Lutte contre le changement climatique : la BAD entend tripler son financement annuel et le porter à près de 5 milliards $ d’ici à 2020

09/10/2015
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Le président de la Banque africaine de développement (BAD), M. Akinwumi Adesina, a annoncé, vendredi 9 octobre 2015, que la BAD compte quasi tripler le montant des fonds qu’elle alloue chaque année à la lutte contre les changements climatiques et ainsi passer à 5 milliards de dollars EU par an d’ici à 2020. A cet horizon, le budget que consacrera la BAD à la lutte contre le changement climatique représentera 40 % de ses nouveaux investissements.

« Le changement climatique est à la fois une menace qu’il nous faut traiter d’urgence et une opportunité sans précédent, a déclaré M. Adesina. La Banque intensifie considérablement son appui aux pays africains, non seulement pour faire face à cette menace, mais aussi pour tirer parti de cette opportunité et encourager une croissance sobre en carbone et résiliente au changement climatique ».

La moitié de ces 5 milliards de dollars EU sera allouée à la réduction des gaz à effet de serre émis sur le continent, en exploitant le fantastique potentiel africain en matière d’énergies renouvelables – ressources solaires, hydroélectriques, éoliennes et géothermiques notamment. La BAD travaillera également de concert avec ses pays clients, afin d’améliorer leur efficacité énergétique et de bâtir des réseaux de transports viables.

L’autre moitié permettra d’aider les économies africaines à s’adapter aux changements climatiques au moyen de diverses mesures – en investissant, par exemple, dans des cultures résistantes aux variations climatiques, dans la construction d’infrastructures durables et dans des systèmes d’irrigation et d’approvisionnement en eau plus performants. Dans cette perspective la Banque prendra en compte la résilience au changement climatique dans chacun des projets d’infrastructures qu’elle financera.

Au fil des quatre dernières années, la BAD a engagé plus de 7 milliards de dollars EU en faveur d’un développement de l’Afrique sobre en carbone et résilient au changement climatique. Les investissements dans le secteur de l’énergie qu’elle a financés fourniront une énergie issue à 90 % de sources renouvelables. La BAD soutient également l’Initiative pour les énergies renouvelables en Afrique (Africa Renewable Energy Initiative) et l’Initiative pour l’adaptation en Afrique (Africa Adaptation Initiative), toutes deux approuvées par les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine.

En sus d’accroître ses propres financements en faveur de la lutte contre le changement climatique, la BAD explorera de nouvelles opportunités de cofinancements, tant publics que privés. La Banque s’efforcera, par exemple, de mobiliser des financements concessionnels auprès du Fonds vert pour le climat. Elle émettra également davantage d’obligations « vertes » pour financer ses investissements en faveur de la lutte contre le changement climatique.

« L’architecture actuelle de la finance internationale pour la lutte contre les changements climatiques ne permet pas de fournir à l’Afrique les fonds dont elle a besoin », a souligné le président de la BAD. Avant d’ajouter : « Il nous faut œuvrer bien davantage pour améliorer l’accès de l’Afrique aux financements en faveur de la lutte contre les changements climatiques ».

L’annonce de la Banque s’inscrit dans la droite ligne de sa stratégie décennale 2013-2022, qui accorde une priorité élevée à la lutte contre le changement climatique, ainsi que de ses récentes initiatives majeures en appui du secteur de l’énergie.

Dans la foulée de la prise de fonction de M. Adesina comme président de la BAD en septembre 2015, la Banque a rendu public son nouveau Pacte pour l’énergie en Afrique. Cette initiative, historique, entend combler l’immense déficit énergétique de l’Afrique d’ici à 2025, et stimuler la croissance économique pour permettre au continent de mieux s’adapter aux changements climatiques.

Les pays développés se sont engagés à fournir 100 milliards de dollars EU par an à compter de 2020 pour lutter contre le changement climatique dans les pays en développement. La communauté internationale, qui se réunira à Paris en décembre 2015 à l’occasion de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21), doit finaliser un nouvel accord international sur le climat et s’accorder sur son financement.

« Afin d’atteindre l’objectif de 100 milliards de dollars annuels d’ici à 2020, nous devons renforcer la prévisibilité et faciliter la mobilisation des financements », a déclaré M. Adesina. « J’apporte mon soutien aux efforts engagés par les banques multilatérales de développement en vue de renforcer notre participation au financement de la lutte contre les changements climatiques, aujourd’hui comme demain ».

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La Banque africaine de développement, qui a son siège à Abidjan, en Côte d’Ivoire, a pour objectif de stimuler un développement économique durable et le progrès social dans ses États membres régionaux, et de contribuer ainsi à la réduction de la pauvreté. La BAD mobilise et alloue des fonds en appui à l’investissement et dispense des conseils stratégiques ainsi qu’une assistance technique. Créée en 1964, elle est détenue par ses 80 Etats membres – 54 pays africains et 26 non africains.


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