Rapport sur le développement en Afrique : l’édition 2014 désormais disponible

16/12/2014
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« Plus que les infrastructures, c’est la volonté politique qui favorise l’intégration régionale en Afrique » - Donald Kaberuka, président de la BAD.

L’édition 2014 du Rapport sur le Développement en Afrique du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) placée cette année sous le thème « l’intégration régionale au service de la croissance inclusive »,  a été officiellement lancée ce mardi 16 décembre 2014, depuis le siège de la Banque à Abidjan.

Dans son discours d’ouverture, la Secrétaire générale et vice-présidente de la BAD, Cécilia Akintomide, a tenu à rappeler combien « l’intégration régionale de l’Afrique est un pilier important dans la stratégie décennale de la Banque qui célèbre, en 2014, son 50e anniversaire en tant que première institution financière de développement de l’Afrique ».

Chargé de présenter le rapport, l’économiste en chef et vice-président par intérim de la BAD, Steve Kayizzi-Mugerwa a souligné les thèmes qui y sont développés : intégration régionale et croissance inclusive ; institutions régionales ; infrastructures régionales ; migrations régionales ; intégration financière et chaînes de valeur régionales.

De fait, ce Rapport remet sous les projecteurs l’intégration régionale, nécessaire au  développement de l’Afrique, rappelant qu’il s’agit là d’une aspiration datant des indépendances, dans les années 1960. Passant à la loupe les évolutions qui ont rythmé ces cinquante dernières années en matière d’intégration économique et politique, la publication souligne combien il faut encore l’intensifier. Le monde a beau être en pleine mutation, l’intégration régionale du continent africain demeure toujours d’actualité – telle est la conclusion du Rapport. Qui souligne combien celle-ci peut stimuler une croissance soutenue et inclusive.

 Développement des réseaux de distribution et des échanges régionaux au sein des chaînes de valeur mondiales et africaines dans lesquelles s’inscrit le continent, enjeux d’ordre institutionnel, infrastructures – matérielles et « immatérielles » –, indispensables pour interconnecter les marchés et doper la compétitivité, systèmes financiers à approfondir et renforcer..., les enjeux relatifs à l’intégration et au développement y sont tous passés au crible.

Le lancement de la publication a également donné lieu à la tenue d’’une table ronde, réunissant trois administrateurs de la BAD – Abdallah Msa, (représentant le Bénin, le Burkina Faso, le Cap-Vert, les Comores, le Gabon, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Tchad), Dominic O’Neill (Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni) et Shehu Yahaya (Nigeria, Sao Tomé-et-Principe) — ; de Marlène Kanga, directrice de la région Afrique centrale ; et de Sylvain Maliko, directeur par intérim du Département NEPAD, intégration régionale et commerce de la BAD,

Tous les cinq ont ainsi débattu de l’augmentation des flux migratoires, alors même que des obstacles à la mobilité ne cessent de se dresser – particulièrement en Afrique centrale –, et du décalage existant entre les politiques en matière d’intégration régionale, selon qu’elles sont menées à l’échelle nationale ou régionale.

Les panélistes ont toutefois noté des progrès, s’agissant notamment du développement des infrastructures et de la libre circulation des personnes, dans l’Est et l’Ouest du continent surtout.

Pour clôturer la cérémonie de lancement, Donald Kaberuka, président de la BAD, a tenu à pointer les politiques nationales respectives des États africains : « Plus que le développement des infrastructures, c’est la volonté politique qui favorise l’intégration régionale », a-t-il déclaré, avant de rappeler que la Banque n’a eu de cesse, ces dix dernières années, de financer des infrastructures routières à travers tout le continent, dans le but d’interconnecter les pays. Et de déplorer que les Communautés économiques régionales (CER) semblent fonctionner en marche dispersée, peinant à mettre en œuvre les initiatives en faveur de l’intégration du fait d’un manque de coordination et de ressources, et parce que bien trop souvent,  les intérêts nationaux priment sur les intérêts régionaux.

« Je recommande la lecture de cette publication à tous ceux qui s’intéressent aux enjeux d’intégration économique régionale en Afrique et aux opportunités découlant de cette intégration », a déclaré le président de la BAD. Avant de conclure : « La Banque continuera de jouer un rôle de premier plan en soutenant l’intégration économique de l’Afrique, tout en aidant les communautés économiques régionales à créer des marchés régionaux dynamiques et attractifs, ainsi que tous les pays du continent, notamment les plus enclavés et fragiles, à bénéficier des interactions avec les marchés mondiaux et du commerce intra-africain ».

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