Des journalistes africains rallient les rangs de la BAD pour explorer la piste d'une Afrique verte et alimentée en énergie

27/05/2016
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Au cours des Assemblées annuelles de 2016 de la Banque africaine de développement (BAD) qui viennent de  dérouler à Lusaka, la Banque et l'EJN (Earth Journalism Network ‑ Réseau du Journalisme ami de la terre) ‑ programme de formation environnementale de l'ONG Internews ‑ ont élaboré un programme de formation à l'intention d'un groupe sélectionné de journalistes africains. Ces Assemblées annuelles étant consacrées au thème « Énergie et Changement climatique », ce programme de formation avait pour but d'aider les reporters participant à cet apprentissage à approfondir leur appréciation des problèmes auxquels l'Afrique est confrontée pour parvenir à un développement climato-intelligent et à faire usage d'outils et de techniques modernes en vue d'affiner leur reportage sur ces enjeux complexes. Ce programme de formation est issu d'une collaboration multipartenaire entre le département de l'Énergie, de l'Environnement et du Changement climatique de la BAD, de son Fonds d'investissement climatique et de ses bureaux pour l'eau et l'assainissement, du Fonds pour l'environnement mondial (FEM), et de l'EJN.

Dans ses remarques de bienvenue à ce groupe de journalistes,  Alex Rugamba, directeur du département de l'Énergie et du Changement climatique de la BAD, a déclaré que « les assemblées annuelles de cette année revêtent pour nous une importance toute particulière car elles changeront la donne sur la manière dont nous menons nos affaires en Afrique ». Ces assemblées ont été l'occasion de la première réunion de l'instance gouvernante de la BAD et de ses pays membres depuis que le président de la Banque, Akinwumi Adesina, a annoncé un Nouveau Pacte pour l'énergie en Afrique tout à fait révolutionnaire ayant pour objectif de procurer un accès universel à l'électricité en Afrique d'ici 2015 ‑ prévoyant des systèmes de génération, de transmission, de distribution électriques sur réseau (mini-réseau et hors réseau) et des solutions de distribution décentralisée ‑, ainsi que des possibilités de cuisiner dans des conditions salubres en utilisant une énergie propre. Devant de telles aspirations à la transformation de l'Afrique, Rugamba a fait état de « la grande importance que la BAD accorde à la valeur de la communication, qui doit être mise au service de la transparence, de l'éducation, du partage des connaissances et permettre aux fruits de notre apprentissage de s'épanouir sur l'intégralité du continent. Nous devons arriver à comprendre et à partager à la fois nos réalisations et nos défis ».

Pour sélectionner les reporters à cette formation, l'EJN a organisé un processus compétitif de concert avec la BAD, en s'appuyant sur des critères liés à la connaissance en matière de changement climatique, à l'expérience journalistique, à l'affiliation médiatique et à l'origine nationale des candidats. Pour finir, 11 journalistes provenant de 9 pays membres de la BAD ont été sélectionnés sur 114 candidats en vue de participer au programme de formation en tant que membres de l'EJN. Au cours de la formation, les 11 reporters ont pris part à des ateliers pour apprendre à identifier les enjeux prioritaires et à utiliser des données ouvertes et des moyens de visualisation pour réaliser un reportage efficace sur l'énergie et le changement climatique. Ils ont également participé à une table ronde avec des experts en financement climatique et à une discussion en groupe sur les problèmes que les pays africains devront résoudre pour concilier ses besoins urgents en matière de développement et ses engagements au titre de la convention internationale sur les changements climatiques et des Objectifs de développement durable édictés par les Nations Unies.

« Nous avons décidé d'organiser cette formation avec l'EJN en raison de sa valeur manifeste pour notre travail auprès de pays africains, » a déclaré Kurt Lonsway, chef de division au département de l'Environnement et du Changement climatique de la BAD. « Nous comprenons que le paysage en pleine mutation du développement et des changements climatiques, surtout à l'heure actuelle dans le contexte post-COP21, a un caractère fort complexe et appelle à des analyses minutieuses et approfondies, et à un accès à des données bien documentées. Les citoyens d'Afrique ont tout à gagner d'une diffusion élargie d'un échange de vues sur les changements qui se font jour dans leurs pays. En tant que première institution de développement de l'Afrique, nous ressentons le besoin urgent de contribuer à cette diffusion. »

Au cours des assemblées, les reporters ont pu accéder à des événements de haut niveau avec des chefs d'État et des dirigeants éclairés africains. Ils ont notamment assisté à la table ronde Sur la voie de l'accès universel à l'énergie à l'horizon 2025, qui a réuni des dirigeants africains et concernait les enjeux du changement climatique et de l'accès à l'énergie. Ils ont également suivi des discussions de groupe sur l'énergie en Afrique, sur le financement des énergies renouvelables dans le continent, et sur la promotion de la révolution solaire en Afrique. De plus, ils ont pu interviewer certains participants de haut rang à ces assises. Au cours d'une interview, Naoko Ishii, directrice générale du Fonds pour l'environnement mondial (FEM), a fait état de la nécessité d'appuyer les pays  africains pour que leurs Contributions déterminées au niveau national (CPDN, en anglais, Nationally Determined Contributions - NDC) à la limitation des émissions en vertu de la convention sur le changement climatique restent en adéquation avec leurs objectifs de développement. Elle a invité la presse à constamment rappeler l'importance de cet enjeu au sein de l'opinion publique.

Le programme de formation était dirigé par Gustavo Faleiros, de l'EJN, et par Michael Simire, rédacteur en chef d'Environews Nigeria. « L'engagement pris par l'EJN est d'améliorer la quantité et la qualité du journalisme environnemental dans le monde entier. L'importance de la réalisation d'un avenir sobre en carbone par l'Afrique accroît d'autant plus l'urgence de notre travail sur le continent, et confère à notre partenariat avec la BAD un caractère d'alliance stratégique », a déclaré Faleiros.

Voici la liste des journalistes participant au programme de formation : Albert Baudouin Twizeyimana, PAX Press ; Uwaegbulam Chinedum Emmanuel, The Guardian Nigeria ; Friday Phiri, IPS ; Hope Mafaranga, New Vision ; Israel Bionyi Nyoh, Fair Planet ; Louise Mathilde Sarah Sarant, Mada Masr ; Maureen Akinyi Odiwuor, Standard Group Ltd. ; Mercy Chaluma, Malawi Broadcast Corporation ; Munyaradzi Makoni, Thomson Reuters Foundation ; Posent Ndovi, Zambia National Broadcasting Corporation (ZNBC) ; et Violet Nakamba, Zambia Daily Mail.

À propos du Réseau du Journalisme ami de la terre d'Internews

Internews a créé le Réseau du journalisme ami de la terre (Earth Journalism Network - EJN) dans le but de donner aux journalistes des pays en développement les moyens de mieux couvrir les questions relatives à l'environnement. Ayant pour mission d'améliorer la quantité et la qualité de la couverture environnementale et réunissant plus de 8 000 membres dans 120 pays, l'EJN forme des journalistes à la couverture d'un large éventail de sujets, crée des liaisons médiatiques et numériques innovantes, établit des réseaux de journalistes de l'environnement dans les pays où ils n'existent pas, et renforce les capacités de ces journalistes dans les pays où ils existent en organisant des ateliers, en créant des matériels de formation, en élaborant des programmes de bourse, en appuyant la production et la diffusion de  reportages et en octroyant de petites subventions.