La BAD dévoile sa première étude sur la représentation féminine au sein des conseils d’administration en Afrique

03/06/2015
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Selon la première étude jamais réalisée sur la représentation féminine au sein des conseils d’administration en Afrique, commandée par la Banque africaine de développement (BAD) et présentée lors du Forum économique mondial pour l’Afrique, l’Afrique se positionne plutôt bien face aux autres régions du monde quant à la représentation féminine au sein des conseils d’administration de ses entreprises. Cependant, le continent a encore du chemin à parcourir pour s’assurer que, dans le cadre de sa croissance économique forte, ses femmes les plus compétentes figurent parmi les dirigeants.

« Pour briser la glace, nous devons inclure des femmes dans les conseils d’administration sans plus attendre, en les affectant rapidement à des postes de direction intermédiaires et supérieurs dans le secteur privé », a déclaré Geraldine Fraser-Moleketi, envoyée spéciale de la BAD pour les questions de genre. « Nous devons penser et agir différemment, ainsi qu’à investir de manière accentuée dans le leadership des femmes ». 

Les principaux résultats du rapport intitulé Where are the Women? Inclusive Boardrooms in Africa’s top-listed companies (Où sont les femmes : les conseils d’administration des entreprises africaines cotées en bourse sont-ils prêts pour l’inclusion ?), qui analyse les données de 2013 de 307 entreprises dans 12 pays différents, comprennent les informations suivantes : 

  • l’Afrique se trouve largement en tête des régions émergentes avec 14,4 % de femmes membres du conseil d’administration d’entreprises de premier ordre (Asie-Pacifique 9,8 %, Amérique latine 5,6 %, Moyen-Orient 1 %). L’Afrique se place ainsi troisième derrière les régions développées de l’Europe (18 %) et des États-Unis (16,9 %). 
  • les secteurs dominants où les femmes sont les mieux représentées dans les conseils d’administration incluent les services financiers, la construction et les matériaux de base ainsi que l’industrie automobile. 
  • les pays africains comptant le plus grand pourcentage de femmes au sein de leurs conseils d’administration sont le Kenya (19,8 %), l’Afrique du Sud (17,4 %), le Botswana (16,9 %), la Zambie (16,9 %) et le Ghana (17,7 %).
  • parmi les entreprises qui possèdent le taux le plus élevé de femmes au sein de leurs conseils d’administration figure East Africa Breweries du Kenya (45,5 %), suivie de deux entreprises sud-africaines, Impala Platinum Holdings (38,5 %) et Woolworths Holdings (30,8 %).

Afin de galvaniser la participation des femmes au sein des conseils d’administration à travers l’Afrique, le rapport établit une série de recommandations adressées aux gouvernements, à la société civile, au secteur privé et aux bourses de valeurs africaines, notamment (i)  la réalisation d’une base de données sur la représentation féminine au sein des conseils d’administration, en vue d’un suivi des avancées et des échecs dans ce domaine ; (ii) la diffusion publique obligatoire de rapports par les firmes cotées en bourse, sur la composition de leurs conseils d’administration et (iii) la diversité dans la composition du conseil de ces entreprises comme exigence pour la cotation, et (iv) l’établissement de mandats en faveur de la représentation féminine au sein des conseils d’administration, en commençant par les entreprises nationales. 

La BAD est la première banque multilatérale à avoir nommé une envoyée spéciale pour les questions de genre en 2013, Geraldine J. Fraser-Moleketi. Cette étude s’inscrit dans le cadre de la stratégie du genre de la Banque, qui s’échelonne sur une période de cinq ans et qui est axée sur l’autonomisation économique, la gestion des connaissances et le renforcement des capacités, ainsi que le statut juridique et les droits à la propriété.