« Le Guide africain des marchés à revenu fixe » - entretien avec M. Pierre Van Peteghem, trésorier de la BAD

23/10/2007
Share |

« Le Guide africain des marchés à revenu fixe » - entretien avec M. Pierre Van Peteghem, trésorier de la BAD

« La publication d’un guide contenant des informations pertinentes sur l’état des marchés financiers en Afrique participe à la même logique de développement des marchés des capitaux des pays membres mais de manière indirecte », a déclaré  le trésorier de la BAD, M. Pierre Van Peteghem, suite à la publication d’un guide intitulé: « Le Guide des Marchés Obligataires Africains ».

Question: Monsieur le trésorier, pourquoi un guide contenant des informations sur l’état des marchés financiers en Afrique et dans quel but ?

Réponse: Une mission prioritaire de la Banque est le développement des marchés de capitaux des pays membres régionaux.  Il y a plusieurs manières d’exécuter cette mission.  En effet, la Banque participe directement au développement de ces marchés en émettant dans les monnaies africaines.  A ce propos j’aimerais vous rappeler que la Banque a déjà émis des obligations dans les monnaies africaines suivantes: le Rand sud-africain, le Pula botswanais, le Shilling tanzanien, le Cedi ghanéen, le Naira nigérian et le Shilling kenyan.  Cette manière d’attirer l’attention des investisseurs internationaux sur les marchés domestiques africains est directe.  La publication d’un guide contenant des informations pertinentes sur l’état des marchés financiers en Afrique participe à la même logique de développement des marchés des capitaux des pays membres mais de manière indirecte.  En effet, étant donné la demande de financement en monnaie locale et le niveau de développement des différents marchés, la Banque ne peut pas émettre dans tous les pays africains.  En revanche, cette publication couvre les marchés de tous les pays du continent.  Elle regroupe des informations sur les différents instruments de financement et de gestion de risques qui existent dans ces marchés et elle inclut aussi des informations sur le cadre réglementaire financier et fiscal prévalant dans chaque pays.  En résumé, le but de cette publication est de présenter l’état d’avancement des marchés de capitaux dans tous les pays africains afin de renforcer l’intérêt des investisseurs internationaux et domestiques sur les opportunités d’interventions qui existent sur ces marchés. 

Question: En outre, quelle est la spécificité de cette publication puisque des guides  de ce type existent probablement ?

Réponse: La spécificité de cette publication vient de la position privilégiée de la Banque sur la scène financière dans le monde en général et en Afrique en particulier.  La Banque, de par son activité, est en contact avec tous les organes régulateurs (ministères des finances et banques centrales) dans les pays membres régionaux.  Elle est aussi en relation de travail avec toutes les grandes banques qui sont présentes sur le continent.  Ce positionnement unique permet à la Banque de collecter des informations qui ne sont pas facilement disponibles, collectivement du moins, aux autres acteurs du marché des capitaux en Afrique.  Les commentaires que nous avons reçus depuis la publication nous indiquent qu’elle vient combler un vide.

Question: A qui ce guide est-il destiné ?

Réponse: Ce guide est destiné à toute personne qui cherche des informations sur les marchés des capitaux en Afrique.  Pour chaque pays, le lecteur a un aperçu du système financier, des informations sur le marché des instruments financiers à revenu fixe, sur le marché des changes, sur le marché des produits dérivés et sur l’importance de la participation des investisseurs étrangers.  En outre, le guide présente une liste de contacts importants dans le secteur financier.

Question: Le processus de conception de ce guide n’a pas du être aisé, du fait de la faiblesse des marchés obligataires en Afrique et des données ?

Réponse: La principale difficulté dans la conception de cette publication ne réside pas dans l’état de faiblesse ou de sophistication des marchés locaux.  Notre préoccupation était de donner une image fidèle de l’état des marchés dans chaque pays.  La collecte des données s’est révélée plutôt complexe car beaucoup de pays ne maintiennent pas encore un système de données centralisées.  Il a fallu donc dans certains cas recouper les données initiales avec d’autres sources.

Question: Quelles en ont été les parties prenantes ?

Réponse: La Banque a travaillé avec les Banques centrales, les agences de notations et les banques commerciales actives dans les pays concernés.

Question: Accompagner l’intégration du marché financier africain au marché mondial est un travail de longue haleine, est–ce à dire que cette initiative va perdurer et se renouvellera régulièrement ?

Réponse: Le Président de la Banque a félicité la Trésorerie pour cette initiative et nous a exhortés à travailler au développement des marchés des capitaux en Afrique.  La Trésorerie est prête à relever ce défi et prendra toutes les dispositions nécessaires pour maintenir l’excellente contribution de la Banque au développement des marchés des capitaux en Afrique.