beau être le continent qui contribue le moins aux émissions industrielles mondiales, c’est elle qui subit le plus les effets de la pollution atmosphérique.

C’était lors d’une session des Assemblées annuelles 2016 de la Banque, intitulée « Changement climatique – surmonter les obstacles », mercredi 25 mai à Lusaka, en Zambie.

Cette année, les Assemblées sont organisées sur le thème « Énergie et changement climatique ».

« Si le monde doit en effet réduire les émissions à un niveau inférieur à 2 % comme convenu au sommet de la COP21 qui s'est tenue à Paris, l’Afrique doit montrer la voie en continuant de réduire ses émissions actuelles », a déclaré Anthony Nyong. Et d’ajouter : « Si l’Afrique est le chef de file mondial en ce domaine, on verrait le phénomène El Niño toucher le continent bien après les trois ans qu’on observe aujourd’hui », a-t-il ajouté. La BAD offrira son appui pour aider les États membres à renforcer leur capacité à honorer l’accord de Paris sur le changement climatique.

En prenant la parole, Caroline Kende-Robb, directrice exécutive de l'Africa Progress Panel créé par Kofi Annan, a insisté sur la nécessité d’anticiper une transition graduelle pour installer un bouquet énergétique à même de permettre au continent de passer à zéro émission de carbone. Mais elle a aussi dit que l’Afrique ne pourrait pas abandonner du jour au lendemain les sources d’énergie comme le charbon, au vu de son utilité actuelle de ce produit dans l’ensemble du processus industriel.

« La migration à partir des combustibles fossiles doit être bien planifiée, et la volonté politique des responsables africains est déjà flagrante. Alors, souhaitons au continent de parvenir à atteindre le seuil d’émissions de carbone de moins de 2 % », a lancé la directrice exécutive de l'Africa Progress Panel.

Le directeur général du Fonds mondial pour la nature (WWF), Marco Lambertini, a déclaré quant à lui qu’un engagement commun des États africains est crucial si l’on veut trouver des solutions aux problèmes que rencontre le continent par rapport au changement climatique.

Les populations d’Afrique sont des communautés dynamiques, qui ont la possibilité de mettre en œuvre leurs propres idées pour éliminer les effets de régimes météorologiques défavorables. « L’Afrique est la nouvelle ligne de front de l’industrialisation et, investir aujourd’hui dans le potentiel des populations du continent pourrait en faire la plateforme des solutions d’énergies propres », a-t-il argué.

Naoko Ishii, présidente et directrice générale du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), et Carlos Lopes, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) ont pris part aux débats. Ainsi que Mary Robinson, présidente de la Fondation Mary Robinson – Climate Justice et ex-présidente de l’Irlande, et Rachel Kyte, directrice générale de l’initiative « Énergie durable pour tous » (SE4All).