Ébola : la BAD discute avec le PNUD des plans de relance des pays affectés par l’épidémie

02/02/2015
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Le 29 janvier 2015, Janvier Kpourou Litse, vice-président de la Banque africaine de développement (BAD) en charge des programmes pays et régionaux, et des opérations, participait par vidéoconférence à une réunion de haut niveau qu’organisait le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à New York. L’objectif était de discuter des plans de relance post-Ébola des pays affectés.

Placée sous l’égide de l'ambassadeur Fernando Carrera, président du Conseil d’administration du PNUD, la réunion s’est ouverte sur un discours d’Helen Clark, administratrice du PNUD et coordonnatrice du groupe des Nations Unies, suivie des représentants des trois pays les plus affectés par la pandémie – Sierra Leone, Liberia et Guinée.

Cette réunion avait pour objectif de présenter les résultats préliminaires de l’évaluation des besoins engendrés par Ebola, une évaluation menée en partenariat entre les Nations Unies, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et l'Union européenne. Ce, afin d’amorcer la relance dans les pays concernés. Cette initiative du Secrétaire général des Nations Unies répond à son engagement à soutenir les stratégies de relance post-Ébola dans les pays touchés.

C’est l’administrateur-adjoint du PNUD chargé des politiques et des programmes, Stan Nkwain, qui a dirigé la récente mission quadripartite dans les trois pays les plus affectés par l’épidémie, qui a rendu public ces résultats préliminaires. Dans son discours, il a souligné combien il est nécessaire de déployer des efforts de toute urgence pour restaurer les moyens de subsistances des populations touchées et pour créer des emplois – en particulier pour les femmes et les jeunes.

Selon Stan Nkwain, les stratégies pour la relance devraient inclure différentes problématiques, que sont la redynamisation des PME et l'intermédiation financière, les travaux publics, la réouverture des marchés locaux, le transfert d’argent aux populations et l’octroi immédiat d’un appui financier pour la  saison agricole à venir. ET pour ce faire, il faudrait miser sur le secteur privé et l’impliquer, tant pour la relance, que pour contribuer à renforcer l'emploi des jeunes à travers la formation continue, la formation professionnelle et des programmes de volontariat.


Le vice-président Litse a tenu à remercier le PNUD, au nom de la BAD, pour l'initiative de cette réunion. Et de souligner qu’une étape importante avait été atteinte dans la lutte contre Ébola, en témoigne la baisse spectaculaire des taux de nouvelles infections au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée. Selon lui, il faut désormais se préparer au mieux aux défis post-Ébola, qui seront surtout de nature économique. Janvier Kpourou Litse a rappelé le rôle primordial que la BAD a joué dès les débuts de la lutte contre l’épidémie, signant neuf accords de subvention pour un total de 223 millions de dollars EU.

En décembre 2014, la Banque a approuvé un accord de subvention s’élevant à près de 300 millions de dollars EU, destiné à un projet de construction de route dans les pays membres de l’Union du Fleuve Mano – à laquelle appartiennent le Liberia, le Sierra Leone et la Guinée.

Mais le vice-président Litse a aussi souligné qu'aucun partenaire au développement ne pouvait réussir seul dans cette lutte contre la pandémie, qui nécessite une approche concertée et d’unir ses forces. Aussi, la Banque travaille-t-elle en étroite collaboration avec la Banque mondiale, pour élaborer une stratégie commune en faveur des pays touchés par Ébola. Il a déclaré que la Banque africaine de développement escompte la participation du PNUD et de tous les autres acteurs impliqués dans la lutte contre l’épidémie.

La réunion a été ponctuée des interventions des différents représentants présents, dépêchés par le Groupe de la Banque mondiale, l'Union européenne et de pays tels que Cuba, la France,  le Royaume-Uni, les États-Unis, la Chine, la Suède, la Turquie, pour appuyer cette initiative.