Les ministres africains appuient des mesures pour atténuer l’impact de la crise financière internationale

12/11/2008
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"La crise ne pouvait tomber à pire moment pour le continent "

Tunis, le 12 novembre 2008 – Les ministres des finances africains et les gouverneurs de banque centrale ont approuvé, à l’issue d’une journée de débats mercredi à Tunis, un communiqué sur ce que leurs pays entreprendraient individuellement et collectivement pour amortir l’impact négatif prévisible de la crise financière internationale sur leurs économies. Ils se sont également exprimés sur le type de support qu’ils attendaient à cet égard de la part de la communauté internationale.

« Nous avons noté que la crise ne pouvait tomber à pire moment pour le continent. Elle constitue un énorme coup dur, à un moment où les économies africaines se trouvaient à un tournant », ont-ils déclaré.

« Elle compromet les progrès appréciables enregistrés ces dix dernières années et accentue les effets de la récente montée en flèche des prix des produits alimentaires et de la volatilité des marchés pétroliers », ont ajouté les ministres et gouverneurs de banque centrale africains dans leur communiqué.

« Nous sommes profondément préoccupés par le fait que les chances de faire reculer la pauvreté et d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement seront réduites », ont-ils souligné dans leur déclaration en 17 points.

La Conférence a également instamment appelé à la conclusion satisfaisante du Cycle de Doha au regard des effets de la crise financière sur le commerce, ce qui permettrait de stimuler l’économie mondiale, d’améliorer les opportunités offertes aux pauvres et de freiner les tendances protectionnistes.

« A la lumière de la crise financière, le Cycle devrait porter une attention toute particulière sur la séquence des réformes en matière de services financiers. Nous prendrons les mesures qui s’imposent pour améliorer la capacité d’offre des économies africaines en améliorant la compétitivité, en développant l’infrastructure et en promouvant une plus grande intégration économique en Afrique », précise le communiqué.

Les ministres ont exprimé leur conviction que le ralentissement de l’économie mondiale allait réduire les opportunités commerciales, l’accès aux financements, les transferts de fonds des émigrés et les investissements directs étrangers. Tout en reconnaissant que les premiers effets de la crise se sont relativement limités à la détérioration des taux de change et des marchés boursiers, les ministres se sont déclarés profondément préoccupés par les effets à long et moyen terme sur nos économies.

La conférence a salué les dispositions prises par les pays du G8 pour rétablir la stabilité financière et la confiance sur les marchés, débloquer les marchés monétaires et du crédit, assurer l’accès à la liquidité et recapitaliser et soutenir les institutions financières majeures.

« Nous apprécions les nouveaux instruments mis en place et les mesures d’urgence prises par les Institutions financières internationales (IFI) pour venir en aide aux pays émergents. Nous leur demandons de se tenir prêtes à fournir un concours souple et rapide aux pays africains qui viendraient à être touchés par la contagion », ont-ils exhorté, ajoutant, toutefois qu’il était clair qu’une crise internationale exigeait une réponse internationale.


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