La Conférence économique africaine examine le rôle des banques internationales dans la lutte contre la pauvreté

04/11/2015
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Le rôle que jouent les institutions financières pour soutenir la lutte contre la pauvreté a été clairement mis en évidence lors de la 10e Conférence économique africaine (AEC) qui se tient depuis le 2 novembre à Kinshasa, en République démocratique du Congo.

Dans un rapport de recherche intitulé « La croissance et le financement du développement nécessaires à la réalisation des objectifs de développement durable en Afrique», Abbi Kedir, chargé des affaires économiques à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), a indiqué que le financement des infrastructures était l’un des éléments clés du maintien de la croissance économique.

S’exprimant sur le rôle de la Banque africaine de développement (BAD), Abbi Kedir a expliqué que le financement des infrastructures était essentiel si l’on voulait redistribuer les revenus vers les zones où vivent les agriculteurs, car il faciliterait l’accès aux marchés et améliorerait les transports, un élément déterminant pour la prospérité des nouvelles entreprises.

«Il n’est pas toujours important que la BAD examine de nouveaux domaines d’investissement. La Banque a accompli un excellent travail pour ce qui est des infrastructures. Elle créé ainsi de nouvelles opportunités permettant aux plus démunis de développer des activités orientées vers l’exportation et aux gouvernements d’investir dans le développement des moyens de subsistance», a poursuivi Abbi Kedir.

Le portefeuille de financement de la BAD dédié à l’énergie s’élève actuellement à 10 milliards de dollars EU. La plupart des ressources engagées sont employées à l’amélioration des réseaux d’énergie et d’électricité en Afrique.

Abbi Kedir a indiqué que la BAD pourrait également jouer un rôle plus important en aidant les pays africains à accéder aux fonds réservés à l’atténuation du changement climatique afin de lutter contre l’extrême pauvreté en Afrique.

«La Banque pourrait fournir l’assistance technique dont ont besoin les communautés pour accéder aux fonds de lutte contre le changement climatique destinés à améliorer la production agricole et les moyens de subsistance », a déclaré Abbi Kedir après avoir présenté son rapport.

La 10e Conférence économique africaine, qui se déroule du 2 au 4 novembre, a souligné le rôle du financement du développement en mettant l’accent sur celui que jouent les institutions financières pour lutter contre la pauvreté et en améliorant l’accès aux ressources financières internationales.

Les spécialistes ont déclaré que les pays africains étant capables d’attirer 200 milliards de dollars EU en flux financiers par an, davantage de ressources pourraient être mis à la disposition des gouvernements pour renforcer la lutte contre la pauvreté.

Parmi les approches proposées figurent des mécanismes permettant de gérer les rentrées de fonds provenant de matières premières comme le pétrole, les minerais et les produits agricoles en saison de forte production et de forte demande.

Selon Abbi Kedir, bien que les prix du pétrole aient commencé à baisser récemment, les exportations des principaux produits agricoles en provenance des pays africains ont fortement diminué depuis 2011.

Les spécialistes présents à la Conférence économique africaine ont recherché un nouveau mécanisme pour garantir que les pays puissent maintenir une croissance économique stable et protéger leurs citoyens d’une pauvreté qui s’aggrave.

« Il faut s’assurer d’une bonne gestion des prix des matières premières en période d’essor par le biais de politiques économiques bien adaptées. Cela aidera les pays à ne plus être aux prises avec le manque de ressources. Ce n’est possible que si les réserves et politiques monétaires s’accompagnent d’une approche prudente pour faire face à la pression ».

Dans le même temps, un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) intitulé «Gestion de l’alternance des hausses et des baisses des produits de base : enseignements tirés de l’Afrique subsaharienne» préconise l’adoption de mesures d’ajustement de la politique monétaire permettant de faire face aux pertes de devises et à la faiblesse de l’épargne découlant de la chute des prix.

Les pays seront ainsi assurés de disposer de fonds pour accompagner les interventions clés en matière de réduction de la pauvreté lorsque les prix des principaux produits d’exportation chutent.