Les gouvernements africains conseillés sur la création d’emplois et la promotion des exportations

04/11/2014
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Les décideurs africains sont exhortés à prendre des mesures pour améliorer le marché du travail et à promouvoir une croissance équitable. 

Ce, outre le fait de favoriser l’industrialisation des produits de base, afin de réduire le chômage élevé et défavorable des jeunes en Afrique.

Telles étaient certaines des problématiques abordées lors d’une session consacrée à la « Production de savoir pour la transformation structurelle », dimanche 2 novembre 2014, dans le cadre de la 9e Conférence économique africaine, à Addis-Abeba.

Lors de cette session, Alassane Drabo Ferdi a présenté une communication sur « Le commerce des produits agricoles primaires et ses effets sur les marchés du travail », où il explore les incidences empiriques de l’ouverture économique sur différents marchés du travail, en analysant le rôle des exportations et importations des produits agricoles primaires. Selon l’auteur, les exportations totales de marchandises améliorent la tenue du marché du travail ; mais si le ratio exportations/importations de produits primaires est élevé, les effets positifs sur l’emploi sont moindres.

Et d’appeler, dans la droite ligne du Programme d’action d’Istanbul, les pays pauvres à « adopter et à renforcer, le cas échéant, des politiques sectorielles et spécifiques à des produits primaires, les mesures et les stratégies destinées à accroitre la productivité et la diversification verticale, à assurer une valeur ajoutée et un maintien de valeur ». 

Une performance que l’on peut atteindre, selon lui, sans affecter le dynamisme de l’économie, en assurant la transformation des produits de base avant de les exporter. Et d’affirmer : « Outre la création de valeur ajoutée, s’ensuivra une baisse du chômage ». 

En Afrique, la part des produits transformés dans les exportations demeure très limitée, en raison du faible niveau d’industrialisation. « Un moyen d’y remédier est de renoncer aux visions à court terme et de cibler des politiques sur le long terme pour les systèmes d’enseignement et de financement. » 

L’enseignement doit apporter des réponses aux besoins de développement à long terme, grâce à l’acquisition de technologies appropriées, à des travaux de recherche et de développement et à l’amélioration et la mise en pratique des savoirs traditionnels existants. « Cela permettra de produire des articles manufacturés et de réduire la dépendance aux exportations de produits primaires », a précisé Alassane Drabo Ferdi. 

Celui-ci préconise également de réformer les systèmes bancaires africains, pour assouplir l’accès au crédit, et de développer le secteur privé. Dans sa communication, il a également évoqué la nécessité de se pencher sur la progressivité des droits de douane, pour encourager l’exportation de produits transformés. 

De son côté, Senakpon Dedehouanou, membre de la Faculté des sciences économiques et de gestion à l’université d’Abomey-Calavi, au Bénin, a présenté une communication intitulée « Diversification vers la production de produits d’exportation de haute valeur, et la productivité et l’efficacité des ménages agricoles au Sénégal ». Celle-ci montre que les agriculteurs sénégalais qui produisent des haricots verts de haute valeur pour l’export sont plus productifs et efficaces que les agriculteurs qui ne pratiquent pas ce type de diversification de leurs cultures.

Ce résultat indique que les gains de productivité et de rendement issus d’une production de haute valeur pour l’export peuvent être étendus à toute une exploitation agricole. « Contrairement à leurs homologues qui se limitent à une production purement nationale/régionale, ces ménages sont plus susceptibles de gagner en productivité et en efficacité, à partir du moment où ils étendent leur diversification à une production de haute valeur à l’export », a expliqué Senakpon Dedehouanou.