Des chefs d’État africains examineront le renforcement des capacités dans les pays sortant de conflit

19/03/2010
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Tunis, le 18 mars 2010 – Plusieurs chefs d’État africains, dont le président Blaise Compaoré du Burkina Faso, des ministres des Finances et du plan et d’autres partenaires de haut niveau, se réuniront à Tunis les 23 et 24 mars pour examiner les moyens de renforcer les capacités des pays sortant de conflit. La réunion est une initiative de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF) et de la Banque africaine de développement (BAD). Y sont également attendus des chefs d’institutions multilatérales, des diplomates et des partenaires au développement présents en Tunisie, ainsi que les représentants de la BAD et de l’ACBF.

« Il est reconnu que la faiblesse des capacités dans les secteurs public et privé en Afrique est un obstacle majeur à la réalisation des objectifs de réduction de la pauvreté », estime le président de la BAD, Donald Kaberuka, ajoutant qu’«il est donc évident que, quel que soit le montant des ressources financières mobilisées pour développement de l’Afrique, ces fonds ne produiront que des résultats limités ou modestes dans les pays sortant de conflit, si une importance particulière n’est pas accordée à la reconstruction de l’État et au rétablissement de sa capacité à remplir ses fonctions essentielles ». De l’avis de M. Kaberuka, les pays sortant de conflit « ont réalisé des efforts pour développer leurs capacités en mettant en place des institutions solides, et la BAD est prête à les aider, grâce à des instruments tels que les appuis budgétaires, la Facilité en faveur des États fragiles et l’Institut africain de développement. Par la reconstitution des capacités, la BAD contribuera à renforcer leurs institutions afin que certains de ces pays puissent convertir leurs ressources naturelles de malédiction en bénédiction. »

Pour la secrétaire exécutive de l’ACBF, Frannie Léautier, « le renforcement des capacités dans les pays sortant de conflit implique de s’assurer d’abord que l’État peut procurer un environnement et un espace propices à la restauration des fonctions et infrastructures critiques ainsi que les compétences requises, et qu’il peut garantir le maintien de la paix pour la réalisation du développement durable. Les expériences d’engagement [des bailleurs] dans les États fragiles et sortant de conflit soulignent l’importance d’une bonne connaissance du contexte de l’économie politique de la fragilité, la nécessité d’une analyse des causes profondes et de la dynamique des conflits ainsi que du modèle qui a présidé à l’effondrement des institutions de gouvernance politique et économique. L’expérience de l’ACBF en matière d’appui aux capacités dans des environnements fragiles et post-conflit a montré qu’il est possible de combiner efficacement et simultanément la stratégie de renforcement de la fonction régulatrice de l’État et le développement des organisations nécessaires à la prestation des services. »

Mme Léautier estime également que « les interventions de l’ACBF dans les pays sortant de conflit ont mis au jour les principaux défis à relever pour renforcer les capacités. Il s’agit notamment des graves lacunes en matière de leadership, en particulier du manque de dirigeants capables d’inspirer et de créer une vision partagée de l’avenir et de faire converger les préférences des divers groupes. Les pays sortant de conflit manquent également de personnel qualifié pour mettre en œuvre les projets et programmes. Des mesures essentielles sont nécessaires, à un stade précoce, pour augmenter la capacité de l’État à progresser des plans d’urgence, en passant la phase transitoire de la planification à moyen terme, jusqu’à la planification à long terme et la définition des priorités. Se concentrer sur l’interface entre le secteur privé, la société civile et le gouvernement est essentiel à cet égard, tout comme l’est la nécessité de renforcer les capacités nécessaires pour passer d’une phase humanitaire à une phase de développement. Les partenariats pour le développement des capacités et des politiques conduisant à une paix durable et au développement soutenu sont d’une grande importance. C’est pourquoi nous avons besoin de rechercher une coordination plus harmonieuse entre les partenaires au développement concernés par le renforcement des capacités dans les pays sortant de conflit».

L’évènement célèbre le 20e anniversaire de l’ACBF, qui est née en 1991 des efforts concertés de la BAD, de la Banque mondiale et du PNUD. La séance de dialogue des chefs d’État attirera l’attention des dirigeants africains et des partenaires au développement sur l’importance de solutions innovantes aux défis du renforcement des capacités dans les pays sortant de conflit. Les échanges permettront, entre pairs, d’apprendre les uns des autres, et de partager les expériences. S’appuyant sur ces expériences, les participants partageront leurs points de vue sur la création d’institutions efficaces et responsables, sans oublier le rétablissement de l’État en tant que prestataire légitime des fonctions essentielles.

Pour ce qui la concerne, la BAD a approuvé un total de plus d’un milliard de dollars EU en 2009 au titre des facilités en faveur des pays sortant de conflit et des États fragiles. Elle consacre chaque année en moyenne 20 millions de dollars EU au renforcement des capacités.