Les dirigeants africains prônent des efforts plus flexibles sur la vulnérabilité et non la fragilité

03/09/2013
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Participant le  2 septembre dernier à Monrovia, au Liberia, à un panel de haut niveau sur les Etas fragiles organisé par la Banque africaine de développement  (BAD), des dirigeants africains et  experts du développement international ont prôné des efforts plus flexibles sur la vulnérabilité des pays – et non sur la fragilité.  Ils ont également  demandé à la BAD de jouer un rôle plus important dans l’appui aux pays concernés.  Le mandat du panel consiste à guider l'accroissement de l'engagement de la BAD dans les États fragiles.

Dans son allocution d'ouverture, le président de la BAD, Donald Kaberuka  a mis l’accent sur l’importance de soutenir les Etats fragiles à sortir des crises, des situations de post- crise et de conflit, et sur le rôle fondamental que la BAD joue à cet effet.  « Quand j'ai entrepris  fonction en tant que président de la BAD en 2005, j'ai proposé qu'une part importante de nos ressources soient allouée aux États fragiles. Ce n'était pas une proposition facile. »

Ce ne fut pas chose facile pour plusieurs raisons a- t-il dit. Premièrement, bien des gens pensent que ce type d’investissement est trop compliqué et risqué. Deuxièmement, les banques et ’autres institutions se retrouvent enfermées dans des rôles qui limitent leur implication dans d'autres domaines, comme  les discussions politiques. Troisièmement, l'argent dépensé dans les États fragiles, comparativement à d'autres pays, doit être justifié jusqu’au dernier centime. Et Kaberuka d’inviter les participants à la réunion de Monrovia  à aider la BAD dans la lutte contre ces contraintes.

Le panel a  tiré  trois leçons  essentielles des discussions:

  • La fragilité s'étend des pays ayant des circonstances particulières [Etats fragiles] à ceux qui font face à divers degrés de vulnérabilité.
  • Les approches à ce jour ont manqué d'innovation et ont été trop traditionnelles.
  • La BAD est bien placée pour avoir une réponse bien plus large, pour aller au-delà du financement et être impliquée dès le début dans les décisions politiques qui fixent les bases d'interventions ultérieures efficaces.

L'événement a été le lancement officiel d'un processus déjà bien avancé en termes de recherche et d'analyse. Les experts ont présenté des parties de cette analyse, conduisant à un débat animé.  Au nombre de ceux-ci des  ministres des finances et de la planification et de hauts représentants d'organisations internationales et de la société civile.

Plusieurs thèmes ont émergé lors des discussions, notamment le rôle essentiel des subventions en espèces dans la réduction de la pauvreté, le besoin de prendre en compte et de faciliter les transferts de fonds, l'importance continue de la construction et l'utilisation des systèmes nationaux. Les participants ont également mentionné l'urbanisation, l'emploi, le rôle des femmes et des partenariats, notamment avec les entreprises et la société civile, en tant que thèmes transversaux.

Les présentations comprenaient des travaux de Paul Collier, co-directeur du Centre d'étude des économies africaines et auteur de « The Bottom Billion » et « The Plundered Planet », Jakkie Cilliers, Directeur Exécutif, Institut d'études de sécurité, Afrique du Sud, et Vasu Gounden, Directeur Exécutif, ACCORD Afrique du Sud.