Les gouvernements africains et le secteur privé ont un rôle crucial à jouer sur le marché de l’énergie

26/05/2016
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Les gouvernements africains et le secteur privé ont un rôle important à jouer dans le secteur de l’énergie, surtout en termes de moyens d’investissements et de création d’un cadre réglementaire adapté.

Les participants au séminaire de jeudi 26 mai, intitulé « Éclairer l’Afrique : les marchés de l’électricité sont-ils adaptés aux besoins ? » et organisé dans le cadre des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement  à Lusaka, en Zambie, étaient d’accord pour dire que les entités publiques et privées ont un grand rôle à jouer dans ce secteur, étant donné le déplorable déficit énergétique que connaît le continent.

Les participants ont échangé leurs idées sur le financement et la gestion des réseaux d’électricité africains et sur la façon dont ils pourraient être mis à profit pour réaliser les objectifs d’éclairer le continent et de lui fournir de l’énergie.

« Les gouvernements devraient faire partie du régime des pools énergétiques. Ils devraient contribuer à fixer les règles et à assurer des conditions d’équité », a indiqué Mthuli Ncube, professeur de politique publique à l’université d’Oxford et ancien économiste en chef et vice-président de la BAD.

« Il faut un système qui gère les déficits et les excès des pools énergétiques », a-t-il ajouté, en soulignant la nécessité de pouvoir compter sur de multiples acteurs de la production et du transport d’énergie.

Le commerce de l’énergie en Afrique a commencé dans les années 1950, à la suite d’un accord bilatéral conclu entre la République démocratique du Congo et la Zambie. On compte actuellement quatre pools énergétiques (pour l’Afrique centrale, orientale, australe et occidentale) et le Comité maghrébin de l’électricité (COMELEC), qui existe depuis 1989. La Zambie a fourni de l’électricité produite par le barrage de Kariba à certains de ses huit voisins jusqu’à la récente sécheresse induite par le climat et l’effet El Niño, qui ont épuisé les secteurs électrique et minier et qui ont ainsi forcé l’interruption de cet accord.

Ces pools, qui fonctionnent actuellement de façon intermittente et à petite échelle, pourraient jouer un rôle crucial dans le « nouveau Pacte pour l’énergie en Afrique », qui entend fournir un accès universel à l’électricité sur le continent dans les dix prochaines années, grâce à la production de 162 gigawatts et à plus de 130 millions de branchements à partir du réseau et de 75 millions de branchements hors réseau.

La BAD a mis l’accent sur l’électricité, dont elle a fait la priorité absolue de ses Cinq grandes priorités, au vu du fait que plus de 640 millions d’Africains n’ont pas accès à l’énergie, ce qui correspond à un taux d’accès à l’électricité pour les pays africains d’un peu plus de 40 %, le plus bas du monde.

Parmi les participants au panel se trouvaient Victor Mundende, le directeur général de la compagnie d’électricité de la Zambie, ZESCO Limited, Nancy Lee, la directrice générale adjointe de la Millennium Challenge Corporation, et William Lyakurwa, professeur d’économie du développement à l’université de Tanzanie.