La BAD soutient la promotion de pêches internationales transparentes et responsables en vue d’une durabilité

23/02/2016
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La Banque africaine de développement (BAD) a joué un rôle clé dans l’organisation de la première Conférence internationale de l’Initiative pour la transparence des pêches (FiTI) qui s’est tenue récemment à Nouakchott, en Mauritanie.

La Conférence a été ouverte le 3 février 2016 par les présidents mauritanien, Ould Abdel Aziz et sénégalais, Macky Sall, qui dans leurs discours ont souligné l’importance de la FiTI, qui vise à développer la pêche responsable et durable grâce à la transparence et à la participation de tous ceux qui y seront impliqués. Le président du Sénégal a également salué le rôle joué par la Mauritanie dans la lutte contre la pêche illicite et le terrorisme.

 Des allocutions liminaires ont été faites par Isabella Lövin, ministre suédoise de la Coopération internationale pour le développement ; Abdlatif Y. Al-Hamad, directeur général et président du Fonds arabe pour le développement économique et social ; Louise Cord, directrice régionale de la Banque mondiale ; et Peter Eigen, président du Groupe consultatif international de l’Initiative pour la transparence des pêches.

La réunion regroupait des participants de haut niveau parmi lesquels se trouvaient des représentants de gouvernements, d’organisations internationales, d’entreprises et de la société civile.

En sus de la séance d’ouverture, la conférence comportait quatre autres sessions qui ont été consacrées aux thèmes suivants : la promotion de la pêche responsable au niveau mondial, l’organisation de la pêche responsable au moyen de la transparence et de la participation (panel multipartite), les mesures à prendre pour avancer, et l’adoption de la déclaration de la Conférence.

Intervenant en tant que membre du panel multipartite, Sheila Khama, directrice du Centre africain des ressources naturelles (CARN) de la BAD, a assuré le FiTI du soutien de la Banque. Elle a abordé la question de la transparence dans le cadre élargi de la bonne gouvernance et du développement durable des ressources, dans le droit fil des buts stratégiques de la Banque. Son exposé a porté sur la place importante qu’occupe ce secteur pour la Banque, par rapport à la vision qu’elle entretient des stratégies et objectifs de transformation de l’agriculture, d’industrialisation et de développement humain, ainsi qu’à la nécessité d’aller au-delà de la simple communication et de mettre l’accent sur la bonne gouvernance par le biais de l’efficacité de la réglementation, de systèmes commerciaux équitables, de la transparence des contrats, de la conservation des ressources et de l’élimination du commerce illicite.

Elle s’est également appesantie sur l’importance que revêtent la planification des ressources et l’organisation de contrôles permettant d’éviter l’épuisement et d’assurer un accès équitable aux ressources aussi bien par les grandes entreprises commerciales que par les petits pêcheurs.  Khama a souligné la nécessité de favoriser l’investissement et de veiller à ce que les contrats de pêche actuels et futurs garantissent la juste valeur des prises, tout en donnant la possibilité aux gouvernements régionaux de négocier des contrats à l’avenir.

Elle a par ailleurs présenté un exposé sur le rôle et la stratégie du CARN dans les locaux du Bureau de liaison de la Banque en Mauritanie, durant lequel elle a fait ressortir le mandat, l’orientation stratégique projetée, la structure des opérations, le mode de fonctionnement et les initiatives actuelles du Centre.

À la fin de la Conférence, les participants ont adopté la Déclaration de Nouakchott sur la FiTI, qui avalise sept principes devant servir de fondements pour refléter les convictions, les objectifs et les attentes de ses parties prenantes. Le texte de la Déclaration accueille aussi l’annonce faite par les Gouvernements de la Mauritanie, du Sénégal, des Seychelles et de l’Indonésie à l’effet qu’un processus de mise sur pied d’un groupe multipartite devant se consacrer à la transparence des pêches sera initié en 2016. La Déclaration de Nouakchott exhorte les Etats, les entreprises, la société civile, les agences internationales et les donateurs à prendre des mesures pour assurer le développement de la FiTI et à soutenir sa viabilité à long terme.

Dans le cadre de la Conférence, l’équipe de la Banque a profité de l’occasion pour approfondir son dialogue avec les pays sur la gestion des ressources naturelles et pour rencontrer les autorités du Gouvernement mauritanien, à savoir les ministres des Affaires économiques et du Développement, des Mines, de l’Énergie et du Pétrole, et des Pêches et de l’Économie maritime. Le message  du président de la Banque, Akinwumi Adesina, a été transmis à chacune de ces autorités par la responsable du CARN. La délégation de la BAD s’est également félicitée du leadership de la FiTI qu’assure la Mauritanie, et elle en a identifiés les domaines d’intérêt pour elle-même, et en particulier pour le CARN et la Facilité africaine de soutien juridique (ALSF). Ces intérêts comprennent les échanges d’information et de connaissances, la négociation et la gestion des contrats, la révision des contrats et le lancement des activités de la FiTI. La BAD envisage d’aider la Mauritanie à faire démarrer la FiTI à travers l’un des volets de son appui institutionnel à ce pays prévu pour l’année 2017.

L’équipe de la Banque comprenait également Marcellin Ndong Ntah, l’économiste résident en Mauritanie ; Jean-Louis Kromer, spécialiste des pêches au CARN, et Jean-Claude Mabushi, expert juridique à l’ALSF. Tarik Al-Tashani, directeur général en Mauritanie, et Mohamed Hamma Khattar, conseiller de ce dernier, étaient également présents.