Les pays d’Afrique vivement encouragés à protéger les ressources marines

20/05/2014
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Les gouvernements africains doivent s’investir davantage dans la conservation de leurs ressources marines afin de protéger et de préserver leur contribution pour les générations futures.

Ces remarques ont été formulées le 19 mai par le Co-président de la Commission Océan Mondial, Trevor Manuel, au cours des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) à Kigali au Rwanda.

Lors d’une session interactive, Manuel et l’ancien Directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) Pascal Lamy, ont exhorté les dirigeants africains à adopter des approches réalistes contre les activités destructrices, comme la surpêche et la pollution, qui ont eu des répercussions négatives sur les ressources en eau à l’intérieur et autour du continent.

« L’inversion de la dégradation des océans est essentielle au développement durable de l’Afrique, et pourtant cet aspect est négligé. En tant qu’Africains, nous devons réaliser que beaucoup de personnes dépendent des masses d’eau pour leur survie quotidienne et nous ne pouvons pas parler de développement durable sans nous attaquer à ces problèmes », a déclaré Manuel.

Manuel a ajouté que, bien que les océans couvrent près des trois quarts de la surface du globe, il n’existe actuellement aucun système pour fournir une perspective internationale sur l’étendue de la dégradation des océans ni aucun ensemble de règles générales pour régir leur exploitation.

« Le manque d’engagement en faveur de la protection des océans a entraîné une surpêche dans beaucoup d’eaux territoriales qui relèvent de la juridiction africaine. Le problème est partout –  au Gabon, en Afrique du Sud, au Nigeria et dans beaucoup d’autres pays- C’est un défi que tous les pays doivent relever », a-t-il dit.

« Je sais que beaucoup de décisions sont retardées par des tendances bureaucratiques, mais j’espère que la situation critique des masses d’eau en Afrique suscite la prise de conscience qu’elles méritent ».

L’ancien Directeur général de l’OMC Pascal Lamy a indiqué que, compte tenu de la pauvreté, beaucoup de pays africains bradent de vastes étendues de leurs territoires maritimes aux nations développées.

Selon Lamy, la majorité de ces nations développées font appel à des technologies avancées pour pêcher, ce qui leur permet d’exploiter les ressources maritimes à des niveaux irréversibles.

« Beaucoup de pays développés sont prêts à payer beaucoup d’argent pour pêcher dans les eaux africaines. Du fait de la pauvreté extrême et de la corruption dans certaines régions d’Afrique, les gouvernements vendent des droits de pêche aux pays développés, ce qui finit par entraîner une surexploitation des ressources », a indiqué Lamy.

« Nous avons besoin que les politiciens commencent à prendre des mesures. Les gouvernements doivent comprendre que les mers ont plus de valeur que l’argent qu’ils perçoivent des ventes de licences à des compagnies maritimes avancées de l’Ouest ».

Au cours de la session interactive, le Président de la BAD Donald Kaberuka a mis les pays africains au défi de stopper la vente de droits de pêche aux pays développés.

« Si l’on considère les profits que la pêche dans les eaux africaines leur rapporte, le total dépasse le montant qu’ils envoient à l’Afrique à travers l’aide au développement ». Cela relève du manichéisme de la lutte des riches contre les pauvres. Ils profitent de certaines vulnérabilités de nos institutions continentales pour exploiter nos ressources maritimes. En tant que dirigeants, il est de notre devoir de prendre des mesures »,  a déclaré Kaberuka.