Conférence économique africaine 2013 : débattre de l’efficacité du développement du continent à travers l’intégration régionale

11/10/2013
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Placée sous le thème de « L’intégration régionale en Afrique », la Conférence économique africaine (CEA) 2013 se tiendra du 28 au 30 octobre 2013, à Johannesburg, en Afrique du Sud. Elle est organisée conjointement par la Banque africaine de développement (BAD), la Commission économique pour l’Afrique (UNECA) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Les CEA annuelles ont pour mission de promouvoir la production et la gestion du savoir, moteur important du développement. On peut légitimement considérer qu’à travers cette série l’Afrique répond aujourd’hui de façon dynamique aux programmes de développement axés sur la performance et reposant sur l’échange des idées, la réflexion innovante, le dialogue politique, la gouvernance, la planification et le renforcement des capacités.

Au sein de la BAD, la Conférence de cette année est coordonnée conjointement par le Bureau de l’économiste en chef, qui élabore des produits de savoir économique dans la Banque, et par le Département de l’intégration régionale et du commerce du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique) – qui par ailleurs joue un rôle de premier plan dans les questions de développement et de stratégies économiques reliant l’intégration de l’Afrique sur le plan national, régional et sous-régional.

De la participation conjointe des entités mentionnées ci-dessus naît la question de savoir de quelle manière la Conférence va promouvoir l’efficacité du développement du continent à travers l’intégration régionale. Il faut rappeler que le processus de revue de l’efficacité du développement a été introduit au cours de ces dernières années ; il constitue une structure permettant de mesurer l’efficacité des opérations et de l’organisation des entreprises, et de souligner les domaines nécessitant des améliorations plus avant.

S’appuyant sur la question fondamentale du renforcement des capacités, M. Victor Murinde, directeur de l’Institut africain de développement (EADI), a montré les efforts faits par la Banque pour appréhender le lien complexe entre « efficacité du développement » et « intégration régionale ». « Ils servent tous à diffuser les résultats des activités, la culture et l’impact du développement, non seulement au sein de la Banque mais aussi à travers la région », a dit M. Murinde.
Points saillants d’orientation stratégique dans l’argumentation de M. Murinde sur la corrélation entre les questions mentionnées ci-dessus :

Premièrement, la Stratégie décennale de la Banque place l’intégration régionale parmi les priorités opérationnelles de la Banque. L’Institut africain de développement reconnaît la nécessité d’un développement approprié des capacités, pour apporter un soutien aux opérations de la Banque.

Pour garantir la réussite, le Bureau de l’économiste en chef, coorganisateur de la Conférence économique africaine, doit collaborer avec le département de gestion des opérations de la Banque afin de créer les produits de savoir et les activités de développement des capacités les plus aptes à permettre au personnel de la Banque et aux fonctionnaires des États membres de la région, d’être à la hauteur par rapport à l’ordre du jour de l’intégration régionale du continent.

Deuxièmement, il est intéressant de noter que « l’efficacité de l’aide » a cédé le pas à « l’efficacité du développement » après le forum de Busan en 2010. Le but essentiel de ce changement d’orientation est de renforcer le degré de réalisation des objectifs de développement poursuivis par la Banque. Cette dernière dispose d’une structure de supervision et d’évaluation qui est axée sur les résultats et qui précise les objectifs. L’efficacité du développement repose sur la manière dont la Banque sera capable d’améliorer le pourcentage de développement qu’elle peut réaliser. L’idée que l’intégration apportera des avantages politiques et économiques à l’Afrique sur la scène économique mondiale est désormais acquise. Les pays africains et les institutions régionales sont en train de renforcer leurs programmes économiques régionaux en rationalisant leurs mandats et leurs orientations. La Conférence économique africaine 2013 qui se tiendra à Johannesburg, en Afrique du Sud, a pour objectif de cerner et d’aborder les enjeux, et de proposer des solutions. Si nous faisons bien les choses aujourd’hui, nous voulons les faire encore mieux demain ; tel est le rôle du renforcement des capacités dont la Banque envisage d’être le leader en Afrique.

Troisièmement, comment la Banque adapte-t-elle ses efforts de renforcement des capacités à l'évolution des exigences de l’efficacité du développement ? Nous devons veiller à concevoir, à l’année, les activités de développement du savoir et des capacités de la Banque, en tenant compte, ce faisant, de trois ou quatre points majeurs qui assurent la qualité à l’entrée :  

  • Les enseignements tirés des activités de l’année précédente. Ce bilan est essentiel pour pouvoir progresser.
  • Les demandes et les aspirations des propres bureaux extérieurs de la Banque, ainsi que celles des États membres des régions. En d’autres termes, nos efforts de renforcement des capacités sont à la fois liés au bilan précédent et induits par la demande.
  • D’une manière générale, la réponse aux nouveaux défis en matière de renforcement des capacités est dictée par la volatilité et l’évolution rapide du continent par rapport au reste du monde. À titre d’exemple, si le reste du monde se met à s’intéresser aux instruments financiers islamiques, il faudrait que la Banque réagisse dans ce domaine, sinon le continent risque de rester à la traîne. Ce ne sont pas des questions de jugement de valeur mais de nécessité économique.