La Banque africaine de développement lance un appel pour accélérer l’aide à la Tunisie

29/09/2011
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La Banque africaine de développement (BAD) a appelé à accélérer l'aide internationale à la Tunisie, suite aux changements politiques et économiques que connaît le pays. Le président Kaberuka a lancé cet appel au cours de la première réunion du groupe de travail Union européenne/Tunisie qui s’est tenue à Tunis, le mercredi 28 septembre.

Le groupe de travail UE/Tunisie a été créé pour coordonner l'aide européenne et internationale en vue d’accélérer et de rendre plus efficace l’assistance à la Tunisie, après la révolution sans précédent survenue au début de cette année, qui a engendré une vague de changements politiques dans la région.

Installée temporairement en Tunisie, la BAD s’est entièrement engagée aux côtés du gouvernement et du peuple tunisiens depuis la révolution. La BAD a joué un rôle central et actif dans la création du partenariat des institutions financières, appelé Partenariat de Deauville. Elle préside actuellement la plateforme de coordination tournante, durant sa première année de fonctionnement. Le partenariat a été mis en place lors de la réunion du G8 dans la ville française balnéaire de Deauville, en mai 2011, avec comme objectif  de soutenir la transformation politique et économique en Tunisie et dans d'autres pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

Le Premier ministre tunisien, Beji Caïd Essebsi, a déclaré que la réunion de Deauville a été un succès certain pour son pays, car elle a créé une convergence de vues au sein des dirigeants du G8 sur les besoins exprimés par son gouvernement.

Au début de la première réunion du groupe de travail UE/Tunisie, Donald Kaberuka a déclaré : « Je ne saurais trop souligner la nécessité d'aller vite. De par leur nature, les révolutions suscitent des attentes énormes pour l'amélioration des situations.  Mais elles le font au moment où les économies connaissent des perturbations temporaires et où les marchés et les investisseurs réévaluent le profil de risque et adoptent une attitude attentiste. C'est exactement en ce moment que notre action est nécessaire et que nous sommes invités à agir avec diligence. Les peuples de la Tunisie et de toute la région sont impatients de nous voir traduire les promesses et les bonnes intentions en gestes visibles et concrets.»  

Le président de la BAD a déclaré que ce qu’il faut, c’est une aide novatrice qui ne rendra pas la Tunisie et les autres pays d’Afrique du Nord plus dépendants de l’aide. Il a précisé que le peuple de Tunisie veut des partenariats multiformes dans le commerce et l'investissement. L'Europe en particulier, a-t-il ajouté, devrait accélérer le processus d’ouverture des débouchés pour le commerce.

L’accent a également été mis sur la nécessité de laisser les pays déterminer leurs priorités. «Tout ce que nous faisons doit être fait à la demande », a souligné M. Kaberuka. « Nous devons éviter la tentation d'être normatifs, laisser les pays et leurs peuples décider et tracer leur chemin, et les accompagner. De cette façon, nos actions viendront en complément aux efforts nationaux viables.»

Le président de la BAD a axé son quatrième et dernier point sur la nécessité, pour les partenaires au développement, de tendre la main à la Tunisie et aux autres pays d'Afrique du Nord, sur le long terme. Les enjeux de la région, a-t-il expliqué, sont la promotion d’une croissance économique inclusive créatrice d’emplois. Ce qui, par nature, prend du temps.

Dame Catherine Ashton, Haute Représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, et vice-présidente de la Commission de l'UE, a insisté sur certains de ces mêmes messages. Madame Ashton a également appelé à la célérité des interventions. «Je suis heureuse de dire que la première réunion du groupe de travail UE/Tunisie a été un franc succès. Pour autant, je sais que les Tunisiens veulent des changements encore plus rapides, en particulier dans leur économie. Tout en reconnaissant que le processus doit être piloté par les Tunisiens, l'UE s'est engagée à offrir toute l’assistance dont elle est capable. Mais il est important que les investissements soient payants.»