Des conseils prodigués à l'Afrique pour une gestion rationnelle de l'eau

27/05/2014
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En Afrique, la sécurité de l'approvisionnement en eau est compromise par un climat très changeant, caractérisé par des variations annuelles importantes, ont indiqué des experts durant la session intitulée « Développer la résilience hydrique », qui s'est tenue lors des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), à Kigali, au Rwanda.

Les experts ont appelé les gouvernements africains à mieux faire connaître les processus de planification en matière de gestion de l'eau.

Conseiller en infrastructures au sein de la Banque de développement de l'Afrique australe, Mike Muller a déclaré que la politique n’y parviendra pas, à moins que des mesures ne soient prises pour améliorer la visibilité de ces processus.

« Si nous gérons bien nos ressources en eau, de façon à soutenir l'agriculture et les industries et à répondre à tous les besoins d'approvisionnement à usage domestique, notre économie s’accroîtra et nous aurons davantage de ressources disponibles pour fournir de l'eau potable à l’ensemble de la population », a-t-il relevé.

Mike Muller, également ingénieur hydraulicien, a expliqué que, pour que les pays en développement puissent atteindre le statut de pays à revenu intermédiaire, ils doivent gérer leurs ressources en eau efficacement.

« Une gestion efficace de l'eau est capitale pour renforcer la résilience de l'Afrique et peut rompre le cercle vicieux du manque d'eau et de l'insuffisance d'eau potable propre et salubre dans les communautés rurales », a-t-il déclaré.

Les experts ont argué que la variabilité actuelle du climat déstabilise déjà les économies et que les tendances escomptées en matière de changement climatique risquent probablement d'aggraver les problèmes d'une grande partie de la population, particulièrement des plus vulnérables et des démunis.

« Le stress hydrique peut compromettre la réalisation d'importants objectifs de développement, tels que les OMD en matière d'accès à l'eau et d'assainissement et ralentir les progrès vers un développement durable, s'il n'est pas bien géré », a souligné Mohamed Ait-Kadi, président du Conseil général du développement agricole du ministère de l'Agriculture et de la  Pêche du Maroc.
Et d’indiquer que son pays, le Maroc, a entrepris de développer et de gérer des ressources en eau, grâce auxquelles environ 1 000 hectares de terres agricoles ont été irrigués.

Les gouvernements africains doivent impliquer le secteur privé pour développer de solides infrastructures, à même d'approvisionner efficacement les communautés en eau.

La session a souligné l'importance d'une approche intégrée pour renforcer la résilience des ressources en eau douce de l'Afrique, du fait de pressions humaines croissantes, de l'appauvrissement des écosystèmes et des facteurs climatiques.

Cela a été aussi l’occasion d‘évoquer les approches novatrices destinées à assurer la sécurité de l'approvisionnement en eau et qui maximisent les avantages socioéconomiques et écologiques tout en atténuant l'impact du changement climatique.

L'importance de la gouvernance de l'eau et la construction d'infrastructures et de sociétés durables à l’échelle nationale et régionale a été soulignée.

De l’avis de Stanislas Kamanzi, le ministre rwandais des Ressources naturelles, l'eau joue un rôle crucial pour l’édification d’économies résilientes ; ce qui exige une vision proactive et clairvoyante sur le long terme et de planifier les infrastructures hydrauliques.

« Les prévisions en matière de changement climatique, de croissance démographique et de hausse de la demande aujourd'hui signifient que la valeur de l’eau doit être appréciée avec plus de rigueur et, pour ce faire, que des spécialistes sectoriels identifient les lacunes et en assurent une utilisation efficace », a-t-il déclaré.

L'Afrique affiche le taux de croissance de la population urbaine le plus élevé au monde. C'est le résultat combiné de l’exode rural vers les zones urbaines, de la croissance démographique et de l'urbanisation des zones rurales.

En 2011, plus de 400 millions d'Africains, soit près de 40 % de la population du continent, vivaient en milieu urbain. Dans 50 ans, ce sont près de 65 % des Africains qui vivront dans des villes.