Afrique - « Atelier du monde ? », stratégies industrielles pour libérer le potentiel d’un continent

27/05/2016
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En Afrique, la part des industries manufacturières dans le PIB est inférieure à la moitié de la valeur moyenne enregistrée dans les pays en développement. Le jeudi 26 mai 2016, un panel de discussion s'est tenu sur le thème « L´Afrique – « Atelier du monde ? », dans le cadre des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) à Lusaka. Organisée en collaboration avec International Growth Centre (IGC), cette rencontre portait sur les différentes voies qui pourraient permettre d´adapter les stratégies de manufacture de l´Afrique de manière à réaliser le potentiel du continent pour en accélérer l’industrialisation.

Modérée par  Daniel Makokera de la société Pamuzinda Productions, la discussion était axée sur l’analyse des contraintes majeures qui freinent la croissance des industries africaines, et à passer en revue les divers choix qui se présentent en matière de politique pour stimuler l´activité manufacturière, la croissance des entreprises et la création d´emplois. Les panélistes étaient Célestin Monga, de l´ONUDI ; Paul Collier, de l´IGC et de l´université d´Oxford ;  John Page, de IGC et de  Brookings Institution ; et Emmanuel Ndadozie, secrétaire général de la Fondation africaine pour le renforcement des capacités (ACBD).

John Page a déclaré que l´Afrique doit créer des liens stratégiques entre ses exportations, ses territoires et ses capacités. Il a également décrit ce à quoi un tel programme stratégique de développement industriel pourrait ressembler, en plaçant l´accent sur les infrastructures, le développement de compétences, le soutien institutionnel aux investissements étrangers directs et à la création de zones économiques spéciales (ZES), et le lancement d´une « poussée des exportations » par la réduction des coûts d’entrée et d´exportation.

De son côté, Paul Collier a rappelé les problèmes que l´Afrique aura à surmonter pour maintenir ses taux de croissance économique alors que nombre des catalyseurs de croissance d´autrefois ont disparu. Il a souligné l´importance d´augmenter la productivité et la complexité des marchés africains, en facilitant la connectivité au moyen d´infrastructures améliorées et d´une densité accrue, afin de créer des emplois et d’instaurer une croissance durable.

Le panel a conclu que, pour assurer la compétitivité de l´industrie africaine, il sera nécessaire de redoubler d’efforts afin de mettre en œuvre des réformes ayant une véritable portée sur la productivité et la croissance, consistant notamment à appuyer les exportations, renforcer les capacités des entreprises, accroître les capacités humaines et créer des regroupements industriels tels que des ZES. Enfin, les intervenants ont convenu du caractère essentiel d’un leadership efficace pour établir des institutions capables de maintenir la croissance pendant les années à venir.