Ouverture des assemblées annuelles du Groupe de la Bad

17/05/2006
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Ouagadougou, le 18 mai 2006 – Le 41e conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement (Bad) et le 32e conseil des gouverneurs du Fonds africain de développement (Fad) se sont réunis mercredi à Ouagadougou, en présence de cinq chefs d'Etat et de gouvernement.

Ouvrant officiellement ces assemblées annuelles de deux jours, le président du pays hôte de la manifestation, Blaise Compaoré, a indiqué que la détermination de l’Afrique à bâtir un continent économiquement fort fait de la performance de ses institution financières un facteur de renforcement de la solidarité et un gage de succès.

Pour le président Compaoré, les Africains doivent aujourd’hui relever des défis majeurs pour léguer à la jeunesse et aux générations futures des aires d’espérance. Ces défis nécessitent la mise en place d’un environnement économique politiquement stable, une réduction de la pauvreté dans les sociétés africaines, notamment en direction des femmes, l’accélération de la croissance économique et l’avènement d’un système commercial multilatéral plus équitable. L’intégration régionale constituerait la réponse du continent à la mondialisation et deviendrait un instrument de compétitivité et d’attractivité des investissements en même temps qu’elle servirait de tremplin à l’établissement de partenariats à même de renforcer un financement du développement plus adapté aux besoins des pays africains.

Au nombre des invités de marque ayant rehaussé de leur présence l’événement, citons Ellen Johnson-Sirleaf, présidente du Liberia, et les présidents du Mozambique et du Rwanda, Armando Guebuza et Paul Kagame, ainsi que le Premier Ministre ivoirien Charles Konan Banny. Plusieurs centaines de délégués – ministres des Finances, gouverneurs de banques centrales et hauts représentants des 77 pays membres du Groupe de la Banque africaine de développement – participent à ces assises.

S’exprimant un peu plus tôt, le président du Groupe de la Banque africaine de développement, M. Donald Kaberuka, a donné un aperçu des nouvelles orientations de la Banque, déclarant que l’institution redoublerait d’efforts pour renforcer sa solidité financière et la pertinence de ses interventions, sa structure institutionnelle ainsi que l’ensemble de ses politiques et procédures, en soumettant toutes ses activités à des normes rigoureuses.

Il a déclaré à cet égard que la banque devait éviter le risque de trop étendre son champ d’intervention, de déborder le cadre de sa mission, de se disperser et de gaspiller ses compétences dans des interventions improductives et qu’elle devrait plutôt se concentrer sur ce qu’elle peut mieux faire que d’autres et dans les secteurs où elle peut dégager des synergies avec d’autres acteurs pour atteindre l’excellence.

Commentant les efforts pour transformer la banque en centre savoir sur les questions du développement en Afrique, il a évoqué une série de réformes institutionnelles destinées à promouvoir une grande créativité intellectuelle et à accroître « la visibilité et l’influence [de l’institution] dans les grands débats mondiaux, pour établir des liaisons avec des groupes de réflexion en Afrique et parmi les membres de la diaspora africaine, soutenir nos pays dans leurs efforts visant à mettre en œuvre des reformes économiques et à élaborer leurs propres politiques ».

Le président Kaberuka a déclaré que la banque mettrait sur pied un comité de personnalités de haut niveau pour faire des recommandations sur le nouveau rôle stratégique qu’elle devrait désormais assumer.

Dans un message plein d’espoir, la présidente Ellen Johnson-Sirleaf a fièrement lancé: «Liberia is Back» [«le Liberia est de retour»], affirmant que son pays est prêt à un engagement total avec la communauté internationale, à s’ouvrir au monde des affaires et à poursuivre une œuvre de développement durable. «La BAD doit devenir le porte-voix de l’Afrique dans les forums internationaux pour y exposer les problèmes et la vision du continent», a-t-elle ajouté.

Le Président Paul Kagame a pour sa part tenu à partager des vues à propos d’un défi majeur du continent: la Gouvernance, fondamentale pour la transformation économique et sociale.

Quant à son homologue mozambicain, M. Armando Guebuza, il a insisté sur le rôle central de la banque dans la lutte contre la pauvreté en mettant l’accent sur le financement des infrastructures en Afrique.

Paraphrasant Mme Johnson-Sirleaf, le Premier ministre ivoirien Konan Banny a déclaré que la Côte d’Ivoire sera bientôt de retour, annonçant que le train de la paix était en route dans son pays.


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