La BAD, partenaire de choix pour l’Afrique de l’Est à laquelle nous aspirons

08/10/2014
Share |

Dans un rapport qui vient de paraître, dédié à l’Afrique de l’Est et établi en 2014 par le Centre de ressources de la Banque africaine de développement (BAD) à Nairobi, à l’occasion de son cinquantenaire, la BAD revient sur le mandat qui est le sien en tant que banque de développement du continent. Y est dressé le bilan de la situation socioéconomique actuelle, mettant en lumière les succès de la Banque, les stratégies et les instruments qu’elle a élaborés dans un passé récent, et sont précisés les défis d’ampleur que la région devra sans doute affronter dans les décennies à venir.

Le document explore chacun de ces thèmes sous une perspective tant nationale que régionale, brossant un tableau de chacun des pays concernés : Burundi, Comores, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Kenya, Rwanda, Seychelles, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, Tanzanie et Ouganda. Pour chacun d’eux, sont ainsi récapitulés les atouts ainsi que les défis qu’il faudra surmonter, et les tendances qui orienteront leurs perspectives futures sont esquissées.

Constats majeurs

La transformation structurelle est au cœur des enjeux à affronter. La plupart des pays d’Afrique sont aujourd’hui « guidés par l’effet des facteurs », alors qu’ils devraient être « guidés par le souci d’efficacité », s’ils veulent mieux faire face à la concurrence que suscite une économie mondialisée. À terme, il faudra que ces pays soient « guidés par l’innovation », pour pouvoir se classer parmi les plus compétitifs au monde – les Seychelles sont d’ailleurs en train de montrer l’exemple.

Les ressources naturelles étant la source principale de l’avantage comparatif de la région, l’Afrique doit fonder sa transformation structurelle sur ces richesses et se doter d’économies solides et diversifiées, avec une gouvernance transparente. Le développement inclusif reposera avant tout sur des systèmes gouvernementaux capables de garantir une gestion efficace et transparente des ressources nationales.

La plupart des pays d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe sont animés par la vision d’une région intégrée, inspirée par l’Accord tripartite conclu entre le Marché commun de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe (COMESA), la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC). Un grand nombre de projets multinationaux d’infrastructures (décrits en bref dans le rapport) seront concrétisés dans les décennies à venir, modifiant radicalement le visage de l’Afrique de l’Est et y introduisant de très nettes améliorations sur le plan du climat des affaires. Dans le même temps, le besoin de rationaliser les nombreux accords commerciaux et de triompher des barrières non tarifaires qui continuent à obérer le commerce et la croissance de la région se fait sentir.

Venir à bout des inégalités est aujourd’hui devenu un enjeu politique de première importance. Le problème grandissant qu’occasionne le changement climatique lance un défi supplémentaire à la région. Un troisième enjeu sous-tendant la croissance économique porte sur le rôle de soutien croissant que le secteur privé doit jouer dans ce domaine. Certes, les programmes et politiques des gouvernements resteront essentiels pour la croissance, mais les investissements substantiels dont l’Afrique de l’Est aura besoin nécessiteront un secteur privé de plus grande envergure et plus concurrentiel. Enfin, il existe un lien indéfectible entre la stabilité et la réalisation d’une croissance économique rapide. Trouver des moyens plus efficaces de gérer les risques liés aux situations de fragilité qui existent dans la région est donc devenu une priorité pour l’Afrique de l’Est.

Actions à entreprendre par la BAD

Première institution financière de l’Afrique, la BAD joue un rôle central dans le développement socioéconomique et l’intégration régionale de l’Afrique de l’Est. Il est crucial de rester fixé sur la vision à long terme d’une sous-région dans laquelle marchandises, capitaux et personnes peuvent se déplacer librement à travers les frontières afin, de créer un marché de taille plus vaste. Fermement décidée à rester axée sur cet objectif prioritaire, préalable essentiel pour les économies d’échelle que la région doit dégager la BAD permettra ainsi à l’Afrique de l’Est de se muer en un intervenant plus efficace sur les marchés mondiaux.

La Banque africaine de développement continuera à encourager l’intégration régionale et à tenir son rôle de premier financier des infrastructures de la région. Comme par le passé, elle l’accent sera mis sur l’éducation et la formation, afin que la croissance économique de l’Afrique de l’Est devienne plus inclusive. La priorité sera accordée en urgence à l’expansion des programmes qui entendent faire face au changement climatique. La Banque compte aussi accroître sensiblement sa collaboration avec le secteur privé. Enfin, dans le but de promouvoir la stabilité, elle saura tirer parti des relations solides qu’elle a établies depuis longtemps dans les pays de la région.