L’Afrique devrait suivre le modèle TIC pour sortir rapidement de son impasse énergétique

03/06/2015
Share |

Si l’on se base sur les données disponibles, des rapports montrent que 750 millions d’Africains dépendent de la biomasse pour leurs besoins quotidiens en énergie — une situation qui place clairement le secteur énergétique en tête du programme de développement de l’Afrique.

Cette question a occupé une place prépondérante lors du séminaire « Énergie pour l’Afrique : la prochaine révolution » qui s’est tenu jeudi 28 mai à Abidjan, lors des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).

« L’énergie reste l’un des défis majeurs de l’Afrique », a déclaré Alex Rugamba, directeur du Département de l’énergie, de l’environnement et du changement climatique de la BAD, exhortant les participants du séminaire à proposer des solutions susceptibles d’aider le continent à résoudre ses questions énergétiques vitales.

L’une des suggestions avancées, consistent à éviter le modèle traditionnel de génération et de distribution lentes d’énergie au profit d’options intelligentes centrées sur la technologie, capables de transformer le secteur énergétique africain de la même manière que les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont transformé le secteur de la téléphonie en Afrique. 

Cela requiert du savoir-faire, qui, selon Andrew Alli, président directeur général de l’African Finance Corporation of Nigeria, existe déjà sur le terrain.

« Nous possédons déjà la technologie. Ce n’est qu’une question de finances et d’économie », a-t-il souligné, en faisant remarquer que les fournisseurs d’électricité abondent, surtout en Afrique de l’Est, mais qu’ils manquent des ressources nécessaires pour développer progressivement leur activité.

Selon lui, l’énergie solaire reste la voie à suivre, si un réseau institutionnel est mis en place pour rassembler ces entrepreneurs en herbe et leur permettre d’augmenter progressivement leur activité avant qu’ils ne la remettent au secteur privé.

Adama Toungara, ministre du Pétrole et de l’Énergie de Côte d’Ivoire, qui a déjà appliqué des réformes considérables en matière d’énergie, soutient entièrement l’idée que le secteur privé se trouve dans une bien meilleure position pour solutionner ces défis énergétiques.

M. Toungara souligne que le gouvernement ivoirien a dû faire face à des problèmes d’insuffisance de fonds, à un manque d’investissement, à l’absence d’un programme de privatisation ainsi qu’à un cadre réglementaire insuffisant l’empêchant de tirer le service hors de l’abîme.

« Le gouvernement ne parvient pas à gérer convenablement le secteur de l’énergie », a-t-il insisté. 

D’après le ministre Toungara, la Compagnie ivoirienne d’Électricité parvient à l’heure actuelle à fournir 80 % de l’accès et 45 % de la couverture requis. La compagnie a également supprimé les subventions à l’électricité, mais elle permet aux communautés d’un maximum de 500 habitants d’accéder à l’électricité au tarif réduit de 1 000 francs CFA (ou 2 dollars US). 

Selon Jean-Louis Borloo, fondateur de l’association « Énergie pour l’Afrique », le secteur énergétique africain nécessite un « Plan Marshall ». Aussi M. Borloo travaille-t-il avec le Groupe de la BAD, pour collecter des fonds en vue de financer le secteur. 

Selon Borloo, « étant donné l’explosion démographique de l’Afrique, il existe un besoin incontestable d’améliorer le secteur énergétique du continent. »