Malgré les chocs mondiaux et régionaux, les économies africaines en hausse de 3,9 % en 2014

27/05/2015
Share |

Les économies africaines ont enregistré une progression moyenne de 3,9 % de leur PIB en 2014, contre 3,7 % en 2013. Ce qui témoigne d’une certaine résilience face aux chocs internationaux et régionaux qui ont affecté le continent l’année dernière, indique le Rapport annuel du Groupe de la Banque africaine de développement, qui a été lancé mercredi 27 mai 2015, à Abidjan.

En dépit des incidences négatives du recul des cours des produits de base, de la crise Ébola en Afrique de l’Ouest et des insurrections fondamentalistes et militaires qui ont eu lieu dans plusieurs pays, le continent a enregistré une croissance considérable, marquée toutefois par de fortes divergences d’une région et d’un pays à l’autre.

En termes relatifs, la croissance africaine a dépassé la moyenne mondiale, de 3,3 % en 2014. La croissance en Asie de l’Ouest s’est située à 2,9 %, et celle de l’Amérique latine et des Caraïbes à 1,2 %. La croissance en Afrique a cependant été inférieure à celle des marchés émergents et des économies en développement dans le monde, qui a atteint 4,4 %.

Variations régionales

C’est l’Afrique de l’Est qui a affiché la plus forte croissance du PIB, avec une moyenne de 7,1 %. Celle-ci s’est élevée respectivement à 10,3 %, 6,1 % et 7,1 % en Éthiopie, au Rwanda et en Tanzanie. Suit l’Afrique de l’Ouest, avec une croissance moyenne de 6 %, un chiffre fort honorable au vu des conflits de la région, de la crise de l’Ébola et de la baisse des prix du pétrole. Le Nigeria, qui, l’année dernière, a changé les bases de calcul de son PIB, a affiché une croissance de 6,3 %.

L’Afrique centrale, quant à elle, a enregistré une croissance moyenne de 5,6 % de son PIB, ce qui reflète une forte résilience aux chocs, car la région a dû faire face à des insurrections militaires et à un déclin des prix du pétrole. Le Gabon, dont la croissance a été de 5,1 %, a bénéficié de l’expansion de secteurs non pétroliers, notamment celui de la transformation du bois, ce qui a compensé la baisse de ses recettes pétrolières. En RDC, l’activité minière, l’agriculture et les investissements dans les infrastructures ont été les principaux moteurs d’une croissance de 8,9 % du PIB.

De son côté, l’Afrique du Nord a poursuivi son redressement, par rapport au marasme des années antérieures, avec une croissance moyenne de 1,7 % en 2014 – contre 1,6 % en 2013. Si l’Algérie a bénéficié d’une reprise de sa croissance, qui a atteint 4 % (contre 2,8 % en 2013), le Maroc n’a crû que de 2,7 %, à comparer aux 4,7 % affichés en 2013. Avec un taux de 2,2 %, la croissance de l’Égypte est demeurée stable. La transition politique relativement peu troublée de la Tunisie a favorisé une croissance modeste, qui s’est établie à 2,4 %, contre 2,3 % en 2013. L’instabilité qu’a vécue la Libye voisine (avec une chute de 19,8 % de son PIB) continue à exposer la Tunisie à des risques économiques.

Quant à l’Afrique australe, la croissance économique y demeure lente, le PIB n’augmentant que de 2,7 % en 2014 – contre 3,6 % en 2013. L’Afrique du Sud, l’économie la plus importante et influente de la région, a dû faire face à des contraintes structurelles, à des relations industrielles tendues et à une baisse de la confiance des investisseurs et des consommateurs. Son PIB a crû de 1,5 % en 2014, en régression par rapport aux 2,2 % affichés en 2013. La croissance a été sensiblement plus élevée dans les autres pays de la région. Enregistrant un taux de croissance de 7,6 % de son PIB, après 7,4 %t en 2013, le Mozambique demeure l’économie à la croissance la plus rapide de la région, grâce notamment à des investissements étrangers dans des explorations gazières, pétrolières et de minerais. De même, la Zambie et le Malawi ont chacun bénéficié d’une solide croissance de 5,7 % (contre 6,7 % et 6,1 % respectivement en 2013). L’économie de la Namibie a crû de 5,3 % – à comparer aux 5,1 % de 2013.

Un petit nombre de pays, comme le Ghana, la Zambie et le Nigeria notamment, a dû faire face à des déséquilibres macroéconomiques significatifs en 2014. Au Ghana et en Zambie, les taux de change de la monnaie nationale ont chuté, provoquant une montée de l’inflation qui, de 2013 à 2014, est passée de 11,7 % à 17 % au Ghana, et de 7 % à 7,9 % en Zambie. Du fait des préoccupations suscitées par leurs positions fiscales, ces deux pays ont vu leur notation financière internationale abaissée.

Financement extérieur

Ce sont les pays africains riches en ressources naturelles  qui ont reçu le gros des apports de capitaux ; ce qui donne à penser que la dotation en ressources naturelles demeure l’élément le plus attractif pour les IDE vers l’Afrique. Les flux de financements extérieurs vers l’Afrique en 2014 ont atteint le niveau record de 200 milliards de dollars EU, soit quatre fois plus qu’en 2000. Les IDE se sont élevés à 60,4 milliards de dollars EU, en progression par rapport aux 57,2 milliards investis en 2013. Les principaux destinataires de ces IDE ont été le Nigeria (6,5 milliards de dollars EU), le Maroc (4,8 milliards), l’Afrique du Sud (4,8 milliards) et le Mozambique (4,1 milliards). Les envois de fonds de la diaspora africaine, qui représentent la première source de flux financiers vers le continent, ont augmenté de plus de 10 %, pour atteindre 67,1 milliards de dollars EU. Les pays à revenu intermédiaire en ont été les principaux bénéficiaires, ce qui reflète des différences dans les profils de la diaspora africaine. Par ailleurs, l’aide publique au développement (APD) était estimée à 55,2 milliards de dollars EU, un montant marginalement inférieur aux 55,8 milliards de dollars EU enregistrés en 2013. Ce recul est le reflet d’une tendance déjà notée en l’an 2000. Toutefois, l’APD demeure la source la plus importante de flux financiers extérieurs vers les pays à faible revenu d’Afrique.

Perspectives futures

Le rapport de la BAD prévoit que, dans la plupart des pays d’Afrique, la croissance économique à venir sera impulsée par la demande intérieure et appuyée par des investissements dans le secteur des ressources naturelles, par la hausse des investissements en infrastructures, et par l’expansion du secteur agricole. Sur le moyen terme, les perspectives de croissance du continent restent favorables : une accélération de la croissance est prévue pour 2015 (4,5 %) et 2016 (5 %). Selon ces projections, la croissance du PIB sera de 5,6 % en Afrique de l’Est en 2015, puis en hausse à 6,7 % en 2016. S’agissant de l’Afrique centrale et de l’Afrique de l’Ouest, les projections pour 2015 sont de 5,5 % et 5 % respectivement ; puis de 5,8 % et 6,1 % pour 2016. En Afrique du Nord, la croissance moyenne devrait passer à 4,5 % en 2015, en nette progression par rapport au taux de 1,7 % enregistré en 2014. Les projections pour l’Afrique australe tablent sur 3,1 % en 2015, en hausse par rapport aux 2,7 % de 2014.

Pour télécharger le rapport intégral :  http://www.afdb.org/fr/knowledge/publications/annual-report/


Sections Connexes